
«Il n’y a
pas d’Asie sans «sinisme».L’Asie orientale, c’est
essentiellement le monde sinisé, avec la prégnance des
caractères chinois, des concepts chinois et même, à table,
des baguettes chinoises. Pour comprendre l’Asie, on doit
donc comprendre d’abord la Chine. Parce que la Chine est la
racine même de l’Asie, par son immense masse physique et
humaine, par son ancienneté, par son antériorité sur les
autres, par le poids déterminant de sa civilisation (…), par
la fascination incroyable qu’elle a exercée (…) »(J.
GRAVESEAU, 2001.- L’Asie majeure. La révolution silencieuse
de l’Asie orientale, Paris, Grasset édit., 325 p., p. 35).
GÉOGRAPHIE DE LA CHINE ( GENERALITES )
La Chine est un pays vaste d’une superficie de
9,5 millions de km2 ( 7% de la superficie totale des terres
émergées ) qui occupe l’est du continent eurasiatique .Le
pays atteint une longueur de 4400 kilomètres d’est en ouest
et de 4800 kilomètres du nord au sud .Il compte 18000
kilomètres de littoral , alors que le littoral européen se
développe sur une longueur totale de 40 000 kilomètres .La
Chine forme un espace géographique aussi vaste que l’Europe
à l’ouest de l’Oural et plus étendu que les États-unis .Le
pays se caractérise par une grande profondeur continentale
mais par une faible imbrication terre mer .
La Chine résulte de l’imbrication de quatre
domaines géographiques bien différenciés : - un ensemble
oriental ( 50 % du territoire et 95 % de la population
totale ).C’est l’oekoumène chinois « stricto sensu » et la
« Chine des 18 provinces » .Au delà se développent trois
autres grands domaines : - La Mongolie intérieure au nord
qui constitue un fragment chinois ( 1,2 million de km2 ) de
l’ensemble mongol , le Xinjiang ( 1,2 million de km2 ) qui
constitue le principal domaine de la Haute- Asie et forme la
« région autonome du Tibet » .c’est un fragment de l’espace
tibétain qui est deux fois plus vaste .Ces trois domaines
sont très différents par leur appartenance géographique ,
mais aussi par leur structure administrative territoriale .
A la Chine des 18 provinces s’oppose la Chine des régions
autonomes ( Mongolie intérieure ( depuis 1947 ) , région
autonome ouïgour du Xinjiang ( depuis 1955 ) et région
autonome du Tibet ( depuis 1965 ) .Cette structure traduit
une géographie des minorités .
Le
dispositif topographique.
On distingue trois macro paliers qui conduisent
du « Toit du Monde » à la façade littorale :
1-Les hautes
terres tibétaines
Elles forment le palier supérieur très individualisé par sa
masse ( 2,5 millions de km2 ) en grande partie occupée par
le Changthang ( plateau du Nord ) , par son encadrement
vertigineux .Les sommets culminent à 6000-8000 mètres avec 7
des 12 sommets mondiaux supérieures à 8000 mètres . Au nord
se développent les chaînes du Kunlun et du Qilian sur 2500
kilomètres du Pamir au Fleuve Jaune . Au sud se trouvent les
Monts Qangdisé ( Transhimalaya ) et de l’Himalaya . A l’est
se situe le Hengduan ( « la chaîne qui recoupe » ) se
développant sur un alignement méridien .
2-Le palier
intermédiaire .
Il se développe au nord et à l’est à une altitude comprise
entre 1000 et 2000 mètres . C’est l’ensemble le plus vaste (
4 millions de km2 ) et le plus composite .Au nord se
développent les zones désertiques du Xinjiang , du Tarim et
de la Dzoungarie séparées par la chaîne des Tian shan ( 2000
kilomètres de long pour une altitude avoisinant les
3000-5000 mètres ) . A l’est du Tarim se développe le
p^plateau mongol ( altitude 1000(1200 mètres ) sur plus de 1
million de km2.C’est une haute plaine surtout différenciée
par ses milieux bio- climatiques du Gobi aux sables de
l’Ordos à la steppe et aux hautes prairies de l’est . Du sud
de la Mongolie aux frontières de l’Indochine se développent
trois ensembles plus complexes ; -les plateaux du loess (
cours moyen du Fleuve Jaune ) , -le bassin du Sichuan , -les
plateaux du Yun Gui (Yunnan Guizhou ) . Les plateaux du
loess couvrent 400000 km2 et sont situés sur le cours moyen
du Fleuve Jaune .C’est un vaste ensemble topographique
tapissé de loess ( la «terre jaune » des chinois ) .Les
plateaux du Yun Gui ( altitude comprise entre 800 et 1200
mètres ) couvrent une superficie de 300000 km2.Ce sont des
masses calcaires présentant de riches formes karstiques .
Entre ces deux zones se développe le bassin du Sichuan formé
d’un vaste ensemble collinaire ( 400/ 800 mètres d’altitude
) se développant sur plus de 200 000 km2.
3- Le
troisième palier
s’abaisse à l’est jusqu’au littoral sur 3 millions de
km2.C’est la Chine des moyennes montagnes , des collines et
des plaines .Les plaines couvrent le tiers de la superficie
totale de cette zone .Elles sont immenses au nord ( plaines
du nord-est ( 350000 km2) et plaines de Chine du nord (
300 000 km2 ) et de plus en plus réduites vers le sud (
plaines du bas Chiangjiang ( 200000 km2 ) et delta du
Zhujiang ( 20000 km2 ) . .Le littoral se différencie de part
et d’autre de la baie de Huangzhou : les côtes sont basses
et sableuses au nord et rocheuses est très découpées au sud
avec des rias et des îles ( plus de 5000 îles et îlots dont
Heinan ( 34380 km2 ) et Taiwan ( 36000 km2 ) .
La Chine
aride - La Chine humide
Il existe une vigoureuse opposition entre
l’aride et l’humide provoquée par : -la forte continentalité
, - le rôle de la masse tibétain , -le climat de mousson (
Chine de l’est ). L’isohyète 250mm marque le seuil du monde
aride qui couvre le Haut Tibet, Xinjiang, Tsaidam, Mongolie
( à l’ouest du Fleuve Jaune ) et Ordos. Les déserts dunaires
et pierreux couvrent une superficie de plus de 1 million de
km2 auxquels s’ajoutent les zones occupées par la steppe
désertique . Entre l’isohyète 250mm et celui de 450mm existe
une diagonale semi-aride parcourant la Mongolie méridionale
et orientale , l’ouest des plateaux du loess ainsi que le
Qinghai et le Tibet. A l’est la Chine des plaines se confond
avec la Chine humide de la mousson . Les plaines y sont
profondément humanisées et les reliefs faiblement occupés.
L’extension considérable du pays en latitude ( +
30°) et les effets de la moisson introduisent une autre
dichotomie entre la Chie au nord du Qinling ( saison froide
et sèche et été torride et arrosé ) et la Chine du sud aux
écarts thermiques moindres et plus longuement arrosés .
Climat et
biogéographie
La Chine s’inscrit dans l’Asie des moussons dont
elle subit le mécanisme fondamental par une circulation
méridienne qui fait alterner le froid et le sec en hiver (
anticyclone sibérien ) et le tropical et l’humide ( la
mousson ) en été . D’autre facteurs interviennent cependant
dans le climat : - la profondeur continentale de l’espace
chinois , - son déploiement en latitude , - les effets de la
très haute masse tibétaine .
Concernant es températures et les précipitations la Chine
est placée au contact de deux zones d’importance décisive :
- de la masse continentale tempérée et froide de
l’hémisphère nord proviennent ( depuis la Sibérie )
d’énormes masses d’air anticycloniques ,- la masse d’ait
maritime et tropicale apporte humidité et tiédeur. Tout
dépend du balancement de ces masses d’ait .En hiver l’Asie
souffle du froid .La Chine est dominée par l’anticyclone
posé sur le Tibet la Mongolie . C’est la descente de l’ air
sibérien qui peut atteindre Shanghai ( à la latitude du
Caire ( 3,3°C en janvier ) .La moyenne des températures
hibernales à Guangzhou est de 13°C alors que la ville est
situé sur le tropique du Cancer . Les centres situés au nord
peuvent enregistrer des moyennes très basses ( -16°C / -17°C
en Mandchourie ) .L’hiver se caractérisent par des temps
secs et froids , par des vents de terre secs et froids
allant vers la mer ( « mousson d’hiver » ou « mousson
sèche » ). Au printemps ( mars- avril ) les hautes pressions
sibériennes s’affaiblissent et remontent vers le nord
.Durant la saison estivale l’Asie aspire du chaud .Les
masses d’ait chaud tropical remontent très haut en latitude
.Guangzhou et Shanghai enregistrent + 27°C en juillet et
Harbin + 24°C . Les amplitudes saisonnières sont énormes :
24°C à Shanghai et 40°C en Mandchourie .Durant la saison
chaude les masses froides persistent en altitude ( rôle de
l’orographie ) . Seul le sud du pays a une atmosphère
vraiment tropicale , cela va de pair avec la mousson d’été .
Le déclenchement de la mousson , lié à la remontée vers le
nord des hautes pressions sibériennes et aux influences
originaires du sud suscite l’arrivée d’un air tropical gorgé
d’eau après un long parcours de plusieurs milliers de
kilomètres . Les flux franchissent l’Indochine te remontent
le long des Philippines jusqu’au Japon , faisant de l’Asie
orientale le domaine de la mousson par excellence . La
mousson d’été s’assèche au fur et à mesure qu’elle gagne
vers le nord et vers l’ouest ( le total des précipitations y
est inférieur ) à 500 mm ) . Vers le sud et le centre la
période dite « Mei-Yu » ( pluie des prunes ) dont la durée
moyenne est de 20 jours ( 14 juin – 3 juillet ) forme le
prélude au déclenchement de l’été chinois . Dans la plaine
du nord-est se fortes pluies se produisent encore durant
tout le mois d’août . Au début du mois de septembre
l’avancée vers le sud de l’air frais se manifeste de nouveau
, les pluies cessent et l’automne revient dans toute la
Chine orientale .
La géographie des températures est excessivement contrastée
en hiver ( Harbin : - 23°C et Canton : + 13°C ) mais elle
est unifiée en été par le fait de la mousson ( Harbin : +
26+C et canton : + 28°C ) .Des variations identiques e
constatent dans l’évaluation de l’importance du gel .Le
nord-est connaît 120 à 170 jours de gel par an répartis
entre la fin du mois de septembre et le début du mois de mai
. Le nord enregistre 70 à 90 jours de gel par an ( Nankin :
5 jours ( mi-novembre / mi-mai )) , Chongqing ( 9 jours (
début décembre / fin février )) , Canton ( 3,3 jours ( fin
décembre / début janvier )) .
La géographie des précipitations démontrent clairement que
les pluies coïncident avec la saison chaude .Les reliefs de
la façade sud-est reçoivent 1500 mm / an ( et plus de 300
mm/ an à Taiwan ) .La Mandchourie orientale , le Moye Fleuve
Jaune et le Tibet oriental reçoivent quant à eux de 1000 à
1500 mm/ an .Partout les précipitations hivernales (
novembre à février ) n’excèdent guère 10% du total annuel (
5% au nord et au Tibet ) .Celles de l’été représentent 60 à
70 % du total annuel en Chine du nord et du nord-est et plus
de 70% au nord-ouest et au Tibet .Les précipitations
neigeuses sont partout abondantes , y compris au nord :
Huhehot ( Mongolie ) ; 35,2 cm ; Pékin ; 16,2 cm ; Xian :
17,8 cm ; Nankin : 9,4 cm , Lhassa ( 3600 m ) : 4,1 cm .La
généralisation du phénomène est lié à la chape de l’air
polaire continental issu de l’anticyclone sibérien .
La Chine compte plus de 50000 cours d’eau dont le bassin est
supérieur à 100 km2 , dont plus de 11 grands fleuves
drainant un bassin dont la superficie excède 1000 km2, ainsi
que 2800 lacs naturels ( d’une superficie supérieure à 1 km2
, dont 12 d’une superficie supérieure à 1000 km2.Le
dénominateur commun de ces fleuves est le régime de mousson
qui alimente partout les hautes eaux d’été .La turbidité de
certains de ces fleuves est particulièrement élevée .Elle se
mesure en centaines de grammes / m3 au sud et en milliers ,
voire en dizaines de milliers de grammes / m3 au nord ( avec
des records mondiaux pouvant dépasser en crue 300 kg/ m3 ).
2,5 milliards de tonnes sont évacués par les fleuves chaque
année dont 60 % par le seul fleuve Jaune .
Le Huang-Hé ( ou Fleuve Jaune ) prend sa source au Tibet
dans la chaîne du Bayan-Khara à 4500 mètres d’altitude .Son
bassin hydrographique couvre une superficie de 500 000
km2.La section amont du fleuve est encaissée et elle reçoit
de nombreux affluentes torrentueux. Dans sa partie moyenne
le fleuve dessine une immense courbe qui , après avoir
parcouru l’Ordos au nord , plonge vers le sud , le long du
Shanxi , puis s’oriente vers l’est pour divaguer dans la
grande Plaine et se jette dans le golfe de Pé-Tchi-Li
.Surchargées d’alluvions loessiques ,ses eaux sont troubles
, sa couleur jaune .Ses dépôts rehaussent son lit , el
rendant dangereux en période d’inondation. Celles-ci sont
une des grandes menaces de la Chine d’autant que les débits
du Huang-Hé sont très irréguliers ( de 3000 à 30 000 m3/s )
.La menace a été partiellement jugulée durant la période
maoïste par des barrages écrêteurs dont le plus connu est
celui de Sanmenxia . Le Yangjiziang ( Fleuve Bleu ) est long
de 5500 km. Il est originaire du Tibet , il en sort à
Chung-Ch’ing , traverse le Bassin Rouge , franchit les
gorges de Li’Tchang ; draine une longue plaine et arrive
dans un immense delta qu’il a constitué en mer de Chine
orientale .Le fleuve a un énorme débit moyen de 30 000 m3/s
( plus de 80 000 m3/s en période de crue ).Par sa puissance
c’est le troisième fleuve mondial après l’Amazone et le
Congo . Ce fleuve est essentiel à la Chine continentale car
il traverse des zones très peuplées et il est navigable sur
plus de 1000 kilomètres ; mais sa maîtrise est difficile
d’où la construction du barrage des Trois Gorges ( dont
l’achèvement est prévu pour 2004-2009 ).Le barrage long de
2300 mètres et haut de 185 mètres , retiendra un lac
artificiel de 600 kilomètres de long dont la mise en eau
nécessitera le déplacement de plus de 1 million de personnes
.
Les
transports
La Chine dispose de moins de 1000 kilomètres d’autoroutes.
Quant au kilométrage ferroviaire de la Chine , il est égal à
celui de la France mais 12 % seulement sont électrifiés .Le
réseau fluvial est inutilisable au nord et d’un autre âge au
sud .
Les transports terrestres sont depuis longtemps confrontés à
la dimension continentale et au relief excessif de ce pays
.L’important héritage occidental et japonais d’avant-guerre
( près de 50% du kilométrage actuel ) et l’aide soviétique
ont fait du réseau ferroviaire la clé de voûte des
transports modernes en Chine . .D’importantes opérations de
désenclavement ont été menées dans les années 1950-1960 à
Fujian ( face à Taiwan ) , à Guangxi ( liaison avec Hanoi )
et l’axe est-ouest ( Chine du nord – Xinjiang ) .Le fait
nouveau est le financement du programme ferroviaire par la
Banque Mondiale ( plus de 1 milliard $ U.S de 1979 à 1990 )
et par le Japon ( 300 millions $ U.S ) pour établir un
réseau intégré fer- mer afin d’évacuer le charbon du Shanxi
et de Mongolie vers les ports du nord . L’essentiel de
l’effort a porté : - sur le doublement des grands axes ( 80%
du réseau est encore à voie unique ) , - sur
l’électrification ( 13 % seulement du réseau est électrifié
) , - sur la construction d’un nouvel axe Pékin – Tianjin –
Kowloon ( Hong-Kong ).
Jusqu’à la fin des années 1960 la route est restée vouée au
trafic rural et non motorisé .De nouvelles réalisations
routières ont été menées à bien dès le début des années
1950, elles sont essentiellement l’œuvre de l’armée et
consistent en de grandes pénétrantes en direction du Tibet ,
du Xinjiang , du Heilongjiang , du Fujian .Le pays a connu
une véritable mutation du réseau et des transports routiers
dans les années 1980.De 1979 à 1988 la Chine s’est dotée de
1500 km de routes de première catégorie , de 1052 km de
routes de deuxième catégorie et de 42000 km de routes de
troisième catégorie .Les deux premiers axes autoroutiers ont
été ouverts en 1990 : Shenyang – Daliang ( 375 km ) et Pékin
Tianjin .D’autres tronçons ont été réalisés depuis autour de
Shanghai et de Canton .
Le développement fulgurant du transport aérien a caractérisé
la fin des années 1970 .Le réseau intérieur et international
est passé de 45000 km en 1978 à 150000 km en 1978.Dans le
même temps la Chine s’est doté d’un parc aérien civil
d’envergure internationale .Le réseau international est
passé du principe idéologique et géopolitique des années
1950-1970 ( Moscou , Budapest , Tirana , PyongYang , Hanoi,
Pnom-Penh , etc… ) au principe commercial universel. Ce
changement de stratégie a été inauguré par Air France le 6
septembre 1973.En 1990 45 lignes reliaient la Chine à 28
pays de tous les continents . Par ailleurs plusieurs
dizaines de lignes ont été créées au niveau du réseau
intérieur pour faire face à l’afflux touristique de masse
.Cette mutation de l’aviation civile chinoise a été aussi
celle de sa gestion . Jusqu’en 1987 la « Civil Aviation
Administration of China » ( C.A.A.C ) créée en 1965 ,
coiffait l’ensemble du secteur . Ce monstre bureaucratie a
laissé la place en 1988 à 6 compagnies , dont 5 régionales
et Air China qui a repris l’essentiel des vols
internationaux .
La République Populaire de Chine ( R.P.C ) est un état
multinational unifié dont la nationalité dominante ( minzu )
est celle du peuple Han ( Chinois ethniques : 90 % de la
population totale ) et 54 minorités nationales ( plus de 100
millions de personnes ) .Le territoire de la république
populaire de Chine est une riche mosaïque ethno- culturelle
.Un échantillonnage de la plupart des peuples et des langues
d’Asie centrale et orientale avec une nette prédominance des
familles sino-tibétaines et sino-thai qui représentent les ¾
des langues .La famille altaïque en représente 21 % et les
familles austro asiatique et indo-européenne 5 %.Cette
répartition est l’aboutissement d’une très longue histoire
marquée par une expansion des langues du groupe chinois
depuis la vallée du Fleuve Jaune vers le bassin du Yangzi et
les confins tibétains et la péninsule indochinoise .Elle
témoigne aussi de la très riche diversité des structures
socio-économiques : groupes de chasseurs–pêcheurs mandchous
, pasteurs nomades du nord , riziculteurs thaï , etc…
L’éventail religieux est lui aussi très diversifié :
animistes ( ani, yi , …), polythéistes ( li , … ) ,
panthéistes ( dong , … ), chamanistes ( toungouses , … ) ,
musulmans ( Hui et turcophones ), lamaïstes ( tibétains ) ,
…
HISTOIRE DE LA CHINE ( RÉSUMÉ )
Le nom de " Chine" vient du mot " Qin" (Ts'in)
qui désigne une dynastie qui a régné de 221 à 206 av. J.C
.Ce nom fut attribué au pays par des étrangers .Pour les
chinois leur pays était rien de moins que le centre du Monde
.L'empire chinois s'étend sur 22 siècles ( 221 av . J.C à
1911 ) et se caractérise par la permanence de sa
civilisation , l'unicité et la longueur de son histoire et
la continuité du régime impérial. Ces trois caractères
forment les traits marquants du pays et des permanences
apparaissent au long de cette période faisant de la culture
chinoise un fil ininterrompu.
La civilisation chinoise n'est pas la plus
ancienne du Monde .Une présence humaine dans cette partie du
Monde est attestée à une date ancienne avec l'Homme de Pékin
(Sinanthropus pekinensis ) dont les restes furent découverts
en 1921 à Zhoukoudian ( " Colline des os du dragon" ), à 50
kilomètres au sud-ouest de Pékin (- 460 000 / - 230000 )
.L'agriculture apparaît en Chine vers - 5000 .A partir d'une
base néolithique la civilisation chinoise s'élabore dans le
nord dès le XVIIIe siècle av.J.C avec la dynastie Shang qui
marque la fin de la préhistoire sur une zone correspondant
au Hénan, au Shanxi et au Shaanxi actuels .La supériorité de
cette civilisation lui permet une extension spatiale rapide
vers la Corée , le Vietnam et le japon. Mais la civilisation
chinoise est unique au Monde par son extraordinaire
continuité .les traces du temps long sont perceptibles dans
de nombreux domaines .L'historien Chen Yan (1989 )
remarquait que les fondations de la République Populaire
coïncidaient avec les théories élaborées sous la période des
Royaumes Combattants (Ve- IIIe siècles av.J.C ) et que mao
avait exploité la vieille utopie d'une sorte de communisme
primitif comme l'avait fait au XIXe siècle la révolution
Taiping .
L'Antiquité chinoise s'étend du XXIe au XIe siècle av. J.C
.Elle comprend le royaume de Xi'a et celui des Shang . Un
premier état chinois s'esquisse qui connaît l'écriture , met
au point le premier calendrier , produit de la soie et coule
du bronze .
La Féodalité ( XIe-IIIe siècle av. J.C ) correspond à la
dynastie Zhou et à la période des Royaumes Combattants (
475-221 ).C'est sous la dynastie Zhou que vivent les eux
plus grands penseurs chinois : Confucius et Lao-Tseu .

Confucius ( 551(479 ) est regardé comme le
maître et le docteur de l'Empire . Kongzi ( maitre Kong )
naquit en 551 à Qufu dans le Shandong dans une famille de
nobles déchus du pays de Lu . Après avoir passé de
nombreuses années au service d'un ministre , il décida à
plus de 50 ans de proposer ses services et ses conseils à
d'autres seigneurs féodaux mais il se fit chaque fois
éconduire . Il voyagea pendant plus de 10 ans d'une cour à
une autre en compagnie de ses disciples. Il revint ensuite à
Lu et consacra les dernières années de sa vie à
l'enseignement . Maître Kong aurait compilé plusieurs grands
classiques que connaissait tout fonctionnaire de la cour :
le shijing ( Livre des odes ) , le Shujing ( Livre des
Documents ) , Le Liji ( Livre des rites ) et le Chuqiu (
Annales des Printemps et des automnes ).Il ne formula jamais
ses théories philosophiques par écrit .ce sont ses disciples
qui rassemblèrent dans le Lunyu ( " les entretiens" ) ses
commentaires et ses aphorismes .
Le " Junzi" ( " l'homme de bien" , " l'honnête homme" ) )
pour être en droit de gouverner doit étudier les classiques
et se conformer à leurs prescriptions mais aussi se montrer
bienveillant envers ses semblables ( " ren " ) .La pratique
du ren supposait plusieurs qualités morales : piété filiale
,respect envers les supérieurs , loyauté , fidélité à la
parole donnée , courage , …Chacun devait se conformer aux
rites et aux cinq relations naturelles : - rapport père /
fils ( le fils doit obéir au père sans réserves ) , -
rapport homme / femme ( la femme n'a aucun droit individuel
) , - rapport frère aîné/frère cadet , - rapport ami/ami , -
rapport gouvernant/gouverné ( identique à la relation
père/fils ). La vertu royale devait par son seul rayonnement
harmoniser nature et société .Le respect des règles de
politesse et des rites religieux suffisait à assurer l'ordre
et la cohésion sociale . Du confucianisme les chinois
retiennent surtout le culte des ancêtres et la piété filiale
( " Que père soit le père et que le fils soit le fils" )
.dans la pensée confucéenne l'éducation joue un rôle
primordial ( "Le " sensei " ( le maître ) est " celui qui
sait parce qu'il est né avant" ) . Les bons dirigeants
doivent être justes et bienveillants . Dans une société
hiérarchisée de type paternaliste , Confucius privilégie
l'étude , établit une hiérarchie sociale et transforme la
politique en éthique .
Lao Tseu aurait été le professeur de Confucius ,
mais sa vie nous est très mal connue .On ignore la date
exacte de sa naissance et son existence même est
hypothétique . Laozi ( en chinois " le vieux maître" )
serait né en 604 dans une famille de notables du Henan .Il
aurait été un temps archiviste à Laoyang , la capitale des
Zhou. Sentant venir la décadence de la dynastie , il aurait
décidé de quitter le pays et serait parti vers l'ouest juché
sur un bœuf noir . En chemin il aurait dicté au gardien de
la passe de l'ouest le Daodejing ( " Le Livre de la Voie et
de la vertu" ) .Il serait mort aux alentours de 517 av. JC .
Luezi et Zhuangzu auraient été les premiers et les plus
brillants des disciples de Laozi.
Les taoïstes s'opposaient à la société féodale
trop hiérarchisée et rejetaient les contraintes sociales
pour mieux vivre en harmonie avec la nature et s'unir au Dao
.Ils prônaient l'élévation de l'esprit et le respect des
forces cosmiques. Ils préconisaient la non-intervention ( "
wuweï " ) des hommes et de l'État dans le cours de la nature
et de la Société , seul moyen selon eux d'acquérir le
pouvoir et de la conserver .Ils s'opposent à sa concurrente
confucéenne qu'il tourne souvent en dérision. Le taoïsme se
caractérise par l'absence de référence à la notion de
divinité transcendante et la recherche d'un salut
individuel. Le panthéon taoïste est peuplé d '" immortels "
( les plus célèbres sont les Ba Xian ).Les immortels sont
vénérés pou tel ou tel pouvoir spécifique .Ce sont des
hommes historiques exceptionnels , des héros mais en aucun
cas ce ne sont des dieux ni même des hommes dont la foi
aurait été exemplaire et suivie de miracles. Dans le Taoïsme
la notion de création est supplantée par celle de Dao ( Tao
) qui a donné son nom au mouvement . Le Dao ( " voie " , "
principe " ) est à la fois l'ordre du Mode et le processus
de création : c'est la matière invisible du Monde . ( « Le
Tao est vide ; si l'on en fait usage, il paraît inépuisable.
Ô qu'il est profond ! Il semble le patriarche de tous les
êtres. Il émousse sa subtilité, il se dégage de tous liens,
il tempère sa splendeur, il s'assimile à la poussière. Ô
qu'il est pur ! Il semble subsister éternellement. J'ignore
de qui il est fils ; il semble avoir précédé le maître du
ciel. ( … ) Trente rais se réunissent autour d'un moyeu.
C'est de son vide que dépend l'usage du char. On pétrit de
la terre glaise pour faire des vases. C'est de son vide que
dépend l'usage des vases. On perce des portes et des
fenêtres pour faire une maison. C'est de leur vide que
dépend l'usage de la maison. C'est pourquoi l'utilité vient
de l'être, l'usage naît du non-être. » ) Les premiers
ascètes taoïstes se retiraient dans les monastères ou dans
les montagnes et cherchaient à se fondre dans le Dao en
pratiquant la méditation .Dès les débuts de la dynastie des
han on assista au développement parallèle d'un taoïsme
populaire et ésotérique qui prônait la recherche de
l'immortalité par la diététique , la gymnastique ,
l'absorption de drogues et la pratique de l'alchimie .
L'ère impériale commence en Chine en 221 av. J.C
pour s'achever en 1911. La première unification du pays fut
l' oeuvre de Qin Shi Huangdi. Ce dernier pose les bases d'un
état au système administratif fortement centralisé et
provoque une véritable révolution culturelle ( unification
de la monnaie , unification des poids et mesures , lancement
d'une politique de grands travaux… ).
A partir du règne de Qin Shi Huangdi l'empire
est associé à l'idée de l'unité de la Chine et cette idée
habitera toute l'histoire chinoise d'autant que l'Etat
utilise très tôt une idéologie à la fois cosmologique ,
éthique et politique pour légitimer le régime et en fonder
la structure administrative .Plus que le centre du Monde la
Chine se reçoit alors et jusqu'au XXe siècle comme le Monde
lui-même. L'empire est beaucoup plus qu'un simple régime .Il
exprime une ordonnance du Monde , imbriquant l'ordre
cosmique et l'organisation sociale dans un idéal commun
d'harmonie .A défaut d'une religion qui distingue pouvoir
spirituel et pouvoir temporel , les chinois trouvent dans le
pouvoir politique suprême les moyens d'expliquer et de
s'approprier l'univers . Mais c'est la dynastie des Han qui
succède à celle des Qin qui est la première grande dynastie
impériale chinoise .
Une période d'échanges s'ouvre alors ( Route de la soie )
qui dure de 226 av. à 220 ap. J.C .
Le bouddhisme pénètre en Chine au début de notre
ère .c'est la troisième grande sensibilité religieuse
chinoise .Venue d'Inde cette doctrine enseigne que le Monde
est illusoire et composé d'une suite d'expériences
douloureuses .Le bouddhisme se diffusa en Chine sous sa
forme tardive , celle du Mahayana ( " Grand Véhicule" )
promettant à toutes les créatures la rédemption grâce à
l'intervention des boddhisattvas .Elle invitait , par des
castes pieux à recherche le salut si le croyant voulait
échapper au cycle sans fin des réincarnations et atteindre
la libération finale ( le " Nirvana" ) .
Le bouddhisme parvint en Chine par la route de
la soie au Ier siècle ap. J.C , mais c'est sous les Tang (
618-907 ) qu'il connut son " Age d'or". De grandes sectes
bouddhiques typiquement chinoises se développèrent alors
dont l'"école Chan et l'école de la terre Pure . La secte de
la terre Pure ( " Jingtu ") fut fondée par Shandao ( 613-681
) enseignant qu'il suffisait de vénérer le bouddha Amitabha
qui régnait sur le paradis de l'Ouest pour y renaître .Quant
à l'école Chan ( Zen au japon ) elle fut fondée en 700 par
le moine Huineng ( 638-713 ) . Elle prônait l'illumination
subite , la vision totale des choses par le détachement de
l'esprit de toute pensée précise . Ne nourrissant aucune
intention particulière , le sage échappait au karma et au
cycle des réincarnations .La secte rejetait tout savoir
livresque , tout dogme , tout rite .Les maîtres du Chan
posaient à leurs élèves des questions énigmatiques
auxquelles ils attendaient des réponses tout aussi
déroutantes .la secte utilisait les chocs libératoires et la
méditation pour mener ses adeptes à l'Illumination .
Cakyamuni (le bouddha historique) a vécu vers
560-480 av. J.C en Inde au Bihâr , aux confins du Teraï
népalais et dans la région de Patna Bénarès. Il naquit
prince Siddhârta , fils du roi de Kapilavastu .Au cours de
sa longue vie il enseigna une méthode de vie plutôt qu'une
religion .Les stricts tenants de sa pensée appartiennent à
l'école Theravada ( ou Hinayana ou " Petit véhicule" ) .Son
aire de diffusion est restreinte aujourd'hui à Ceylan et à
une partie de l'Asie du sud-est . Cette école développe un
idéal de salut austère et difficile accessible seulement à
une infime minorité aux religieux vivant retirés dans la
solitude des monastères . A partir du IIe siècle une
nouvelle forme de bouddhisme dévot polythéiste ,
métaphysique dans lequel la notion de divin prend de plus en
plus d'importance , le bouddhisme perdant son caractère
profane et humain . L'accès au Nirvana s'élargit puisque
tout être porte en soi la bouddhéité en développant ces
pratiques de sagesse et de charité . C'est la doctrine du
Mahayana ou " Grand Véhicule" . C'est cette doctrine élargie
et assouplie qui parvient en Chine , via la route de la Soie
au IIe siècle . Elle introduit la notion de rétribution en
fonction des mérites acquis et l'idée de la multiplicité
infinie des temps et des espaces d'où la multiplication des
bouddhas qui trônent dans les différents univers célestes et
dans les grands cycles du temps passé , présent et futur .
On discerne à côté de Cakyamuni d'autres séries de grands
bouddhas d'essence humaine ou métaphysique. Par exemple
certaines traditions font intervenir six bouddhas humains
antérieurs à Cakyamuni, d'autres traditions en placent 24
!!Cinq de ces bouddhas correspondent aux cinq bouddhas
métaphysiques .Ces 5 bouddhas sont dits Jina ( Vainqueurs )
de la méditation et de la contemplation ( Dhyani Bouddha ) :
Ratnasambhava ( il préside au sud , sa couleur est le jaune
et sa monture est un cheval ) , Vajradhara ( C'est de la
méditation de ce bouddha primordial que seraient nés les
cinq jinas qu en sont des émanations .Vajradhara est une des
figures majeures du panthéon lamaiste ) ,…
Les représentations du Bouddha obéissent à des règles
précises et codifiées . Au début le Bienheureux n'est
suggéré que par des symboles : son parasol , son trône ,
l'arbre de la méditation , la trace de ses pas , … c'est la
phase dite aniconique . Par la suite les imagiers le
dotèrent de 32 signes et 80 marques dont : l'oushnisha ou
protubérance dite de la sagesse , l'ournâ , petit toupet de
poils entre les sourcils, symbole de l'illumination , sorte
de troisième œil , les oreilles distendues et déformées par
de lourdes boucles ; une robe monastique , la svastika
védique sur la poitrine , les yeux mi-clos de lé sérénité ,
etc… Les postures sont aussi nombreuses et chargées de
significations : la posture la plus courante est dite "
Dhyanasâna" ou " méditation profonde" : les jambes sont
croisées en tailleur , la plante des pieds tournées vers le
haut ( position en lotus ou du diamant ) .Les gestes des
mains et des doigts ( moudra sou mûdras ) possèdent une
valeur symbolique exceptionnelle .On compte huit mûdras
principaux et six mûdras secondaires ( exemple : " dhyâna
mûdra : bouddha assis à l'indienne , les eux mains reposant
à plat l'une sur l'autre , paumes tournées vers le haut ,
geste par excellence de la concentration méditative ) .
Le bodhisattva Avalokitésvara
Quant aux bodhisattva ils ont choisi
volontairement de différer le moment de leur extinction et
d'accepter de vivre encore un nombre indéfini d'existences
successives pour apporter aide et soulagement à ceux qui
souffrent .Dans le Bouddhisme du Grand Véhicule .Cette
notion prend un développement considérable . Le plus vénéré
est Avalokitésvara .En Chine il s'appelle Guanyin et au
Tibet Tchenresi ( le dalai Lama est censé en être une
réincarnation ) .Au Japon il est appelé Kannon . Bouddha de
lumière , il est le " Grand Sauveur" , le " Tout
Compatissant " .Il peut revêtir de multiples aspects (
jusqu'à 108 ! ) dont celle d'une divinité à multiples bras
disposés en cercle autour de son corps avec un œil dessiné
dans chaque paume .
C'est sous la dynastie des Tang ( 618-907 ) que
la Chine connut un rayonnement militaire et culturel
exceptionnel. La Chine domine alors la Corée et étend son
influence du Baïkal au Cambodge . La dynastie s'allie avec
la famille royale du Tibet et multiplie les échanges dans
toute l'Asie du sud-est. L'empire compte alors deux
capitales : Chang'an , capitale de l'ouest (à l'emplacement
de Xi'an ) et Luoyang , capitale du sud .
Après 907 la Chine connaît une nouvelle période féodale
.Elle se scinde ,se rétrécit et subit des incursions
barbares et tibétaines .Mais la dynastie Song (60-1279 )
voit se multiplier de grandes inventions : emploi de
caractères mobiles et début de l'imprimerie ( 1041-1048 ),
invention de la poudre à canon (mentionnée dès 1044 ) ;
invention de la boussole marine ( attestée vers 1090 ), etc…
La dynastie Yuan ( 1279-1368 ) est une dynastie mongole .La
capitale du nouvel empire est Campaluc ( à l'emplacement de
Pékin ) .C'est la cité de Kubilay Khan , petit-fils de
Gengis Khan . C'est le Cathay de Marco Polo. En 1368 Zhu
Yuangzhang , général d'origine paysanne , fonde la dynastie
des Ming ( " Soleil et Lune " c'est-à-dire " brillant et
glorieux " ) .Il fixe la capitale à Nankin. Cette dernière
sera transférée au XVe siècle à pékin , cette dernière ville
étant plus apte à surveiller les frontières. Les mandchous
succédèrent aux Ming et fondèrent une nouvelle dynastie
celle des Qing , la dernière de l'histoire de la Chine qui
disparut en 1911 .
De toute l'histoire des royaumes, empires et dynasties il
est resté des apports immenses pour l'Humanité : écriture ,
peinture, calligraphie , poésie , mais aussi la course aux
diplômes et le système des examens , le gouvernail d'étambot
, la brouette , le pont à arches , etc…
Le pays était gouverné par l'empereur, fils du Ciel et
distant de ses sujets .L'empereur règne mais ne gouverne pas
.Ses généraux , ministres et fonctionnaires commandent et
administrent .Les fonctionnaires sont recrutés par examens
et forment une véritable bureaucratie ce qui fait de
l'empire chinois un régime instable où les contre-pouvoirs
sont légions et les rebellions nombreuses ( refus de payer
l'impôt , une grande autonomie locale qui profite aux
notables chargés de lever l'impôt , … ) .
Au XIXe siècle l'empire est immense mais faible .La société
chinoise est fragile .A sa tête l'impératrice Tseu-Hi qui
prend le pouvoir en 1861 et le conserve jusqu'en 1908. Elle
fait partie de la dynastie mandchoue. Les mandarins forment
une véritable caste de fonctionnaires recrutés par concours,
mais indisciplinés et souvent corrompus .Le peuple ( paysans
, artisans et marchands ) est hanté par la famine ,frappé
par le poids des impôts et de l'usure et par les ravages de
la guerre .Les intérêts étrangers se manifestent de plus en
plus ostensiblement .Les chinois commercent à Ourga (
Mongolie ) , Canton et Macao . Mes échanges portent sur l'or
, le Canton et l'opium . En 1839 la Chine interdit le trafic
de l'opium .L'Angleterre qui apporte l'opium de l'Inde lui
déclare alors la guerre ( 1840 ) .A l'issue de ce conflit
elle obtient la liberté commerciale dans cinq ports dont
Canton et Shanghai .Commence alors le dépècement de la Chine
: en 1844 la France et les États-unis obtiennent les mêmes
avantages .
La Réaction de la Chine est la réaction de crise d'un pays
blessé .Une organisation secrète ( " Le poing de la Concorde
et de la Justice" ) ( Boxeurs ) assassine en 1900 le
ministre d'Allemagne , massacre des européens et assiège les
légations étrangères .Les russes occupent alors le Xinjiang
, les français l'Indochine , les anglais la Birmanie
.L'Allemagne dispose de Kiao-Tchéou , l'Angleterre de
Wei-Hai-Wei et du contrôle du Yangzi et la France de Kouang
Tchéou .

Sun Yat Sen et Mao Zédong
A la veille de 1914 la Chine est en plein désordre politique
mais des éléments de renouveau existent.La Mandchourie
ferroviaire et portuaire disputée aux chinois par les russes
et les japonais constitue un bac d'essai industriel .Au sud
le Docteur Sun Yat Sen fonde en 1905 le Kuo Min Tang , parti
nationaliste , démocratique et socialisant . Il proclame la
République à Shanghai en 1911.Une élite réformiste chinoise
exige l'abolition des traités inégaux de nankin ( 1842 ) et
de Tien Tsin ( 1860 ) . En 1921 naît le parti communiste
chinois influencé par le Komintern ( créé par Lénine à
Moscou en 1919 ) . Pendant quelques années le Kuo Min Tang
et le Parti communiste collaborent . En 1925 Sun Yat Sen
meurt . En 1926 Tchang Kai Chek , allié aux communistes ,
conquiert , depuis Canton la Chine centrale .C'est l'
expédition du Nord ( " Beifa " ) . Puis Tchang Kai Chek se
retourne contre ses alliés (1927 ) sans cependant pouvoir
les empêcher de former une armée populaire paysanne .
Maozedong , réfugié dans le Guangxi , y proclame un
république soviétique . Délogé par Tchang Kai Chek , il
effectue la " Longue Marche" ( octobre 1934 - octobre 1935 )
jusqu'au Shaanxi , face aux japonais . Pendant la guerre de
résistance contre le Japon ( " Kangzhan " ) , Tchang Kai
Chek est à Chongqin (Sichuan ) tandis que Mao est installé à
Yan'an ( Shaanxi ) .Ce dernier élabore le communisme chinois
dans ses particularités fondamentales : il est paysan ,
nationaliste et militaire . Les affrontements entre chinois
reprennent en 1946, d'abord vainqueurs les nationalistes
sont repoussés .Les communistes ne gagnent véritablement
qu'en 1948 - 1949.Le 1er octobre 1949 Mao zedong
peut proclamer la naissance de la république populaire de
Chine tandis que le gouvernement de Tchang Kai Chek se
réfugie à Formose .
LE TOURISME EN CHINE
ÉVOCATION HISTORIQUE BRÈVE
La Chine est restée fermée aux touristes
étrangers dès les lendemains de la victoire du parti
communiste chinois en 1949.Les rares visiteurs admis à
visiter la Chine dans les années 50 / 60 étaient , pour
l'essentiel originaires des pays du bloc communiste (
U.R.S.S., Europe orientale , Corée du Nord , Vietnam du Nord
) .quelques efforts pour ressusciter l'industrie touristique
nationale durent entrepris au milieu des années 50, mais ils
furent anéantis par l'instabilité politiquer du " Grand Bond
en Avant " à la fin de cette décennie . Au terme de cette
période de désarroi et de famine en Chine rurale , un regain
d'intérêt pour le Tourisme se manifesta avec l'établissement
d'un " Bureau du Voyage et du Tourisme " en 1964. Un nombre
minimal de touristes originaires es pays occidentaux ( 4500
en 1966 ) fut admis à visiter le pays durant cette période
juste avant la Révolution Culturelle , période durant
laquelle le Tourisme devient de nouveau quasi-inexistant .
Jusqu'en 1971 le voyage en Chine se limitait à des
déplacements à caractère politique , commercial et / ou
professionnel .La seule catégorie de visiteurs dont les
déplacements n'étaient pas cantonnés à ces motifs étaient
les " compatriotes " chinois de Hong-Kong et de Macao à qui
était accordé un droit d'entrée relativement libre les
autorisant à rendre visite à leur famille demeurées en Chine
. Jusqu'en 1971 la Chine demeurait interdite aux citoyens
américains ainsi qu'à ceux de nombreux autres pays .
L'interdiction fut levée en 1971 et l'équipe américaine de
tennis de table pût entreprendre un voyage historique en
Chine " ping-pong diplomacy " ) . Cet épisode largement
médiatisé fut suivi , la même année ( juin 1971 ) par la
venue du secrétaire d'Etat Henry Kissinger qui effectua la
première visite d'un diplomate du gouvernement américain en
territoire chinois . En janvier 1972 ce fut au tour du
Président Richard Nixon de visiter officiellement la Chine .
Le Tourisme au début des années 70 restait
étroitement contrôlé par le gouvernement central chinois
.Entre 1971 et 1977 la Chine accorda seulement 15000 visas
sur les 200 000 demandes formulées à titre individuel par
des américains désireux de visiter la Chine .Les quelques
chanceux qui obtenaient le droit de visiter la Chine
voyageaient en groupe de 15 à 25 personnes . Durant cette
période le coût élevé du voyage demeurait aussi un facteur
prohibitif .Les relents de la révolution Culturelle
continuèrent à entretenir des sentiments hostiles à l'égard
des étrangers et la méfiance à l'égard des visiteurs
constituaient encore une norme dans la société chinoise . Le
Tourisme comme comportement bourgeois continuait d'être
considéré comme suspect par les éléments maoïstes de la
bureaucratie chinoise .Dans les faits la forme du Tourisme
continuait d'être semblable à celle qui avait précédé mais
les nouveaux visiteurs venaient en plus grand nombre de pays
non communistes que dans le passé .Au milieu des années 70
les touristes les effectifs des touristes étrangers ( non
inclus les " compatriotes " ) avoisinaient 30000 personnes/
an .
Mao zedong mourut en septembre 1976 et un mois
plus tard les partisans de Deng Xiao Ping prenaient le
contrôle du P.C et du gouvernement central .A la fin de 1977
le gouvernement chinois annonçait le début d'un effort
concerté pour faire du Tourisme un secteur majeur de
l'économie nationale . Les buts officiels de cette politique
étaient de " Promouvoir l'amitié entre les peuples " et
d'accumuler les devises nécessaires à la modernisation de la
Chine socialiste . En 1978 le Bureau de Voyages et de
Tourisme devenait l' "Administration générale d'État au
Voyage et au Tourisme " et des compagnies aériennes et des
agences de voyages étrangères étaient , pour la première
fois autorisées à développer leurs propres voyages en Chine
. Les grandes villes et les provinces établirent leurs
propres agences de voyages indépendantes du gouvernement
central. En quelques mois une centaine de sites furent
déclarés ouverts aux touristes étrangers et 30 nouveaux
hôtels furent construits .Le premier établissement scolaire
de formation aux métiers du Tourisme ouvrit ses portes dans
la province de Jiangsu en 1978.
A la fin de 1978 229 646 touristes étrangers étaient venus
en Chine , soit une augmentation de plus de 30 000 personnes
par rapport à 1977.
En 1985 la Chine reçut 1,37 millions de touristes étrangers
générant 1,3 billions de dollars de recettes .Dès cette
époque la Chine avait développé une politique marketing pour
assurer la promotion du pays auprès des marchés étrangers
.En 1984 le " Club Méd " ouvrait une station dans la Zone
économique spéciale ( Z.E.S ) de Shinzen et une autre près
de Beijing en 1986.Les eux complexes étaient orientés vers
le marché japonais.
L'ouverture de la Chine au Tourisme était une partie
intégrale de la politique des " Quatre Modernisations "
impulsée par Deng Xiaoping et destinée à accélérer l'accès
de l'économie chinoise au marché mondial .Depuis
l'institution de cette politique la Chine a connu un essor
économique sans précédent ( taux de croissance économique
supérieur à 10% par an pour les dernières décennies ).La
Chine est devenue , dès 1996 , la septième puissance
économique mondiale et un élément majeur de la croissance
économique et de la stabilité dans la région Asie Pacifique
.
Dès le démarrage des réformes des " Quatre Modernisations "
le Tourisme fut considéré par les planificateurs comme un
secteur majeur d'investissement et de développement . Mais
ce n'est qu'en 1982 que l'industrie touristique cessa d'être
un service politique pour devenir une activité économique à
part entière .Le Tourisme international devint alors une
source majeure de bénéfices ( 10,2 billions de dollars soit
1,1% du P.N.B ) .La Chine se plaçait à la 100e
place pour le P.N.B par tête ( 860 dollars U.S per capita
).Sa classe moyenne était estimée à 50 à 100 millions de
personnes. Le Tourisme joua un rôle majeur dans la
croissance du niveau de prospérité du pays spécialement dans
les zones densément peuplées des provinces littorales .
La croissance du tourisme chinois ne se démentit pas dans
les années 80 , le pays devenant une destination synonyme
d'exotisme , d'immensité et d'inconnu .Mais le problème des
infrastructures demeurait un problème majeur , en dépit de
nombreux nouveaux hôtels dans les grandes villes. En juin
1989 la répression brutale de la " Manifestation de Tian An
Men " affecta fortement les arrivées internationales en
Chine et il fallut deux ans pour qu'elles retournent aux
niveaux atteints avant 1989.
Aucune considération sur le Tourisme ne peut en effet
ignorer l'incident de la Place Tien An Men et la violente
réaction du gouvernement chinois qui s'est exercé à
l'encontre du mouvement démocratique étudiant .Le point de
départ de ce mouvement de protestation fut la mort de Hu
Yaobang , un des dirigeants historiques du Parti Communiste
chinois et considéré comme un réformateur politique et
économique convaincu . Cet événement entraîna des
manifestations d'étudiants à la mémoire de Hu , l'occupation
de la place Tien An Men , l'échec des négociations entre le
gouvernement et les manifestants et la promulgation de la
loi martiale .Le 3 juin l'armée de Libération du peuple
recevait l'ordre de rentrer en action provoquant plusieurs
centaines de morts parmi les manifestants .
En réaction à ces évènements le nombre total de visiteurs
étrangers en Chine chuta de 1,84 millions en 1988 à 1,46
millions en 1989.Un déclin de 21%.Le japon et les États-unis
, les deux plus grands marchés émetteurs vers la Chine et
ceux fournissant les revenus touristiques les plus élevés
furent les plus touchés . Le nombre de visiteurs américains
chuta de 29 % en 1989 par rapport à 1988 tandis que le
nombre de visiteurs japonais déclinait de 39 % durant la
même période .
Le nombre de touristes étrangers avait connu une croissance
rapide à la suite de l'ouverture de la Chine au Tourisme en
1978.Les arrivées de touristes étrangers passèrent de 229646
en 1978 à 1,8 million en 1978.Durant cette période les
États-unis et le Japon constituèrent les deux sources
principales de visiteurs avec respectivement 48 % et 52 % de
toutes les arrivées de touristes internationaux .Les visites
des compatriotes connurent aussi une croissance rapide
durant cette période ( le nombre de visites effectué par des
résidents de Macao , Hong-Kong et Taiwan atteignait 29,8
millions en 1988. Si les visites effectuées par des
compatriotes étaient plus nombreuses que celles effectuées
par des étrangers , les dépenses per capita effectuées par
les visiteurs étrangers restaient très largement supérieures
.
Le tourisme étranger était fortement encourage par le
gouvernement chinois qui le considérait comme un élément
majeur de sa stratégie de développement économique .En effet
la modernisation de la Chine exigeait un accès au capital Or
la plupart des sources de ce capital étaient situées à
l'extérieur de la Chine. Pour moderniser l'agriculture et
les infrastructures le gouvernement chinois reconnaissait
que le capital étranger lui était indispensable et qu'il ne
pouvait être obtenu que par des activités d'exportation . Or
la seule activité d'exportation était le Tourisme . Mais la
promotion du tourisme comme activité d'exportation exigeait
: "political serenity, not scenic or cultural
attractions , constitute the firts and central requirements
for tourism " ( Richter and Waugh , 1986 , p. 231 ).
Les voyageurs internationaux réagirent
rapidement à la disparition de la " sérénité" politique que
symbolisa la féroce répression de la manifestation
estudiantine de la Place Tian An Men . Toutes les catégories
de visiteurs enregistrèrent un déclin immédiat ( 6 millions
de compatriotes en moins en 1989 par rapport à 1988 et près
de 300 000 visiteurs étrangers en moins sur la même période
).L'impact des évènements de Tian An Men fut différent selon
les origines des visiteurs .Ces effets différentiels sont
illustrés par des comparaisons concernant les arrivées entre
les années qui suivent les évènements de Tian An Men ( 1989
et 1990 ) et celle qui précède ( 1988) . Globalement les
visiteurs étrangers en 1989 n'atteignaient que 79 % des
effectifs de 1988 . 11 des quatorze pays fournissant les
contingents les plus importants de visiteurs envoyèrent
moins de visiteurs en 1989 qu'en 1988. L'Italie et le Japon
enregistrèrent les défections les plus importantes de
l'ordre de 58 % et 61%.En contraste les visiteurs ont été
plus nombreux en Chine en 1989 qu'en 1988 dans trois des
quatorze pays émetteurs : la Corée du Nord , les Philippines
et la Russie . Non seulement les arrivées de Russie furent
plus nombreuses en 1989 qu'en 1988 ( 234 % d'augmentation ),
mais, elles traduisaient une augmentation en rupture
radicale avec l'évolution historique . En contraste les
arrivées de Corée du Nord et des Philippines étaient assez
similaires à celles attendues si les évènements de Tien An
Men n'étaient pas survenus.
Même en prenant en compte les évènements de Tian An Men le
taux de croissance annuel des arrivées de touristes et des
recettes depuis 1980 a été de 19, 2 %.A la même époque le
taux de croissance annuel des arrivées de touristes et des
recettes depuis 1980 a été de 19,2 % .A la même époque le
taux de croissance mondial était de 5,5%.En 1997.Le " World
Tourism Organization " plaçait la Chine comme 6ème
destination la plus visitée . ce classement était basé sur
un total de 23 770 000 visiteurs internationaux excluant les
visites aux familles en provenance de Hongkong et Macao .Le
chiffre officiel de 57 millions de visiteurs en 1997 , la
Chine aurait atteint le deuxième rang mondial , derrière la
France ( 67 millions ) et devant les États-unis ( 49
millions ) .
Le WTO estime que la Chine sera le pays le plus visité du
Monde en 2020 avec 137,1 millions de visiteurs
internationaux. En 1998 l'industrie du Tourisme en Chine
employait 13,5 millions de personnes ( emplois directs )
plus 33,5 millions d'emplois indirects . Le WTO estime que
ce nombre devrait passer à 19 millions en 2010 ( 2,4% des
emplois ) pour les emplois directs plus 50 millions
d'emplois indirects .
GÉOGRAPHIE TOURISTIQUE RÉGIONALE DE LA CHINE
PÉKIN ( BEIJING )
La ville a été capitale du XIIIe au XXe siècle
sous les trois dernières dynasties impériales : Yuan mongole
( 1279-1368 ) , Ming chinoise ( 1420-1644 ) et Qing
mandchoue ( 1644-1911 ) .
La ville est située dans une petite plaine alluviale limitée
au nord par les montagnes Yanshan , au nord-ouest par les
contreforts du plateau mongol , à l’ouest par des collines
et à l’est par le golfe de Bohai situé à 180 kilomètres .
Pékin est installé au contact de deux types de
civilisation : la civilisation sédentaire et agricole d la
grande plaine du nord et la civilisation nomade des steppes
.
La ville occupe un site éminemment stratégique
choisi dès la dynastie des Jin au Xe siècle .Pékin ville
impériale , capitale et lieu de pouvoir est surtout l’œuvre
de deux empereurs : Yong Le ( 1403-1424 ) et Qiang Long (
1736-1796 ).L’urbanisme de la cité obéit aux règles de la
ville chinoise traditionnelle : enceinte murée , plan en
damier , orientation d’un axe majeur nord-sud ,habitations
ordonnées autour d’une ou plusieurs cours .La capitale est
la réplique de l’ordre céleste .Au sud se trouve le temple
de l’Ordre céleste , à l’est le temple du Ciel , au nord le
temple de la Terre et à l’ouest l’autel de la Lune . Au
centre se trouve la Cité Interdite .
La ville murée est constituée par la juxtaposition de deux
villes : - la ville intérieure de forme carrée et de 6
kilomètres de côté .Elle est aussi appelée la « ville
tartare » .C’est le lieu où se dressent la ville impériale
et la Cité interdite .Elle était découpée en 24 zones
résidentielles réservées aux descendants des mandchous
.C’est la cité des princes et des lettrés .La Cité interdite
est au cœur de cet ensemble ; - la ville extérieure ou «
ville chinoise » de forme rectangulaire ( 8 kilomètres sur 3
) constituait le centre commerçant .Les principales artères
étaient orientées nord- sud et est-ouest et découpaient en
damier l’espace urbain .
Avec l’arrivée des communistes le paysage urbain fut modifié
et les murailles abattues en 1958 tandis que d’importants
travaux étaient entrepris autour de la place Tian An Men :
construction du Palais de l’Assemblée du Peuple ( 170 000 m2
) , construction du musée d’Histoire de la Chine , etc…
Le Palais impérial On y accède par la Place Tian
An Men ( place de la Paix céleste ) qui forme un immense
parvis devant la Cité interdite .La république populaire de
Chine y fut proclamée le 1er octobre 1949 par Mao
du haut de la terrasse de la Porte du Ciel .
Sur la place se trouve le mausolée du Président
Mao disparu le 9 septembre 1976.Le mausolée fut inauguré le
9 septembre 1977. Il est bâti sur un plan carré sur une
plate-forme à deux étages .Dans la salle du sarcophage le
corps embaumé de Mao est présenté à la vue .L’accès à la
Cité Interdite s’effectue par la porte de la Paix Céleste
percée au sud dans l’enceinte de la cité .Elle fut élevée en
1420 par Yongle et reconstruite en 1651 sous les Qing .

La Cité Interdite
Le Palais Impérial ( Gujong : « Le vieux
palais » ) couvre une superficie de 72 ha . Quatre bastions,
surmontés chacun d'un pavillon à la toiture aussi jaune,
flanquent l'enceinte aux quatre angles. Quatre portes
donnent accès au palais, soit une sur chaque mur : au sud,
Wu Men (la Porte du Midi ), au nord, Shen Wu Men (la Porte
de la Fierté divine), à l'est et à l'ouest, Dong Hua Men et
Xi Hua Men (les Portes fleuries de l'Est et de l'Ouest). On
pénètre par la Porte Tian An Men, puis franchit deux
avant-cours, pour atteindre Wu Men, la plus grande des
quatre. C’est le point focal de l’Empire .Sur son trône au
centre de la salle de l’Harmonie préservée , qui était au
entre du palais , lui-même au centre d la capitale ,
l’empereur qui porte le titre de « Fils du Ciel » ( Tianzi
) Il a reçu du ciel le mandat d’agencer le Monde et de le
maintenir dans l’ordre naturel. Sa légitimité reposait sur
ce concept .Son nom était tabou .Il était désigne de son
vivant que par ses noms d’ère ou nianhao. Après leur mort
les souverains pouvaient recevoir un ou plusieurs noms .
Le Palais impérial appelait jadis la "Cité
interdite pourpre". La couleur "pourpre", symboliquement
attribuée à l'étoile polaire, signifie qu'elle était un
centre cosmique. Après l'avènement de la République en 1912,
la "cité interdite" n'était plus inaccessible au public.
L’enceinte aux murs pourpres retranchant le palais impérial
du reste de l’Univers était enclose dans une autre enceinte
qui formait la Cité impériale dont il subsiste de rares
vestiges de part et d’autre de
la Place Tian Anmen .
La construction du palais commença dès la 4ème année du
règne de l'empereur Cheng zu (1406) des Ming pour s'achever
en 1420, soit 14 ans plus tard. Depuis son achèvement
jusqu'à la Révolution de 1911, soit 491 ans durant, 24
empereurs y résidaient successivement. Les travaux de ce
palais occupèrent 200 000 ouvriers et les matériaux de
construction furent fournis par toutes les provinces du
pays. Le palais se présente comme une succession de
bâtiments , un labyrinthe d’appartements privés .Les salles
accessibles au public ont conservé un mobilier qui remonte ,
pour la plupart , à la fin de la dynastie de Qing (
1644-1911 ).C’est le lieu d’exposition des trésors impériaux
.Les travaux de construction débutèrent en 1407 quand le
troisième empereur Ming Yongle ( 1402-1424 ) décida de
transférer le siège de sa cour des nankin à Pékin .
La hiérarchie féodale ainsi que le pouvoir suprême de
l'empereur se concrétisaient dans l'architecture de
l'ensemble colossal qui compte 9 999 pièces. Dans le
chinois, le chiffre "9" est l'homonyme du caractère "Jiu"
qui signifie la permanence et la durée. La répétition du
chiffre 9 devait assurer à l'empereur la longue vie et à son
pouvoir l'éternité. Par ailleurs, on pensait que si le
palais de l'empereur du Ciel comptait 10 000 pièces, celui
de l'empereur de Chine, considéré comme le fils céleste,
devait être légèrement plus petit, soit une pièce de moins.
Restauré ou réaménagé à plusieurs reprises sous de
différentes règnes, le palais est en bon état de
conservation.
La Citée interdite est divisée en trois parties : au sud, la
cour extérieure destinée à la vie officielle (grandes
cérémonies, réception de ministres et de diplomates
étrangers); au nord, la cour intérieure réservée à la vie
privée, et le jardin impérial. Ces cours et leurs
constructions s'ordonnent selon trois axes parallèles
nord-sud; l'axe central est le plus important, les axes
latéraux étant occupés par des appartements secondaires et
des annexes.
Le Palais de l’Harmonie Suprême s’élève sur une haute
terrasse .Sur le plan incliné des sculptures de dragons au
dessus duquel la chaise impériale était portée .Le palais
actuel a été construit en 1699 , restauré en 1765.On y
trouve le siège impérial en bois de palissandre adossé à un
paravent du même bois et décoré de motifs de dragons .Dans
cette salle on célébrait les grands évènements qui
marquaient la vie de l’Empire : arrivée de l’empereur ,
cérémonies du solstice d’hiver , …
Dans la construction du Palais impérial furent strictement
observés la doctrine de yin et yang ainsi que les notions de
Wuxing (cinq éléments: métaux, bois, eau, feu et terre), que
les anciens philosophes chinois tenaient pour très
importantes dans la culture chinoise. D'après ces sages, le
sud était assimilé au yang , et le nord, au yin . C'est
ainsi que les Trois Grandes Salles destinées aux grandes
cérémonies se trouvaient dans le sud, et que la partie nord
convenait aux bâtiments d'habitation.
Selon la pensée de Wuxing, la terre, de couleur jaune,
dominait les autres éléments, elle symbolisait le territoire
du pays, c'est pourquoi toutes les toitures du Palais
impérial étaient couvertes de tuiles vernissées jaunes. Le
feu, en seconde place, étant assimilé au rouge, toutes les
colonnes et les murs d'enceinte étaient peints de cette
couleur. Les bâtiments du Palais impérial sont séparés les
uns des autres par des murs percés de portes, mais aussi
reliés par des cours. L'ensemble des constructions est donc
aussi magnifique qu'harmonieux.
La Cité interdite compte plusieurs autres palais : le Palais
de l’Harmonie parfaite , le palais de la Pureté céleste , le
palais de l’Union , le palais de la tranquillité préservée ,
etc… ainsi que plusieurs musées : le musée des arts
décoratifs , le musée des poteries et porcelaines , le musée
des bronzes , etc…
Les Pékinois de vieille souche disent avec
fierté que leur ville dispose de cinq autels (Tan). Ils sont
l'Autel du Sol et des Moissons (centre-ville), l'Autel du
Soleil (est), l'Autel de la Lune (ouest) le Temple du Ciel
(sud) et l'Autel de la Terre. Ces édifices sont disposés
d'après la doctrine du Yijing (Livre des Mutations) sur la
corrélation entre le ciel, la terre, le soleil, la lune et
l'homme. En architecture, le Temple du Ciel est le plus
grand et le plus beau des cinq autels.

Situé à l'est de l'avenue Tian Qiao Nan Da Jie,
le Temple du Ciel fut construit en 1544 et achevé en 1558
sous les Ming. Il fut réaménagé au 18e siècle, sous le règne
de Qian long des Qing. L'édifice est entouré de deux
enceintes de forme carrée (symbole de la terre) au sud et de
forme ronde (celui du ciel) au nord, la première ayant 6,4
km de pourtour et la seconde, 4,1 km de circonférence. Les
Chinois anciens croyaient que le ciel était rond et la
terre, carrée.
Le Temple couvre une superficie de 270 hectares, soit le
triple de celle du Palais impérial. Il comprend trois
ensembles qui s'ordonnent selon l'axe nord-sud: le Tertre
circulaire ( Huan Qiu Tan), la Voûte céleste impériale (Huang
Qiong Yu) et la Salle de la Prière pour les Bonnes Récoltes
( Qi Nian Dian), les deux premiers étant au sud et le
troisième au nord. Ces trois édifices sont reliés entre eux
par la Voie sacrée, une chaussée surélevée à 2,5 m du sol et
longue de 360 m.
Sous les Ming et Qing, les empereurs s'y rendaient chaque
année pour accomplir deux sortes de cérémonies: la prière
pour les bonnes récoltes à Qi Nian Dian et l'hommage rendu
au Ciel à Huan Qiu Tan. Ces cérémonies impériales se
tenaient jusqu'en octobre 1911, date de la fondation de la
République. En 1912, le Temple du Ciel fut ouvert au public
et les gens simples pouvaient fouler le sol sacré.
Aujourd'hui, les lieux sont aménagés en parc public.

La Grande Muraille
Elle porte en chinois le nom de « long mur des
10 000 lis ( 5000 kilomètres ) » . Maintes fois remaniée
,abandonnée et relevée, la grande Muraille fut entretenue
jusqu’à la fin de la dynastie des Ming en 1644 .Le terme au
pluriel est plus approprié. La muraille encore visible est
d’époque Ming .En utilisant le pluriel on désigne toutes les
fortifications ( murailles –barrages ) disparates ou
coordonnées à travers le Temps . Considérée de cette façon
la grande Muraille compte plus de 50000 kilomètres de
remparts , plus quez la circonférence du globe à l’équateur
( 40076 km ) destinés soit à protéger les han des barbares ,
soit destinés à protéger les états les uns des autres .
Le premier barrage continu fut aménagé sous le
règne de Qing Shihuangdi à partir de 220 av. J.C pour
protéger la Chine des Xiongnu en reliant des murs édifiés
par les royaumes Yan et Zhao vers 300 av. J.C. La muraille
fut abandonnée pendant 60 ans après ,la chute des Qin ( 206
av. J.C ) .Elle fut restaurée par l’empereur Wudi ( 140-87
av. J.C ) .Elle connut une nouvelle période de délabrement
après la chute des Han en 220 ap. J.C .Des travaux reprirent
aux Ve-VIe siècles ( Wei du nord , Wei de l’est , Qi du nord
et Sui ) .Les Ming relevèrent la muraille de 1403 à 1435 et
la complétèrent en 1470-1480 .
La grande Muraille part de Shanhaiguan sur la Mer de Bohai
.On la suit à partir des montagnes qui surplombent le golfe
de Hebei . Le tronçon situé non loin de Badaling qui se
divise en deux .Le mur extérieur suit la frontière de
l’actuelle province du Shanxi , le mur intérieur ( qui se
visite à Badaling ) se dirige vers le sud-ouest sur 220
kilomètres , puis s’infléchit vers l’ouest et rejoint le mur
extérieur à 200 kilomètres de Datong . Le plus souvent la
hauteur de la muraille varie de 7 à 8 mètres pour une
largeur moyenne de 6 mètres 50 à la base et de 5 mètres 50 à
hauteur du chemin de ronde .des tours la renforcent tous les
120 mètres ( 25000 tourds et 15000 tours de guet ) .
Tombeau des Ming
Les tombeaux des Ming
La dynastie des Ming durait 276 années
(1368-1644.) Seize empereurs y régnaient. Mais les tombeaux
impériaux des Ming abritent les sépultures de treize d'entre
eux. Le fondateur de la dynastie, Zhu Yuanzhang, fit
construire son tombeau à l'est de Nanjing, qu'il avait
choisi comme capitale.
Le deuxième empereur, petit-fils de Zhu, fut
évincé à cause d'un coup d'État déclenché par son oncle, le
troisième empereur. Celui-ci transféra la capitale à
Beijing. Après lui, tous les successeurs, sauf le septième
qui fut détrôné, firent aménager leur mausolée aux environs
de Beijing.
Dès la haute antiquité, les souverains de Chine avaient la
coutume de faire construire à proximité de leur capitale et
généralement de leur vivant d' imposants mausolées ou ils
étaient inhumés après leur mort. Ayant transféré la capitale
à Beijing, l'empereur Yong le (le 3ème) choisit le site de
son tombeau selon les conseils de ses géomanciens. Dans la
Chine antique, le site fut choisi avec grand soin, en tenant
compte de la théorie de " feng shui" (théorie du vent et de
l'eau.) Le choix fut fixé sur une plaine protégée au nord
par les Monts Tian Shou shan (Longévité Céleste), qui, se
dressant en hémicycle, empêchaient les mauvais effluves
apportés par les vents (feng) de la steppe, avec une rivière
coulant devant eux, qui permettait aux eaux (shui) de venir
passer doucement sur le devant des tumulus. Ce site est
abrité à droite et à gauche par la Montagne Long (Dragon) et
la Montagne Hu (Tigre), comme gardiens de l'entrée de la
nécropole.
Les Tombeaux de Shi San Ling des Ming (les Treize Mausolées
des Ming), à 50 km au nord-ouest de Beijing, sont situés
dans un vaste cirque mesurant 5 km. du nord au sud et 3,5
km. de l'est à l'ouest (40 km de pourtour), limité jadis par
un mur rouge (du côté de la vallée) ou par de simples
poteaux placés par intervalles sur les cimes des montagnes.
Cet espace ainsi délimité était interdit à tout mortel
étranger au service des tombeaux. Ni la culture de champs,
ni la coupe d'arbres, ni l'extraction de pierres n'y étaient
permises. Nul ne pouvait y pénétrer à cheval, pas même
l'empereur régnant, qui mettait à pied à l'entrée. A la
garde de cette nécropole était préposée une garnison, à son
entretien, une abondante administration et un grand nombre
de serviteurs, dont les fonctions étaient héréditaires.
Un chemin de 7 km, appelé la "Voie Sacrée", traversait du
sud au nord la nécropole impériale. Il commençait par Shi
Pai Fang (Portique en pierre) pour se terminer à l'entrée de
la principale sépulture Chang Ling, celle de l'empereur Yong
Le, en passant par Da Hong Men (la Grande Porte rouge), Bei
Ting (le Pavillon de la Stèle), l'Allée des Statues, Long
Feng Men (la Porte du Dragon et du Phénix.) Les 12 autres
tombeaux impériaux étaient construits alentour.
Chaque tombeau comprenait trois parties: 1) des édifices où
l'on offrait des sacrifices, 2) la tour de la stèle, 3) le
tumulus recouvrant le caveau souterrain où était déposé le
corps de l'empereur. Mais les dimensions des 13 sépultures
varient selon qu'elles furent construites avant ou après la
mort de l'empereur y reposant. Le corps une fois inhumé, le
conduit d'accès du caveau était obturé, soit en principe
condamné à jamais. Le caveau n'était rouvert qu'en des
occasions exceptionnelles, lorsque l'on y déposait le corps
d'une impératrice ou parfois d'une femme secondaire
favorite, morte après l'empereur. Les sacrifices (boeuf,
mouton, riz, etc.) étaient offerts lors du Qing ming (la
Fête des Morts), du Zhong yuan (le 15 du septième mois
lunaire), du solstice d'hiver, du dernier jour de l'année et
de l'anniversaire du décès du défunt inhumé. De ces 13
tumulus, seul le tombeau Ding Ling, celui de l'empereur Wan
li, a été exhumé en 1956. Les fouilles ont mis au jour un
grand nombre d'objets funéraires de grande valeur
Jinan et ses
environs
Jinan , capitale de la province du Shandong (
Chantoung )se trouve à 500 kilomètres .c'est une ville de 2
millions d'habitants située au pied des monts Lishan (
Li-Chan ) . Non loin de la ville se trouve la falaise des
1000 bouddhas sculptée de reliefs , de statues et de stèles
à partir de la dynastie des Tang (618-907 ) .On ne compte
pas un millier de sculptures comme pourrait le laisser
supposer la dénomination du site mais seulement 210 , car
pour les chinois le nombre 1000 signifie beaucoup .Ces
monuments rupestres furent taillés aux frais des moines pour
perpétuer le souvenir des défunts ou en actions de pénitence
.
Mont Taïshan
Le Mont Taïshan est la montagne la plus vénérée
des chinois .Nombre de villes chinoises eurent naguère un
temple dédié au Mont Taïshan .On y vénérait Taïyue Dadie ,
le dieu de la " Montagne de l'est " . Le Taïshan fut gravi
par Confucius , puis par le créateur de l'unité impériale
Qin Shi Huangdi. Taïshan est le lieu où les empereurs
annonçaient au ciel et à leurs sujets la réussite de leur
dynastie . Les sacrifices dits " Fong " ( rituel taoïste )
on enfouissait ou on scellait ( Fong ) au sommet , dans une
série de coffres , des tablettes de jade portant une prière
gravée , sorte de message destiné au souverain d'en haut ,
le Ciel , pour lui annoncer les mérites de la dynastie .
Cette cérémonie était complétée par une offrande similaire (
le sacrifice " shan " ) dédié à la terre ( au pied de la
montagne ) .La première cérémonie fong et shan fut célébrée
par l'empereur Wu ( Wou ) des han en 110 av. J.C .La
finalité de ce rite était de consolider la légitimité du
pouvoir dynastique en démontrant l'accord total du souverain
avec le Ciel . Dans la croyance populaire le Pic de l'Est
s'identifiait aussi au mythe des origines : origines de la
lumière , de la vie , du printemps ,…Le mont atteint 1545
mètres ; mais il est impressionnant car il émerge d(une
plaine basse de 150 mètres d'altitude .Au début du siècle le
sinologue Édouard Chavannes y dénombra 252 tempes et
monuments dans la ville de Tai'an sur le chemin du pic (
longue de 10 kilomètres ) auquel on accédait par 6300
marches
La Moyenne
vallée du Huang Hé
Xi'an et ses
environs
La ville fut sous les Tang ( 618-907 ) la plus
grande ville du Monde .Elle était alors nommée Chang ' an .
Devenue célèbre en 1974 avec la découverte de l'armée en
terre cuite enterrée non loin du tombeau du premier empereur
.C'est la capitale de la province du Shanxi ( Chensi ) qui
s'étire sur 1000 kilomètres du nord au sud , bordé par le
Fleuve jaune .En largeur la province, située au cœur du
plateau du loess ne dépasse pas 300 kilomètres . Xian est un
centre industriel depuis le premier plan quinquennal (
1953-1957 ) .La ville est modern et de peut d'intérêt .
Qin Shi Huangdi, de son vrai nom Ying Zheng ( Ying Tchen )
vécut de 259 à 210 av.J.C .Il monta sur le trône du royaume
de Qin à l'âge de 13 ans en 146.Il entreprit alors la
conquête méthodique de la Chine à partie de 230 en éliminant
les six principaux royaumes rivaux et en proclamant en 200
la fondation de l'empire chinois et celle de la dynastie Qin
. Il prit le nom d'empereur ( Huang-Ti ) et gouverna pendant
11 ans avant de mourir à l'âge de 50 ans . Sa dynastie ne
lui survécut que trois ans car son fils Huhai ( Hou-Hai )
fut assassiné en 207.Son œuvre fut fondée sur une imposante
force militaire et une administration centralisée et
érigeant l'écrit en véritable culte .Il imposa une refonte
totale de la société en éliminant l'ancien ordre féodal , sa
hiérarchie et ses privilèges et en prenant toute une série
de mesures politiques , économiques et sociales. Il fut aidé
dans sa tâche par un grand ministre Lisi ( Li-Sseu , 280-208
av. J.C ). Reprenant les principes confucéens il décréta que
l'empereur tenait son mandat du ciel et était seul
responsable devant lui .Il mit en place une administration
poussée et paperassière .A côté de cette idéologie unitaire
et autoritaire toute une série de réformes profondes durent
décrétées : - standardisation des poids , des mesures et de
la monnaie ( la sapèque ronde ( le ciel ) à trou carré ( la
terre ) ,- l'unification de l'écriture et du calendrier , -
l'instauration d'un système administratif et d'un code pénal
rigoureux , - l'empire fut divisé en 36 provinces, les
lettrés et les féodaux furent mis au pas .Une politique de
grands travaux fut lancée : construction d'un gigantesque
réseau de routes et de relais postaux , de digues et de
anaux . La Ville de Xian Yang devint la capitale dynastique
.Elle fut développée et embellie .Son palais principal
s'étendait sur 700 mètres en profondeur et 120 mètres en
largeur et 10000 personnes pouvaient y résider .
Le tombeau de Qin Shihuangdi se trouve au pied du Mont Li ,
à 35 kilomètres à l'est de Xian .Il est recouvert par une
butte de 55 mètres de haut .Il n'a pas encore été fouillé
,mais on sait par l'historien Sima Qian ( Sseu-Ma Ts'ien ,
145-90 av.JC ) qu'il fut pillé et profané par le général de
Chu , Xiang-Yu . Qin Shi Huangdi avait entrepris la
construction de son tombeau dès l'âge de 13 ans .Elle dura
38 ans .La demeure souterraine était agencée comme une
réplique de la capitale impériale .Aussi on y réalisa une
carte- maquette de l'empire reproduisant les 100 fleuves ,
les cours d'eau et les mers , faits d'un flot de mercure
maintenu en mouvement par une subtile machinerie. Les
sarcophages auraient été mis en place avec un somptueux
trousseau funéraire . Le tumulus de 55 mètres de haut , a
une circonférence de 1410 mètres .Le tumulus circulaire
était posé sur une base carrée s'inscrivant au milieu d'une
double enceinte rectangulaire évoquant le plan d'une ville
murée .

En mars 1974 à 1250 mètres de l'enclos funéraire
on découvrit, à 5 mètres de profondeur , une armée en marche
en terre cuite de quelques 6000 hommes. La première fosse
découverte faisait 230 mètres sur 62 , trois autres fosses
furent mises au jour par la suite. La grande fosse n°1
comprend neuf couloirs flanqués de deux corridors parallèles
auxquels on accède par cinq rampes inclinées à l'est et à
l'ouest . Les couloirs étaient planchéifiés et couverts de
madriers en toiture , recouverts à leur tour de nattes et de
terre damée . Les structures furent détruites par u incendie
en 207 et leur effondrement brisa la quasi-totalité des
statues. Têtes , corps et bras étaient creux , les pieds et
les jambes étaient pleins et massifs .Les statues étaient
dressées sur un socle plat et rectangulaire . Elles étaient
assemblées et cuites individuellement puis peintes et
revêtues d'une éclatante polychromie .
Qufu
Qufu était la capitale du royaume de Lu il y a
2500 ans .C'est a ville de Confucius .Il y dispensa un
enseignement d'où sont issus les " Entretiens " ( Lunyu )
sous forme de maximes et d'aphorismes recueillis par ses
disciples .A la mort du philosophe la maison natale de
Confucius fut transformé en temple funéraire par sa famille
et ses disciples perpétuèrent son enseignement .A la fin du
Ve siècle plusieurs écoles installées à Qufu perpétuaient
l'enseignement du maître sous l'autorité de Zigong , Zixia ,
Ziyou , Zisi . La résidence des descendants de Confucius ,
embellie à différentes époques , est un véritable palais (
1522-1567 ) construit sous les Ming .Le temple de Confucius
était jusqu'à une époque récente le lieu d'un culte officiel
dont le prêtre était l'empereur .A l'origine il s'agissait
d'un modeste sanctuaire construit par la famille du
philosophe peu après sa mort survenue en 479 av. JC .Le
bâtiment connut depuis 61 reconstructions , restaurations et
agrandissements jusqu'au XVIIIe siècle .Il couvre 210000 m2
de superficie et comprend 466 salles , pavillons , kiosques
et tours ainsi que 54 portes et portiques à l'intérieur
d'une enceinte .
La Chine du sud
Shanghai
C'est une des plus grandes villes du Monde
comprenant plus de 6 millions d'habitants répartis sur 150
km2 et une mégalopole de 6100 km2.La ville est située au
milieu de la façade maritime de la Chine à mi-chemin des
provinces et des villes principales de la Chine du Nord , de
l'ouest et du sud , face au Japon et au débouché de l'artère
vitale que constitue le Fleuve Bleu ( Yang-Zi ) . La ville
s'étend sur la rive gauche du Huang-Pu , une rivière qui se
jette 28 kilomètres plus loin dans l'estuaire du Yang-Zi ce
qui met le port de Shanghai à 80 kilomètres de la mer .
Aux XIIIe-XVe siècles la ville était un modeste village de
pêcheurs .Le port s'anima au XVIIe et surtout au XIXe siècle
après 1842 et la prise du port par les anglais ( Guerre de
l'Opium ) et la signature du traité de Nankin imposant
l'ouverture de 5 ports ( dont Shanghai ) au commerce
international . Les occidentaux s'installèrent dans des
concessions spacieuses ( les anglais au nord de la vieille
ville , les français au sud-ouest en 1847-1849 , les
japonais au nord vers 1895 ) . Vers 1900 350 000 personnes y
vivaient dont 7000 étrangers .L'administration des
concessions échappait au gouvernement chinois . En 1932
Albert Londres pouvait écrire : " ville américaine ,
anglaise , française , italienne , russe , allemande ,
japonaise , et , tout de même , un peu chinoise , Shanghai
est un phénomène sans pareil au Monde …Déesse à 20 têtes et
144 bras, les yeux avides et les doigts palpant des dollars
" . C'est à Shanghai que le 1er juillet 1921
naquit le Parti communiste chinois au cours de la réunion de
son premier congrès .C'est de Shanghai que partit beaucoup
plus tard la Révolution culturelle ( 1966(1976 ) .
Le Bund ( rebaptisé Zhong Shan Donglu ) est le
front de mer où s'alignent les édifices prestigieux de la
ville .De style mi-londonien , mi-munichois , ils étaient le
siège des grandes banques , des clubs , des grandes
compagnies , …A l'extrémité sud du Bund s'étend la vieille
ville .Elle abrite le musée de Shanghai un des plus riches
de la Chine , surtout connu pour ses collections de bronzes
antiques .Le bronze était , pour les chinois , imprégné d'un
pissant symbolisme et les vases qu'il servait à manufacturer
investis d'une signification politique ,religieuse ,
économique et sociale .En un mot ils appartenait au domaine
sacré des rites . Ainsi le concept de royauté était exprimé
par la possession de neuf tripodes de bronze ., les princes
avaient droit à sept tripodes , les grands barons et les
officiers à cinq , etc…
Canton (
Guangzhou )
La ville est la métropole de la Chine du sud
.Selon une légende elle occupe le lieu où 5 immortels montés
sur des chèvres vinrent apporter aux hommes des épis de mais
. L'essor de la ville date des Tang , surtout à partir de
714 quand le port fut déclaré accessible aux étrangers
arabes et persans qui le connaissaient sous le nom de Khanfu
. On y trouvait aussi des marchands vietnamiens , malais et
d'autres venus d'Indonésie , d'Inde et de Ceylan pour y
faire le commerce de la soie , du thé , des porcelaines , …
Canton comptait alors 200000 habitants . C'est durant l'ère
Yongle sous les Ming (1403-1424 ) que Canton connut une
nouvelle période de prospérité au moment des grands voyages
maritimes de Zheng he ( 1371-1434 ) , un eunuque musulman
qui dirigea sept expéditions vers le sud-est asiatique ,
l'Inde et jusqu'en Arabie . La Chine en retira un immense
prestige et Zheng He est encore vénéré dans les tempes sous
le nom de Sangbao.
Au XVIe siècle arrivèrent les commerçants portugais , suivis
par les espagnols et les hollandais (XVIIIe siècle ) , ainsi
que par les anglais , les français et les américains . Avec
les marchands arrivèrent les missionnaires dont le jésuite
Mattéo Ricci ( 1552-1610 ) . Au XVIIIe siècle c'est le
commerce du thé qui assurait l'essentiel de la prospérité de
Canton où de puissantes associations marchandes
entretenaient des relations avec la compagnie des Indes
orientales ( East India Company ) qui y avait ouvert un
comptoir en 1715. C'est par Canton que s'organisa le trafic
de l'opium introduit en contrebande par les anglais à partir
de l'Inde dès 1713 malgré les interdictions répétées du
gouvernement chinois ( 275 tonnes en 1817 , 6250 tonnes en
1873 ) . C'est la destruction de 20000 caisses d'opium par
le mandarin Lin Zexu en 1839 qui provoqua la première guerre
de l'opium ( 1839-1842).
Canton fut aussi une ville révolutionnaire .C'est à Canton ,
en 1911 qu'eut lieu le soulèvement du 11 avril organisé par
Sun Yat Sen contre la dynastie mandchoue .C'est aussi à
canton que le parti national du Peuple ( Kouo Mintang (
Guomindangh ) ) fut fondé en 1900 par le docteur Sun Yat Sen
, réorganisé par Jing Jieshi ( Tchang Kai Chek ) et put
s'imposer aux seigneurs de la guerre et aux communistes (
écartés en 1926 et écrasés en 1927 ) . Les communistes
avaient organisé à canton l'Institut national du Mouvement
paysan ( juillet 1924 ) véritable école des cadres du parti
dont Mao zedong fut le premier directeur .
Canton a conservé sa tradition commerciale en organisant
chaque année deux grandes foires internationales dans le
palais des expositions , véritable vitrine de l'économie
chinoises . A proximité de la ville plusieurs zones
économiques spéciales ( Z.E.S. ) ont été aménagées , dont
celle de Shenzhen , proche de HongKong et ouvertes aux
investissements étrangers favorisant l'essor du tourisme
d'affaires .
Canton est aussi une ville historique doté d'un
riche patrimoine dont : - le musée et le tombeau de Chao Mei
, deuxième empereur de la dynastie des Yu du sud .La tombe
fut découverte en 1981 lors de la construction de l'hôtel de
Chine et fouillée en 1983.Un musée y fut aménagé en 1985 ; -
le mémorial de Sun Yat Sen est un vaste bâtiment octogonal à
tuiles vernissées de bleu , bâti en 1929-1931 pour
commémorer le souvenir de Sun Yat Sen , disparu en 1925 ; -
le temple des six banians ( Liurongsi ) fondé en 537 au
temps des dynasties du sud ( Nanchao ) .Il fut incendié et
rebâti en 989 sous le nom de temple de la sagesse
purificatrice .Il était un haut lieu de l'école du Dhyâna (
Chan en Chine et Zen au Japon ) , école de méditation
introduite d'Inde en Chine par le moine Bodhidharma ( 520 ou
529 ) considéré comme le premier patriarche de la secte Chan
.C'est une pagode , haute de 57 mètres à 8 étages extérieurs
et surmontée d'une colonne en bronze dite des 1000 bouddhas
, ajoutée en 1358 , - L'institut national du mouvement
paysan fondé en 1924 dans un ancien temple de Confucius
d'époque Ming .Dirigé en 1925 par Mao , d'autres hommes
politiques y enseignèrent dont Zhou en lai , Guo Moruo , …
On y montre la chambre occupée par Mao . Non loin se trouve
le musée de la révolution construit en 1969 et illustrant
l'histoire du mouvement révolutionnaire chinois.
La Route de
la Soie
C'est un réseau de pistes caravanières et de
chemins , un trait d'union de 8000 kilomètres entre
Chang'han ( Xian ) et la Méditerranée .Des soieries de chine
, mais aussi les ivoires , des laques , des épices , des
bois précieux , etc… y transitaient .Les marchandises
étaient transportées à dos de chameaux ou dans des chariots
à roues en bis . Caravaniers et convoyeurs étaient des
nomades .Ils effectuaient généralement le transport d'une
ville à une autre , les marchandises étaient transbordées
après u dépôt plus ou moins long dans les caravansérails
.Les chinois construisirent de nombreux forts , casernes et
tours de guet le long de la partie chinoise de la route .On
communiquait entre deux postes au moyen de fanions et de
fumée en plein jour et de feux durant la nuit .La branche
chinoise de la route de la soie fut ouverte sous les Han de
l'ouest ( 206 av. - 8 ap. J.C ) . partant de Chang'an , elle
remontait la vallée de la Wei , empruntant le corridor du
Hexi dans le Gansu , passait par Dunhuang , , contournait le
désert du Takla-Makan par le nord et par le sud . Elle
traversait les oasis du Xinjiang jusqu'au Ferghana , une
dépression entre le Tian shan et le Pamir .Au-delà elle
gagnait la Perse , la Mésopotamie et les ports de Tyr , de
Sidon , Béryte et Antioche sur l'Oronte .
Dunhuang et
les grottes de Mogao
C'est un ensemble monastique dont les premiers
travaux d'aménagement remontent aux environs de 366 ap.J.C
.de grandes compositions y expriment un enseignement
transcendant issu du bouddhisme Mahayana et en particulier
le culte des boddhisattva : Guanyin ( Avalokitésvara ) ,
Puxion ( Samantabhadra ) , Wenshu ( Manjushiri ) , etc… Les
grottes furent occupées par des tibétains de 790 à 851.Elles
abritaient plusieurs dizaines de milliers de manuscrits .Ils
furent découverts accidentellement en 1899 dans une annexe
murée de trois mètres de côté par un moine taoïste .Ils
avaient été probablement cachés au moment de l'invasion du
Gangsu par les Tangut en 1035-1036 . 80% des manuscrits sont
chinois. Le plus ancien date de 406 et le plus récent
remonte à 104 . Il sont d'un intérêt capital pour l'étude de
la société chinoise du Ve au Xe siècle .Beaucoup de
manuscrits concernent la vie de la communauté bouddhique :
textes canoniques , rituels , sutras apocryphes .
Les grottes de Mogao ou "Grottes des 1000
bouddhas" sont situées à 35 kilomètres de Dunhuang (parfois
appelé Qianfodong ) .Elles sont creusées sur 1600 mètres en
flanc de falaise surplombant le lit de la rivière Dachuan.
Des 1000 grottes habitées par les moins sous l'impératrice
Wu Zetian ( 684-705 ) , il n'en reste que 492.Elles abritent
plus de 2000 sculptures et 45000 m2 de fresques .La plupart
des grottes ont été taillées sur un plan carré ou
rectangulaire et les plus vastes ont été creusées sous les
Wei nu nord ( 368-534 ) , les Tang ( 618-907 ) et les Song
du nord ( Xe -XIe siècles ).Elles abritent des sculptures ,
des modelages en argiles peints et des peintures .C'est un
ensemble unique en Chine et les plus anciens exemples connus
de peintures de paysage désignés sous le nom de " Shansui" (
" Montagne et eau" ) dès l'époque Tang . La sculpture peut y
prendre des proportions colossales avec des statues de
bouddha de l'époque Tang de 33 et 26 mètres de haut ,
taillés dans un bloc de grès , enduits d'argile modelée et
peints .
Le Tibet
Depuis trois siècles ( 1728-1904 ) le Tibet a
été successivement confisqué par la Chine , puis par la
Grande-Bretagne ( 1904-1950 ) et de nouveau par la Chine (
depuis 1950 ). C’est aujourd’hui une " région autonome", en
fait un véritable protectorat occupé par une armée de 200
000 hommes .
La région fut découverte par l'Occident au XVIIe siècle par
des missionnaires jésuites et capucins ; puis par des
anglais qui y envoyèrent plusieurs missions ( Bogle , Truner
, … ) .Des explorateurs la parcoururent au XIXe siècle (
Mannig , Huc et Gabet , etc… ) .Parmi ces dernières missions
avant l'invasion chinoise celle de l'autrichien Harrer
,accompagné de l'alpiniste allemand Aufschneiter .Ce dernier
s'évada d'un camp anglais de prisonniers allemands et
italiens situé en Inde . Tous deux réussirent une fabuleuse
randonnée à travers le Tibet en plein hiver .Ils demeurèrent
sept ans à Lhassa ( 1944-1957 ) .
La région autonome du Tibet s'étire d'ouest en est sur 2600
kilomètres et 1300 kilomètres du nord au sud .Le Tibet
actuel occupe une superficie de 1,4 million de km2 avec une
altitude moyenne de 5000 mètres . Sa population est estimée
à 2 millions d'habitants . Le Tibet comprend quatre régions
: - le plateau du Changtang ( altitude moyenne : 4500 mètres
) forme le plateau le plus grand et le plus haut du Monde
.Son climat est rude et sec .Il est couvert d'une steppe à "
caragna spinosa" ( ajoncs du Tibet ) , - La dépression de
l'Indus et du Tsangpo constitue le grand axe vital et
historique du pays au pied septentrional de l'Himalaya
empruntée par trois grands fleuves , indiens par la suite ,
: L'Indus , le Satlej et le Brahmapoutre .Sur 1400
kilomètres de long , entre 4860 et 2400 mètres d'altitude ,
le Tsangpo et sa vallée ont cristallisé toute la vie du pays
, - L'Amdo au nord-est se confond avec la province chinoise
du Qinghai .C'est une vaste dépression accidentée de chaînes
de montagnes et parsemée de lacs dont le Koukou Nor., - la
province du Khams plus au sud est entaillée de profondes
gorges entre des chaînes e montagnes avoisinant les 7000
mètres .
Le Tibet apparaît dans l'histoire au VIIe siècle en se
dotant d'une écriture et d'un pouvoir centralisé.Songsten
Gampo ( mort en 640 ) en est le véritable instigateur .Avant
lui le pays était morcelé en petites principautés féodales
rivales .La religion est le Bon animiste . Du VIIe au Ixe
siècle le royaume tibétain connut un important développement
culturel au contact du monde indien , de l'Iran sassanide ,
de la Chine des Tang , …
Le Bouddhisme fut introduit au Tibet sous le règne de
Songsten Gampo et de ses successeurs Thisong Detsen (
755-797 ) et Ralpachen ( 815-838 ) .Le Bouddhisme persécuté
par le roi Langdarma ( 838-842 ) disparut avant de renaître
à la fin du Xe siècle ( " la diffusion ultérieure" ) . De
nombreux textes sanscrits furent traduits en tibétain et de
nouvelles communautés monastiques furent alors fondées avec
l'appui de puissantes personnalités : le tibétain Rinchen
Sangpo 958-1055) et l'indien Atiça (982-1054 ) .Ce dernier
, versé dans le Tantrisme fonda la secte Kandapa .Au Xie
siècle Marpa ( 1012-1079 ) fonda la secte des Kagyupa avec
son disciple le poète et ascète Milarepa .Les Xie et XIIe
siècles furent une période d'effervescence religieuse qui
vit divers ordres religieux s'affronter pour la conquête du
pouvoir : Sakyapa , Kadampa , Kagyupa , Karmapa , …Le
bouddhisme tibétain fut réformé par Tsong Kapa ( 1357-1419 )
dont l'ordre religieux les Gelugpa ( " bonnets jaunes " )
joua vite un rôle dominant .Tsong Kapa imposa à ses adeptes
une discipline rigoureuse : célibat obligatoire , alcool
prohibé , …Il purifia le dogme et fixa un nouveau canon
.C'est au XVe siècle qu'apparurent les premiers Dalaï lama
relevant exclusivement des « bonnets jaunes » . L'actuel
Dalai-Lama , exilé en Inde depuis 1959 , est né en 1935 et
est le 14e du titre ) . Le Panchen-Lama résidait
, quant à lui , au monastère de Tashilumpo , non loin de
Shigatse , à 220 kilomètres de Lhassa. Sa position
religieuse était supérieure à celle du Dalaï Lama , en
charge quant à lui de l'autorité temporelle et
administrative.
Lhassa ( 3700 mètres d'altitude et 60 000
habitants ) est la capitale politique , culturelle ,
économique et religieuse du Tibet .Au centre de la ville se
trouve le Barkor ( ou Parkor ) , une rue circulaire
enserrant le temple le plus sacré du Tibet , le Johkang (
Tsulhukang ou Zuglakang ) fondé en 642 par Songsten Gampo
pour marquer l'arrivée de la princesse népalaise bouddhiste
Bhrikuti Devi , son épouse . Le temple abrite la statue de
Cakyamuni qui aurait été apporté de Chine en 641 par la
princesse Weng Chen , autre épouse de Songsten Gampo .

Le Potala est l'édifice le plus spectaculaire et
le plus connu de Lhassa . Un palais existait déjà à cet
emplacement dès le VIIe siècle. L'édifice actuel fut érigé à
la fin du XVIIe siècle par le 5e Dalaï Lama.
Palais , monastère , forteresse te prison à la fois , le
Potala se dresse à 18 mètres de haut et développe près de
400 mètres de façade face au sud et à la ville . Il est fait
de plusieurs édifices emboîtés les uns dans les autres .Au
centre , dans le Palais rouge , sont abrités huit chorten
contenant les restes de certains pontifes .Le plus grand ,
celui du grand treizième ( mort en 1933 ) atteint une
hauteur de 25 mètres et s'enfonce de plusieurs étages à
l'intérieur du Potala .
Gyatse ( Jiangzi ) se trouve à 370 kilomètres de
Lhassa .La ville est connu pour son grand chorten d'or , le
Kumbum ou " temple des 100000 images de Bouddha" .L'édifice
fut érigé en 1439 et dresse à 33 mètres de hauteur son
parasol conique puis discoïde .Le bâtiment a une structure
pyramidale consistant en quatre étages superposés en
retraits successifs percés de 108 portes donnant sur 73
chapelles abritant des peintures et des sculptures .

1- Les sites
chinois inscrits sur la liste du Patrimoine Mondial UNESCO
1987 La Grande Muraille
1987 Mont Taïshan
1987 Palais impérial des dynasties Ming et Quing
1987 Grottes de Mogao
1987 Mausolée du premier empereur Qin
1987 Site de l'homme de Pékin à Zhoukoudian
1990 Mont Huangshan
1992 Région d'intérêt panoramique et historique de la vallée
de Jiuzhaigou
1992 Région d'intérêt panoramique et historique de Huanglong
1992 Région d'intérêt panoramique et historique de
Wulingyuan
1994 Résidence de montagne et temples avoisinants à Chengde
1994 Temple et cimetière de Confucius, et résidence de la
famille Kong à Qufu
1994 Ensemble de bâtiments anciens des montagnes de Wudang
1994, 2000, 2001 Ensemble historique du Palais du Potala,
Lhassa
1996 Parc national de Lushan
1996 Paysage panoramique du mont Emei, incluant le paysage
panoramique du Grand Bouddha de Leshan
1997 Vieille ville de Ping Yao
1997, 2000 Jardins classiques de Suzhu
1997 Vieille ville de Lijiang
1998 Palais d'Été, Jardin impérial de Beijing
1998 Temple du Ciel, autel sacrificiel impérial à Beijing
1999 Mount Wuyi
1999 Sculptures rupestres de Dazu
2000 Mont Qingcheng et système d’irrigation de Dujiangyan
2000 Anciens villages du sud du Anhui - Xidi et Hongcun
2000 Grottes de Longmen
2000 Tombes impériales des dynasties Ming et Qing
2001 Grottes de Yungang

2
- Le Tao Te King ( Extraits )
" La voie que l'on peut
décrire
n'est pas la voie
éternelle.
Le nom qui peut la
nommer
n'est pas un nom
éternel.
Sans nom,
elle est le commencement du ciel et de la terre.
Ayant un nom,
elle est la mère de dix mille êtres.
Ainsi, être éternellement sans désirs,
pour contempler son excellence.
Avoir éternellement des désirs,
pour contempler sa frontière.
Ces deux sont issus du même,
mais leurs noms sont différents.
Ce même s'appelle obscurité,
obscurité dans l'obscurité,
accès à de nombreuses merveilles.
( … )
Sous le ciel, ils savent tous ce qui fait bien et ils font ce qui
fait bien,
c'est le mal.
Ils connaissent tous la bonté et pratiquent la bonté,
ce n'est pas de la bonté.
Ainsi, avoir et n'avoir pas s'engendrent l'un l'autre.
Le difficile et le facile se transforment l'un en l'autre.
Le durable et l'éphémère se forment l'un l'autre.
Le haut et le bas s'inclinent l'un vers l'autre.
La voix et le ton s'accordent l'un l'autre.
L'avant et l'arrière se suivent l'un l'autre.
C'est pourquoi l'homme sacré se débrouille sans agir, sans affaires.
Il marche sans parler, sans enseigner.
Dix mille êtres produisent ici sans faire de commencement,
engendrent sans posséder,
agissent sans fiabilité.
Le mérite est accompli, mais il n'est pas résident.
L'époux qui est seul n'est pas résident,
c'est pourquoi il ne part pas.
( … )
Ne pas estimer la compétence,
c'est dire au peuple de ne pas rivaliser.
Ne pas admirer les biens de grande valeur ou difficiles à
obtenir,
c'est dire au peuple de ne pas commettre de vol.
Ne pas voir ce qu'on pourrait désirer,
c'est dire au peuple de ne pas troubler son cœur.
C'est pourquoi le gouvernement de l'homme sacré:
son cœur est vide, son abdomen est dur,
son ambition est faible, ses os sont solides.
Toujours s'adresser au peuple sans savoir, sans désir.
Également dire à l'époux de ne pas oser faire le sage.
Agir sans agir,
sans règles, pas de gouvernement
( … )
La bonté supérieure est comme l'eau.
L'eau est bonne et favorable envers dix mille êtres, sans
rivaliser.
Elle s'accommode avec de nombreuses personnes d'endroits
douteux.
Ainsi peu sont sur la voie.
Réside sur un bon terrain,
mets ton cœur dans un bon abîme.
Donne de bonne grâce
ta parole de bonne foi.
Droit et bon gouvernement,
une profession de bon niveau.
Bouge aux bons moments.
L'époux qui est seul ne rivalise pas,
ainsi il est irréprochable.
( … )
Trente rayons se partagent un moyeu,
qui doit être vide,
pour avoir un véhicule utile.
On forme l'argile pour faire un récipient,
qui doit être vide,
pour avoir un récipient utile.
On perce une porte et une fenêtre pour faire une chambre,
qui doit être vide,
pour avoir une chambre utile.
Ainsi il faut avoir pour faire des faveurs,
être vide pour faire des choses utiles
( … )
Qui regarde sans voir son nom,
on dit que c'est un étranger.
Qui écoute sans entendre son nom,
on dit qu'il est étrange.
Qui s'est battu sans se faire un nom,
on dit qu'il est minuscule.
Ces trois ne peuvent être interdits,
ainsi ils se mélangent et font un.
Sa partie supérieure n'est pas éclairée,
Sa partie inférieure n'est pas cachée.
Le cordon qui retient et que l'on ne peut nommer,
se retourne et revient à l'intérieur sans l'être.
Il est justement appelé forme sans forme,
Il ne ressemble à aucun être.
Il est justement appelé incertitude, confusion.
On le rencontre sans voir sa tête,
On le suit sans voir son dos.
Tenir la voie ancienne,
pour conduire le présent et le posséder.
Pouvoir connaître l'origine ancienne,
est justement appelé la voie fondamentale.
(… )
La vertu est un creux et une apparence.
Seul la voie suit correctement ...
la voie et fait un être,
aux pensées confuses, aux pensées incertaines.
Incertitude ... confusion ...
Son centre possède une ressemblance,
confusion ... incertitude ...
Son centre possède un être,
renfermé ... et sombre ...
Son centre possède une essence.
Son essence est très réelle.
Son centre possède la confiance ...
en soi ancienne qui atteint le présent.
Elle ne se débarrasse pas de son nom
pour vivre de nombreux commencements.
Pourquoi ai-je connu de nombreux commencements et formes ?
Pour ceci.
(… )
Qui se tient sur la pointe des pieds ne se tient pas debout.
Qui fait de grandes enjambées ne marche pas.
Qui se voit lui-même ne voit pas clair.
Qui est lui-même ne se révèle pas.
Qui n'est pas entier est sans mérite.
Qui s'apitoie sur lui-même n'est pas durable.
Eux aussi se tiennent sur la voie,
ils disent que marcher sans nécessité est un repas superflu.
Ils sont peut-être de mauvais êtres,
ainsi ils ne s'entendent pas avec celui qui est sur la voie.
( … )
Bien marcher, sans ornières et sans traces.
Bien parler, sans erreurs et sans blâmes.
Bien calculer ne nécessite ni baguettes, ni planche.
Bien fermer sans barrière, mais le verrou ne peut être
ouvert.
Bien lier sans corde, mais l'accord ne peut être délié.
C'est pourquoi l'homme sacré est toujours un bon homme de sauvetage,
ainsi l'homme n'est pas abandonné.
Il est toujours un bon être de sauvetage,
ainsi l'être n'est pas abandonné.
On dit justement qu'il a hérité la brillance.
Ainsi celui qui est bon,
n'est pas l'enseignant de ceux qui sont bons.
Celui qui n'est pas bon,
soutient ceux qui sont bons.
Son enseignant n'est pas cher,
et il n'aime pas son soutien.
Quoique la grande sagesse rende confus,
on dit justement qu'elle exige l'excellence.
( … )
Manier le désir, c'est saisir sous le ciel, ainsi qu'y agir.
Je vois qu'il cesse de ne rien obtenir.
Il ne peut pas faire non plus
le réceptacle de l'esprit sous le ciel.
Ce qui fait celui qui est vaincu,
qui tient ce qui perd.
Ainsi l'être
marche peut-être, suit peut-être,
soupire peut-être, souffle peut-être,
est peut-être fort, est peut-être maigre,
est peut-être soumis, est peut-être détruit.
C'est pourquoi l'homme sacré
quitte le point culminant,
quitte le somptueux,
quitte la sécurité.
( … )
Qui connaît les hommes est sage,
qui est lui-même un sage est lumineux.
Qui vainc les hommes possède la puissance,
qui se vainc soi-même est fort.
Qui sait assez est riche,
qui marche avec force possède la volonté.
Qui ne perd pas sa place dure longtemps,
qui meurt mais ne s'enfuit pas vit longtemps
( … )
La vertu supérieure n'est pas la vertu,
c'est pourquoi elle possède la vertu.
La vertu inférieure ne perd pas la vertu,
c'est pourquoi elle est sans vertu.
La vertu supérieure reste sans agir,
donc pour agir, elle n'est rien.
La vertu inférieure est pratiquée,
donc pour agir, il faut la posséder.
L'humanité supérieure est pratiquée,
mais pour agir, elle n'est rien.
La justice supérieure est pratiquée,
donc pour agir, il faut la posséder.
Le rite supérieur est pratiqué,
mais ne leur répond pas.
La règle résiste du bras, mais elle est jetée.
Ainsi, perdre la voie, mais après la vertu,
perdre la vertu, mais après l'humanité,
perdre l'humanité, mais après la justice,
perdre la justice, mais après le rite.
L'époux est un homme de rites,
sa loyauté et sa confiance sont insignifiantes,
mais elles lui embrouillent la tête.
Devant l'homme de savoir,
fleurit sa voie,
mais au début, il est idiot.
C'est pourquoi l'époux, grand par la taille,
se débrouille avec son épaisseur,
ces choses insignifiantes n'y demeurent pas,
se débrouille avec sa solidité,
ses fleurs n'y demeurent pas.
Ainsi il quitte cela et prend ceci. "
3-LES
ENTRETIENS DE CONFUCIUS ( EXTRAITS )
I.6. Le Maître dit : « Un jeune homme, dans la maison, doit aimer et
respecter ses parents. Hors de la maison, il doit respecter
ceux qui sont plus âgés ou d’un rang plus élevé que lui. Il
doit être attentif et sincère dans ses paroles ; aimer tout
le monde, mais se lier plus étroitement avec les hommes
d’humanité. Ces devoirs remplis, s’il lui reste du temps et
des forces, qu’il les emploie à l’étude des lettres et des
arts libéraux. »
( … )
II.1. Le Maître dit : « Celui qui gouverne un peuple par la Vertu
est comme l’étoile polaire qui demeure immobile, pendant que
toutes les autres étoiles se meuvent autour d’elle. »
( … )
II.4. Le Maître dit : « À quinze ans, ma volonté était tendue vers
l’étude ; à trente ans, je m’y perfectionnais ; à quarante
ans, je n’éprouvais plus d’incertitudes ; à cinquante ans,
je connaissais le décret céleste ; à soixante ans, je
comprenais, sans avoir besoin d’y réfléchir, tout ce que mon
oreille entendait ; à soixante-dix ans, en suivant les
désirs de mon cœur, je ne transgressais aucune règle. »
( … )
II.13. Tzeu koung ayant demandé ce que doit faire un homme
honorable, le Maître répondit : « L’homme honorable commence
par appliquer ce qu’il veut enseigner ; ensuite il
enseigne. »
( … )
II.14. Le Maître dit : « L’homme honorable aime tous les hommes et
n’a de partialité pour personne. L’homme de peu est partial
et n’aime pas tous les hommes. »
( … )
II.15. Le Maître dit : « Étudier sans réfléchir est une occupation
vaine ; réfléchir sans étudier est dangereux. »
( … )
IV.10. Le Maître dit : « Dans le gouvernement d’ici-bas, l’homme
honorable ne veut ni ne rejette rien avec opiniâtreté. La
justice est sa règle. »
( … )
IV.11. Le Maître dit : « L’homme honorable aspire à la perfection,
et l’homme de peu, à la terre ; l’homme honorable s’attache
à observer les lois, et l’homme de peu, à s’attirer des
faveurs. »
( … )
IV.16. Le Maître dit : « L’homme honorable considère les choses à
travers la justice, et 1’homme de peu à travers son
intérêt. »
( … )
IV.17. Le Maître dit : « Quand vous voyez un homme sage, pensez à
l’égaler en vertu. Quand vous voyez un homme dépourvu de
sagesse, examinez-vous vous-même. »
( … )
VI.24. Tsai Ngo dit : « Un homme honorable auquel on annoncerait que
la vertu d’humanité est au fond d’un puits, y descendrait-il
pour la chercher ? » Le Maître dit : « Pourquoi agirait-il
ainsi ? Un homme honorable, en recevant cette annonce,
pourra se déterminer à aller au bord du puits, mais ne s’y
jettera pas lui-même. Il pourra être trompé, mais non être
aveuglé. »
( … )
IX.27. Le Maître dit : « Un homme éclairé n’hésite pas ; un homme
honorable est exempt de soucis ; un homme courageux n’a pas
peur. »
( … )
XII.21. Fan Tch’eu demanda en quoi consiste la vertu d’humanité.
« Elle consiste à aimer les hommes », répondit le Maître.
Fan Tch’eu demanda en quoi consiste la connaissance. « Elle
consiste à connaître les hommes », répondit Confucius. Fan
Tch’eu ne comprenant pas, le Maître dit : « En élevant aux
charges les hommes droits, et en écartant les méchants, on
peut déterminer les méchants à se corriger. » Fan Tch’eu,
s’étant retiré, alla trouver Tzeu hia, et lui dit : « Tout à
l’heure, j’ai été voir le Maître, et lui ai demandé en quoi
consiste la connaissance. Il m’a répondu : "En élevant aux
charges les hommes droits et en écartant les méchants, on
peut déterminer les méchants à se corriger." Que signifient
ces paroles ? » Tzeu hia dit : « Ces paroles sont pleines de
sens : Quand Chouenn régnait sur le monde, il choisit Kao
iao d’entre la multitude et le promut au rang de ministre ;
les méchants s’en allèrent bien loin. Quand Tang régnait sur
le monde, Il choisit I’un d’entre la multitude et le promut
au rang de ministre, tous les méchants disparurent. »

4-TEXTES SUR
LE BOUDDHISME
Images de
l'absolu
" Parfois vient à l'esprit l'image de repas.
Dès que vient à l'esprit l'image de repas,
Nourris-toi d'absorption sans faille.
Tout délice est fiction, sache-le !
Toute image, vois-tu, est reflet d'absolu.
Parfois vient à l'esprit l'image d'un habit.
Dès que vient à l'esprit l'image d'un habit,
Revêts la joie chaude de toumo.
Toute étoffe est fiction, sache-le !
Toute image, vois-tu, est reflet d'absolu.
Parfois vient à l'esprit l'image de pays.
Dès que vient à l'esprit l'image de pays,
Adopte le stable état du dharmata.
Toute patrie est fiction, sache-le !
Toute image, vois-tu, est reflet d'absolu.
Parfois vient à l'esprit l'image de richesse.
Dès que vient à l'esprit l'image de richesse,
Prends possession des sept joyaux.
Tout trésor est fiction, sache-le !
Toute image, vois-tu, est reflet d'absolu.
Parfois vient à l'esprit l'image de compagnie.
Dès que vient à l'esprit l'image de compagnie,
Soit le servant de la sagesse.
Tout affection est fiction, sache-le !
Toute image, vois-tu, est reflet d'absolu.
Parfois vient à l'esprit l'image du Lama.
Dès que vient à l'esprit l'image du Lama,
Prie-le au sommet de ta tête, ne t'en sépare pas.
Médite-le au coeur et ne l'oublie jamais.
Le Lama même est illusion, fiction de rêve
Tout est fiction, sache-le ! "
Milarépa
Méditation.
Jetsun Milarépa
( traduction par le comité Lotsawa, novembre 1989, extrait
de la revue Dharma no 7)
Ce chant s'inscrit dans une série d'enseignements donnés par
Milarépa à différents érudits jaloux de lui. La question qui
lui suggéra ce chant émanait d'un visiteur qui intervenait
dans la controverse engagée entre trois enseignants et le
grand yogi. Il se demandait quelle était l'intelligence de
Milarépa puisqu'il ne se présentait pas comme un
intellectuel et qu'il semblait de ce fait un etre assez bete.
Il requit de Jetsun une description de sa méditation de
mahamudra.
" Dans la méditation de mahamûdra, je demeure :
Sans effort, en le mode d'être fondamental,
Détendu, dans l'état sans distraction,
Lucide, en la vacuité,
Connaissant, dans la sphère de félicité,
Lumineux, en l'état de non pensée,
Equanime, en toute situations.
En l'esprit- même qui demeure ainsi,
En ses multiples aspects, une compréhension illimitée
s'élève;
Et, en sa luminosité, s'accomplit sans effort l'activité
éveillée.
Quel bonheur que ce fruit qui n'est pas resté simple
souhait!
Quel plaisir que cet abandon des espoirs et des craintes
dualistes!
Quelle joie les illusions apparaissant comme connaissance
primordiale!


Liens cartographiques
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