Le tourisme est la troisième
source de devises du Pérou après les mines et la pêche,
cette activité représente 5,6% du PIB. En 2010 le Pérou a
accueilli près de 3 millions de touristes (contre 1210000 en
2004 et 552 000 en 1996). La croissance de la fréquentation
touristique a débuté dans les années 1990 avec la
stabilisation de l'économie, l'amélioration de la situation
politique et la construction d'infrastructures touristiques.
I - GEOGRAPHIE GENERALE
Le nom Pérou dérive de Birú, appellation d’un cacique indien
qui vivait près de la baie de San Miguel (Panamá), au début
du XVIe siècle. Lorsque les conquistadors espagnols les ont
parcourus en 1522, les territoires de ce chef local
formaient l’extrémité la plus méridionale du Nouveau Monde.
Les Indiens de la zone rapportèrent aux espagnols
l’existence d’un riche et lointain royaume. Le nom passa
dans le langage courant de l’époque pour désigner un
territoire légendaire situé tout au sud de l’isthme de
Panamá. Par suite, Pizarro et ses hommes, au lendemain de la
chute de l'Empire Inca en 1532, employèrent le nom Pérou
pour désigner les nouvelles terres conquises.
Limités au nord par
l’Equateur et la Colombie, au sud par le Chili, à l’est par
le Brésil et la Bolivie et à l’ouest par la Bolivie, les
1285 216 km2 (3e rang des pays d’Amérique du sud)
du Pérou, disposés de l’équateur au 18e degré de
latitude sud, se répartissent entre: le désert pacifique,
comprenant une trentaine d’oasis et coincé entre les
Andes et l’Océan couvre 15 % de la surface péruvienne;
les Andes, larges de 300 à 400 km dans le Sud, où aucun col
ne descend au-dessous de 4000 m dans le Sud et le Centre,
mais dont la largeur diminue dans le Nord en même temps que
l'altitude s'abaisse; les plaines et les collines forestières
de l’Amazonie, à l’est, qui occupent plus de 60% de la
superficie totale du pays .
L’importance démographique et économique de chacun de ces
ensembles géographiques est inversement proportionnelle à la
surface qu’il occupe. Dans tout le pays la population se répartit en
archipels, densément peuplés et séparés par des espaces
inhabités. En 2008, sur une population de près de
29 millions d’habitants. Près de 50% vivent sur les 8000 km2
des oasis du désert côtier, mais la plus grande partie
réside dans les villes: Lima, la capitale, rassemble, en
2009, plus de 10 millions d’habitants. Les Andes comptent
7 millions d’habitants; il s’agit de populations surtout
indiennes et rurales, qui occupent les hautes plaines
proches du lac Titicaca dans le Sud, les vallées et les
bassins du Centre, les versants des montagnes
septentrionales. Par contre les vastes étendues
forestières de l’Amazonie sont quasiment vides. La population
se regroupe le long des rivières ou bien encore dans la région
préandine de la Ceja de Montaña, à proximité
des nouvelles routes ouvertes dans la forêt.
L’un des problèmes du Pérou est l’articulation du territoire
national à partir de ces trois ensembles géographiques,
différents à la fois par les données naturelles, par les
formes d’occupation du sol et par le dynamisme économique, mais qui sont parfois complémentaires.
Quelques chiffres suffisent à montrer l’ampleur des transformations
subies par le Pérou à l'époque contemporaine. En 1940, le pays
comptait 6,2 millions d’habitants; aux environs de 20
millions en 1983
et plus de 29 millions d'habitants en 2008. En
1940, moins d’un million de Péruviens vivaient dans des
villes de plus de 20000 habitants et les deux tiers étaient
concentrés à Lima. En 1983, la population des agglomérations
de 20000 habitants et plus dépassait les dix millions
d’habitants dont la moitié résidait dans la capitale. En
2007 la part de la population urbaine s'élevait à 74%. Dans
les années 80 il y avait 65% d’habitants dans les Andes,
28 p. 100 sur la côte, 7% dans les régions forestières.
Actuellement plus de 50% de la population vit dans les
oasis, mais les 7/8 en ville, sept à huit
millions dans les Andes, mais qui sont pour les deux tiers
des ruraux, et le reste dans les plaines et collines
de la selva. La densité reste faible, le Pérou étant, avec
23,2 habitants par km2
l'un des pays les moins densément peuplés de
l'Amérique. Cette densité est d'ailleurs très inégale:
élevée dans la côte (242,7 habitants
par km2 à Lima) et elle est infime dans
l'Amazonie péruvienne.
La population totale a triplé en une
quarantaine d’années et a été multipliée par dix dans
les
villes. Ces deux particularités soulignent l’ampleur des problèmes
qu’affronte le pays du fait de la croissance
démographique galopante. Un chômage massif se développe
dans les villes où la population est jeune (plus de 60 % de
moins de 20 ans).
Un pays andin
Les Andes
Le Pérou est très souvent associé aux Andes.
La « sierra » (montagne) abrite 30 % de population et
occupe 30 % de superficie totale du pays.
Les Andes péruviennes sont un segment des cordillères pacifiques qui s’étendent de
l’Alaska à la Terre de Feu. Elles se
caractérisent par leur masse et par leur continuité,
traversant le territoire national de la Bolivie à
l’Équateur. En Amérique du sud cette chaîne de montagnes
s’amorce au Venezuela pour s’achever à la terre de Feu en
traversant pas moins de 7 pays (sur les 14 que compte
l’Amérique du sud).
La surrection des Andes
est liée à l'épisode tectonique
survenu à la fin du Tertiaire et qui s’est
accompagné de la construction de volcans, surtout dans le
Sud. Ce soulèvement se poursuit aujourd’hui et
certaines zones, Pérou occidental surtout, présentent un
risque sismique non négligeable (le 31 mai 1970 un séisme d’une magnitude de 7,8
sur l’échelle de Richter a détruit à plus de 90% le Callejon
de Huaylas dans la Cordillère Blanche provoquant la mort de
70000 personnes).
La cordillère se subdivise en deux branches: la Cordillère
occidentale ou côtière (Pérou) et la cordillère orientale
(Pérou) ou Royale (Bolivie). L’écart entre ces deux chaînes
est occupé par l’altiplano dont l’altitude moyenne oscille
aux environs de 3900 mètres. La Cordillère occidentale
longe le Pacifique. Elle est étroite et très élevée
. Plusieurs sommets dépassent 6500 mètres dont le Huascaran
(6978 mètres). Elle est située sur la ceinture de feu du Pacifique.
L'enneigement y est modérée à cause
de la grande sécheresse de l’air. Elle connaît un froid
intense et sec en hiver (de mai à novembre), les
précipitations y sont faibles, l’ensoleillement très fort et
les nuits très froides (0°C). La cordillère orientale est moins élevée au
centre. Sa largeur avoisine 100 à 150 kilomètres et elle
comprend des hauts plateaux (3500-4000 mètres). Les points
culminants en sont le Salkantay (6271 mètres ) et l' Ausangate (6384 mètres) situés dans la région de Cuzco. Le
rythme climatique est y est de type tropical alternant une
saison des pluies chaude (de novembre à avril) avec une
saison sèche, froide et ensoleillée. Ce sont les cordillères qui
abritent la majeure partie de la faune andine et en
particulier les camélidés : lamas, alpagas et vigognes.
L’étagement climatique caractérise les versants des
cordillères. L’étage Yunga se développe au dessus du désert
côtier (600 mètres au nord, 1200 mètres au centre et 2000
mètres au sud). La végétation y est de type semi-
désertique (cactus cierge, figuier de barbarie, …). Au
dessus survient l’étage Quechua, autour de 2000 mètres au
nord et vers 3000-3400 mètres au sud. C’est un étage tempéré. Dans les vallées (région de Cuzco) la température moyenne
annuelle y est de 12°C et les précipitations avoisinent
600-700 mm. Le climat tempéré et doux a permis le
développement de plaines fertiles. C’est l’étage des céréales (maïs). L’étage puna (ou altiplano ou étage suni) survient vers
3500 mètres. C’est l ’étage de la quinoa et des tubercules. La végétation, dense dans les oasis
de fond de
vallée, s’appauvrit en altitude et cède la place au monte
(sous-bois sec et épineux). C’est l’habitat privilégié des
hommes. Vient ensuite l’étage des roches et des glaciers, à
partir de 4800 mètres dans le sud et à partir de 4200
mètres dans le nord. Il correspond à la limite inférieure
des neiges éternelles (4800 m au nord et 5300 m au
nord). Sur le
versant amazonien de la sierra l’étagement est très
différent en raison de la forte humidité liée à la
condensation de la masse d’air chaud de la civette
amazonienne au contact des terres andines. Les
précipitations annuelles y sont supérieures à 1000 mm et
parfois à 6000 mm. Les versants escarpés abritent une forêt
tropicale humide .
La continuité des reliefs montagneux n’exclut pas aussi une
grande variété d’aspects du sud au nord.
Les Andes méridionales sont larges. Il s’agit de montagnes
sèches. En bordure du lac Titicaca, à
3800 m, la température moyenne annuelle est de 9°C, mais il
faut opposer une saison humide, entre novembre et mai,
pendant laquelle il tombe de 400 à 700 mm d’eau, et une
saison sèche, très lumineuse où les gels nocturnes alternent
avec un fort ensoleillement dans la journée. À l’est, des
cordillères atteignent 5500 m et portent quelques glaciers.
La sierra est le domaine des camélidés. On rencontre au
Pérou deux camélidés sauvages: la vigogne et le guanaco. Le premier a été sauvé
de l’extinction par la création de réserves comme celles de
Pampas galeras et d’Aguada blanca dans le sud du Pérou. Le
lama et l’alpaca
sont les formes domestiquées issues probablement de
croisements effectués à partir de ces deux formes
sauvages. L’unique prédateur des camélidés est le puma
ou cougouar, un grand félidé. L’oiseau emblématique des
Andes est le condor, le plus grand rapace
du Monde (3 mètres d’envergure) qui peut s’élever jusqu’à
5500 mètres d’altitude. Par son envergure, il est le plus
grand oiseau terrestre volant de l'hémisphère ouest, n'étant
dépassé que par l'Albatros hurleur, grand oiseau marin avec
une envergure pouvant aller jusqu'à
3,50 mètres. Le condor des Andes était un oiseau
mythique et vénéré par les Incas.
La population indienne est dense en lisière du lac Titicaca.
Elle est composée de petits
agriculteurs. Une
partie d’entre eux parle l’aymara, d’autres parlent le
quechua, la langue indienne la plus utilisée dans les Andes
péruviennes. Le quechua était la lingua franca de la
civilisation inca, mais non sa langue officielle qui était
l'aymara. L'extension territoriale actuelle du quechua est
due au fait qu'il a été promu au rang de lengua general par
le colonisateur espagnol.
Les plateaux de la puna sont le domaine de l'élevage extensif des moutons, des lamas et des alpagas.
La vallée de l’Urubamba, «vallée
sacrée des Incas», sépare les massifs de la
Cordillère orientale et les plateaux de la région du Cuzco.
C’est une vallée encaissée et densément occupé, à proximité
de laquelle se
trouve l’ancienne capitale incaïque. En 2007, la population
de Cuzco était estimée à 348000 habitants. C'est un
centre administratif, mais aussi un pôle touristique majeur favorisé
par la profusion des monuments incaïques et coloniaux .
Dans les Andes du Centre,
l’opposition reste nette aux étages inférieurs de la
montagne entre le versant pacifique sec et le versant
amazonien, humide et couvert de forêts. Les plus fortes
densités existent dans les bassins situés entre 3000 et
4000 m, notamment dans ceux que draine le Mantaro (région de
Huancayo). La Cordillère Blanche (département d’Ancash)
compte plus de 30 sommets culminant au-dessus de
6 000 mètres, dont le Huascaran qui, avec ses 6 768 mètres,
est le plus haut du pays et le deuxième plus élevé du
continent, après l’Aconcagua en Argentine qui culmine à
6 959 mètres.
Dans les Andes du Nord, les plateaux et les
hautes plaines disparaîssent. Les montagnes forment un ensemble
plus étroit, d’une largeur de 100 à 150 km, dont les crêtes
se tiennent entre 3000 et 4000 m. Elles sont entaillées sur
500 km de long par la vallée du Marañón. Ces montagnes, plus arrosées que
celles du Sud, sont fortement peuplées. Mais les obstacles du
relief, l’absence de ressources minières, la rareté des
villes ont ralenti la mise en place du réseau routier,
entraînant un isolement relatif plus accusé que dans
les Andes du Centre, et font des Andes septentrionales un
secteur oublié de la République péruvienne. Les Andes ne
pèsent guère dans l’économie du Pérou contemporain.
La forêt des plaines de l’Est
La
«selva» (forêt d'Amazonie péruvienne) abrite
10% de population et occupe 60% de superficie totale
du pays.
L'Amazonie péruvienne est constituée des
départements de Loreto, Madre de Dios, San Martín,
Amazonas et Ucayali . Cette région, très différente
des précédentes, est à la fois la plus étendue et la
moins peuplée du Pérou.
Sa nature sauvage empêcha les Incas d'y pénétrer en
profondeur et de la coloniser.
L’Amazonie occupe une vaste zone plane ente 200 et 300
mètres d’altitude. L’unité du vaste ensemble formé par les
plaines de l’Est, qui s’étend sur 700000 km2 (¾ de la
superficie totale) est due à la forêt tropicale
caractérisée par un climat chaud (moyenne annuelle supérieure à 23°C).
Les précipitations dépassent 1500 mm et
peuvent atteindre jusqu’à 6000 mm. La moyenne oscillant entre 2000
et 4000 mm de pluies. Le taux d’humidité y est élevé en
permanence et les températures sont
généralement supérieures à 20°C. La
végétation est abondante et imposante par la
taille qu’elle peut atteindre. Le dénombrement des
espèces animales et végétales n’est pas encore achevé.
Iquitos, sur le Marañón, accessible depuis l’Atlantique par
des navires de mer, est la seule ville importante de la
plaine amazonienne. La population est formée de métis,
petits agriculteurs et seringueiros, installés le long des rivières. Quelques tribus d’Indiens selvatiques nomadisent
encore dans la forêt (selva). La
population est plus dense au pied des Andes, dans les zones
de collines qui s'étagent de 300 à 1200 m.
Des cultures vivrières (manioc, maïs, bananes) voisinent
avec des plantations de café, de thé et de coca. Cependant,
la conquête du domaine forestier péruvien reste difficile
et coûteuse et les échecs ont été nombreux.
Des routes et des aéroports permettent des liaisons. La
«marginale de la selva», axe routier qui fait le pendant
de la «panaméricaine de la côte», relie les zones de
colonisation proches des Andes tandis que des branchements
permettent des liaisons avec les Andes.
La côte
La «costa»
(côte) bordée par l'Océan Pacifique regroupe 60% de
population et représente 10% de superficie totale du pays.
La côte péruvienne se présente sous la forme d’un immense
désert de 3 000 km du nord au sud et d’une extension
maximale de 250 km d’est en ouest. limité par les montagnes.
Le climat désertique est la caractéristique environnementale déterminante de
la frange littorale péruvienne, soumise à l’influence de
l’anticyclone du Pacifique sud et de ses balancements
saisonniers.
Le courant de
Humboldt qui longe la côte péruvienne en hiver refroidit
l'air chaud tropical. Des nuages très bas (moins de 500 m
au-dessus du niveau du sol) et épais se forment alors et
font écran aux radiations solaires. Ainsi Lima a seulement
1284 heures d'ensoleillement par an.
Ce désert littoral est couvert de brumes la plus grande partie de
l’année. Les eaux du Pacifique, à proximité de la côte, ont
des températures inférieures de 7 à 8°C à celles des eaux
tropicales situées à la même latitude. Dérivées vers le
nord-nord-ouest par les alizés, elles sont très
poissonneuses (courant de Humboldt). Dans le Nord, le désert
est plus chaud qu’au sud; à proximité de la frontière
équatorienne, il laisse la place à une steppe. Dans le Sud le désert
s'élève en altitude et l’on passe d’un désert
côtier humide à un désert de montagne, ensoleillé mais marqué
par d'importants contrastes thermiques.
Le désert est traversé par des rivières qui
descendent des montagnes et sont alimentées par les pluies
saisonnières. Les berges de ces cours d'eau sont occupés par
des périmètres irrigués. Ces étendues agricoles sont mises en valeur par une agriculture moderne
(Coton dans les oasis du
Centre et du Nord et canne à sucre et riz dans les
oasis
des départements de la Libertad et de Lambayeque). Jusqu’à
la réforme agraire, 80% de la surface appartenait à des
haciendas, propriétés de familles ou de
grandes entreprises de forme industrielle.
La côte qui, jusqu'au milieu du XXe siècle,
a contribué massivement aux exportations du pays, ne joue
plus qu'un rôle mineur dans l’économie nationale. La costa pèse
cependant sur
l’économie par le poids des centres urbains: les 7/8 de
la population des oasis vivent en zone urbaine. Lima s’étend
sur une trentaine de kilomètres sur les plaines alluviales
du Rimac et du Chillon jusqu’au Pacifique. Port et aéroport
se trouvent au Callao. Lima fut fondée le 18 janvier 1535
par Pizarro, sous le nom de « la Ciudad de los Reyes »
(« la Cité des Rois »). Elle devient la capitale et la ville
principale de la vice-royauté du Pérou et puis celle de la
République, après l’indépendance du pays vis-à-vis de
l’Espagne en 1822. À partir des années 50, l'exode rural et
la croissance de la population locale ont fait exploser les
limites de la ville. La majeure partie
des surfaces urbaines est occupée par des barriadas
(bidonvilles), quartiers
«autoconstruits» par des habitants pauvres. Plus de trois
millions d’habitants y vivent sur les 9 millions que compte
la capitale. La ville est le siège de nombreuses
entreprises minières et de l'industrie de la pêche, le Pérou
étant le premier producteur mondial de farine de poissons et
le deuxième pour le volume des prises. Groupant près du tiers de la
population du pays, Lima concentre les quatre cinquièmes de
l’activité bancaire et la moitié des importations
alimentaires sont destinées à ses habitants.
La cité est souvent le lieu d'implantation des
multinationales à l'échelle des pays andins. Le centre
financier se trouve à San Isidro, tandis que le centre
d'accueil touristique et de la vie nocturne se trouve à
Miraflores, au sud. La stabilité économique a entrainé
un développement important du tourisme d'affaires à Lima, et
la ville fut le siège du congrès de l'APEC en 2008.
II – LE TOURISME INTERNATIONAL
L’historique de la fréquentation touristique
Pendant longtemps et aujourd'hui encore un des problèmes majeurs du Pérou
réside dans son éloignement par
rapport aux pôles émetteurs septentrionaux qui constituent en ce
début du XXIe siècle les grands centres d’émission des
touristes internationaux. A l’image de l’histoire générale
du Tourisme international, celle des flux à destination du
Pérou est très liée au développement des liaisons aériennes.
Jusqu'à la fin des années 1960 les vols long-courrier transatlantiques
étaient réservés à une élite
économique peu nombreuse. Un voyage au Pérou
en provenance d’Europe était avant tout une aventure aérienne couteuse. Les visiteurs qui
venaient au
Pérou étaient soit originaires des pays voisins, soit des
personnes fortunées qui pouvaient s’offrir un
long voyage en avion . Parmi les jeunes latino-américains qui,
à l'époque,
partaient à la découverte de leur continent quelques uns ont
laissé des récits de leurs voyages . C’est le cas d’Ernesto
Guevara qui visita le Pérou en 1952 avec un ami. Guevara
n'était
pas encore le « Che » de la révolution cubaine , mais un
jeune étudiant en médecine venu d'Argentine. Il existait à la même époque un tourisme
organisé en provenance d’Amérique du nord qui venait au
Pérou en avion pour visiter des sites importants tels que
Cuzco et Machu-Picchu .
Dans les années 1970 le nombre
des touristes au Pérou était
faible. Les touristes étrangers étaient
moins de 6000 dans les années 1950 et aux alentours de 30000
à la fin des années 1960. La Corporation du Tourisme du
Pérou estimait les touristes étrangers au Pérou à 16000 en
1965 et à 18400 en 1966. Les touristes étrangers les plus
nombreux étaient, en grande majorité, anglo-saxons.
S’ils représentaient moins du 1/3 des visiteurs
étrangers au Pérou dans les années 1970, ils constituaient
près des ¾ des touristes étrangers venant à Cuzco à la fin
des années 1960. Ces touristes en groupe, riches et assez
âgés , visitaient en général trois lieux: Lima, Cuzco (pour Machu-Picchu) et Iquitos en Amazonie. Les déplacements
entre les villes s’effectuaient en avion et l’hébergement se
faisait dans les hôtels de luxe.
La durée du séjour était généralement réduite car le Pérou
ne constituait qu’une étape d’un circuit latino-américain
plus vaste. Au début des années 1970 les crises politiques
intérieures entraînèrent une chute notable de la
fréquentation nord-américaine.
A partir de 1972 les charters en provenance d’Europe se
multiplièrent accentuant le désenclavement du pays et ouvrant une nouvelle phase de
son histoire
touristique . De 1972
à 1975 la chaîne charter fonctionnait sur trois mois de
juillet à septembre, puis à partir de 1975-1976, les vols
sont devenus plus réguliers. En haute saison quatre à six
vols par mois arrivaient au Pérou contre au moins deux vols
par mois en basse saison. Les charters en provenance
d’Europe, partaient de Zurich, de Bruxelles, d’Allemagne ou
encore de Bâle-Mulhouse, les points de départ les plus
fréquents étant la Suisse. Ces charters étaient affrétés
par au moins trois grandes agences françaises: Le Point
Mulhouse, Nouvelles Frontières et Uniclam.
Durant les années 1970 on observa au Pérou un afflux
croissant de jeunes en quête d’aventures dans les Andes,
adeptes de la contre-culture hippie, peu
soucieux de confort et venus pour visiter une destination mythique.
Ces jeunes et ces classes moyennes restaient au minimum trois
semaines et se déplaçaient un peu partout dans le pays. A
cette époque un «circuit classique » conduisait les
touristes à Huancayo ( par le train le plus haut du Monde),
puis à Ayacucho, Cuzco, Puno, Arequipa, nazca, avant de
revenir à Lima et, éventuellement de prolonger vers le
nord. Les charters ont ouvert l’espace touristique
du Pérou. Ce dernier ne se réduisait plus seulement à Lima, Cuzco et
Iquitos. Quant au développement du tourisme des jeunes,
il a laissé
des traces dans les esprits des nationaux. Pour les
désigner on emploie encore le terme de «hippies» ou de «sac
à dos » (mochilas).
En 1979 le deuxième choc pétrolier et la nouvelle
augmentation des tarifs qui en résultèrent portèrent un coup
fatal aux charters. Le charter au Pérou devint alors
de moins en moins rentable. Après que les charters aient
disparu les
tarifs aériens augmentèrent rapidement, passant de 400
dollars depuis l’Europe à 1000 dollars en moyenne. La
clientèle changea en quantité et en qualité. Un autre
facteur de changement décisif résulta des bouleversements du
pays dans le domaine de la politique intérieure, surtout la
période du gouvernement d’Alan Garcia (1985-1989 ).
La dégradation de la situation intérieure du pays eut des
répercussions sur le tourisme international qui chuta de
plus de 40% entre 1988 et 1990. Parallèlement on assista au
cours des années 1980 à une modification de la carte
touristique du pays au profit du sud, alors que les Andes
centrales, notamment la région d’Ayacucho enregistraient une
baisse notable de fréquentation.
Le développement du terrorisme (« Sendero luminoso ») a été déterminant dans la
simplification de la carte touristique du pays car ce
dernier s’est développé autour d’Ayacucho et s’est
largement étendu dans les Andes centrales et sur le versant
amazonien. L’influence conjointe des problèmes sécuritaires et de problèmes
sanitaires (épidémie de choléra en 1991) a entraîné une forte
baisse de la fréquentation
touristique entre 1989 et 1993. Les premiers cas de cholera
furent rapportés au Pérou en janvier 1991. L'épidémie
s'étendit ensuite à 14 pays de la zone latino-américaine
entraînant un total de plus de 3800 décès, dont 2840 pour le
seul Pérou.
Deux évènements politiques majeurs permirent une sortie de crise
et un redémarrage de l'activité touristique : le
"coup d’état civil" de Fujimori le 5 avril 1992 et
l’arrestation le 12 septembre 1992 du chef du «Sentier
lumineux » Abimael Guzman, prélude à un affaiblissement
notable de la menace représentée par ce groupuscule
terroriste. La réorganisation du pays
entraîna une reprise du Tourisme marqué par
l’ouverture de nombreuses agences (entre 1993 et 1995 le
nombre d’agences double pour atteindre un nombre compris
entre 195 et 220 ) et petits hôtels (1 à 2 étoiles).
La situation actuelle du Tourisme au Pérou
A l’échelle mondiale le Pérou est un petit pays touristique.
Depuis la fin des années 60 le Pérou a toujours constitué
moins de 0,1% du total mondial, entre 3 et 8% du total
sud-américain. En 25 ans la fréquentation du Pérou a
sensiblement plus augmenté que la moyenne mondiale: +260%
contre +240% pour la moyenne mondiale. Durant cette période
l’Amérique du sud s’affirmait comme une destination
touristique à part entière. Cette affirmation du Pérou et de
l’Amérique ne s’est pas faite de manière linéaire et
progressive. Cette partie du Monde a connu une meilleure
progression de sa fréquentation que la moyenne mondiale au
cours de la décennie 1970-1980 et une progression
plus faible au cours de la décennie suivante. Le phénomène
est très net pour le Pérou dont la fréquentation a augmenté
de plus de 170% entre 1970 et 1980 (passant de 134000 à
373000), a diminué entre 1980 et 1990 (il y avait alors
317000 touristes). L’âge d’or du tourisme au Pérou semble
avoir été la décennie 1970-1980. En 1995 le Pérou ne
figurait pas dans les quarante premières destinations
touristiques mondiales . Avec 485000 visiteurs par an, le
Pérou représentait moins de 0,1% des flux de touristes
internationaux, moins de 0,5 % des flux à destination des
Amériques et moins de 5% des flux à destination de
l’Amérique du Sud. C’est une destination touristique
mineure, pour ne pas dire marginale. En 1998 le Pérou a reçu
820000 touristes, soit une hausse de plus de 10% par
rapport à 1997. Depuis 1993 (272000 touristes ) la
progression a été rapide. Toutefois le Pérou reste à des
valeurs relativement faibles à l’échelle mondiale .
Actuellement le tourisme est la troisième source de devise
(1078 000 000 de US$ ) du pays après les mines et la pêche,
cette activité représente 5,6% du PIB. En 2004 le Pérou
accueillait quelques 1210000 touristes (0,16% des flux
mondiaux), contre 552000 en 1996. La croissance de la
fréquentation touristique a suivi l'amélioration de la
situation politique. Presque 100% des touristes qui partent
au Pérou suivent des circuits, le Pérou attire exclusivement
pour ses richesses culturelles. Le tourisme balnéaire ne
concerne que le tourisme intérieur, quelques Équatoriens
fréquentent également les plages du nord (surtout Mancora).
92% des touristes allant au Pérou passent par Lima et 52%
vont à Cuzco.
Le Pérou reste
une destination lointaine qui demande entre 15 et 18 heures
de voyage. La destination ne bénéficie pas, actuellement, de
liaison directe avec la France. Les compagnies Lan et Ibéria
proposent en partenariat des liaisons avec une escale à
Madrid. Elles représentent à elle deux 60 % du marché.
Ibéria assure des vols quotidiens au départ de Paris et de
10 régions – bientôt 11 avec Lille- De son côté LAN
programme trois fois par semaine un vols sans escale
Madrid-Lima. En 2007 Le Pérou a reçu 1 812384 touristes
avec, en tête, les Américains (321397 visiteurs). La France
arrivait en troisième position du marché européen avec 58713 touristes. Elle était précédée par le Royaume-Uni (66 488
touristes) et l'Espagne (63371).
En 2009, le nombre de
touristes étrangers au Pérou a atteint le chiffre de 2023967, soit une croissance de 3.9% par rapport à 2008. En 2008
le Pérou avait accueilli 1948660 visiteurs .
En 2009
64960 touristes français
se sont rendus dans le pays contre 62901 en 2008. La France
se classait alors au 2ème rang européen après l’Espagne (79386 visiteurs) et devant la Grande-Bretagne (57949
visiteurs).
Près de 3
millions de touristes étrangers ont visité le pays andin en
2010, soit une hausse de 12% par rapport à 2009. La majorité
des touristes venait du Chili (45,9%), suivi par les
Etats-Unis (12,2%), l'Equateur (7,6%), la Bolivie (6%),
l'Espagne (5,7%) et l'Argentine (4,7%).
Un total de 2,8 millions de touristes étrangers devrait
arriver en 2011 au Pérou d’autant que cette année marque le
centenaire de la découverte du Machu Picchu.
Les campagnes promotionnelles organisées dans le cadre du
« Centenaire du Machu Picchu pour le Monde »
étaient accompagnées de la diffusion de la nouvelle
Marca País.
Le nouveau logo, dont la première lettre est en forme de
spirale, accompagne donc la nouvelle campagne promotionnelle
du tourisme péruvien mis en place par les autorités dont le
but est d’attirer de nouveaux visiteurs mais aussi
investisseurs, ce logo apparaîtra sur tous les produits
exportés à l’étrange.

Le 24 juillet
2011 a été célébré le 100e anniversaire de la "découverte",
par l'explorateur américain Hiram Bingham, du Machu Picchu,
la célèbre cité inca dans les Andes péruviennes, désignée en
2007 comme l'une des sept nouvelles merveilles du monde.
Le Machu Picchu est la plus grande attraction touristique du
pays et l'une des plus prisées de la planète; il représente
plus de 70% des revenus nationaux du tourisme.
En 1991, la fréquentation du
Machu Picchu s'élevait à environ 77000 personnes. Le
site a accueilli environ 800 000 visiteurs en 2010.
Aujourd'hui, environ 1800 visiteurs se rendent chaque jour
sur le site, le maximum autorisé par les autorités étant de
2500. Le village rural Aguas Calientes, point de départ pour
les touristes, a vu sa population gonfler à 4000 habitants.
Des hôtels cinq étoiles et plusieurs restaurants ont été
aménagés. Sur le site archéologique les autorités ont
constaté une érosion du sol et des dommages sur la
végétation,
En janvier 2010, le site a vécu sa «première alerte». Des
pluies diluviennes ont détruit la voie ferrée, bloquant près
de 4000 touristes dans les villes de Machu Picchu et Aguas
Calientes pendant cinq jours. En septembre 2010 le Congrès
péruvien a approuvé la construction d'un accès routier
direct au Machu Picchu, ce qui n'a pas manqué d'alerter
l'UNESCO.
L'écotourisme se développe au Pérou. 750000 personnes,
péruviennes et étrangères, ont visité les 71 zones
naturelles protégées par l’administration nationale en 2010,
soit 18% de plus que l’année précédente.
L'ensemble des parcs naturels péruviens
couvre une superficie de 18283508 ha, soit 14% du territoire
péruvienne. L'INRENA (Institut National de Ressources
Naturelles) gère la plupart des aires protégées.
Cependant, un nombre croissant d'entre elles sont
administrées par les communautés autochtones et par des
associations de protection de la nature.
Selon une étude du Service National des Aires Naturelles
Protégées par l’Etat (Sernanp), la réserve nationale
attirant le plus de touristes est celle du majestueux lac
Titicaca, qui aurait comptabilisé un peu plus de 30% du
chiffre total de voyageurs. La Réserve Nationale Pacaya
Samiria a attiré environ 18% des visiteurs, avec sa faune et
flore amazoniennes. Le Parc National du Huascaran, un des
plus hauts sommets du continent, se place en troisième
position, suivi la Réserve de Paracas, et du Parc National
Tingo María ainsi que de la Réserve de Tambopata.
Le parc naturel péruvien le plus connu est le parc national
de Manú est situé sur le versant oriental de la cordillère
des Andes dans le sud-est du Pérou. Il est classé depuis
1973, reconnu réserve de biosphère en 1977 et inscrit sur la
liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1987.Le parc
est la plus grande partie d’une réserve de la biosphère de
deux millions d’hectares de forêt primaire. Deux autres
zones du parc dévolues à la sauvegarde des autochtones pour
l'une et à l'exploitation touristique pour l'autre. Le parc
héberge près d’un millier d’espèces d’oiseaux dont sept
espèces d’aras.

Le tourisme au Pérou: sujet
d'entraînement à la rédaction du rapport



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