
Alors que
le Tourisme se développait dans plusieurs régions du Monde
, telles que l’Asie et l’Afrique , l’Amérique du sud a été
largement sous-estimé dans ce domaine. Or ,en dépit de
plusieurs facteurs négatifs, tels que le terrorisme , les
conflits armés , les crises économiques , le Tourisme a
augmenté dans des proportions notables durant les années
1990 , se révélant un des secteurs économiques les plus
performants de cette partie du continent américain .
Une
analyse des résultats du Tourisme sud-américain sur la
décennie 1988-1997 révèle que les arrivées de touristes
internationaux ont augmenté selon un taux de croissance
annuel de 5 % , tandis que les recettes du Tourisme
international (excluant les transports internationaux)
connaissaient un taux de croissance annuel de près de 9 %
sur la même période . Les recettes touristiques en 1997
représentaient 8% du total des exportations et 35 % du
total des exportations de services .
Les
données du W.T.O (1990 ) révélaient que les arrivées de
touristes internationaux en 1996 avaient augmenté de 5,6 %
par rapport à celles comptabilisées en 1995 et que les
recettes du tourisme international avaient augmenté de 8,2
% ( excluant les transports internationaux ).Les données de
1997 ont révélé un freinage des arrivées comme des recettes
.Le fait est attribué , en grande partie , à la stagnation
du tourisme international en Asie orientale et dans le
pacifique en 1997.Les données de 1997 montraient une
augmentation des arrivées de touristes de 2 ,8 % (612
millions ) et une augmentation des recettes de 2,2 % ( US
$ 443 billions ) .Ce dernier indice reflète plus les
fluctuations de la monnaie américaine qu’une réelle hausse
des dépenses touristiques .
En dépit
des crises économiques dévastatrices enregistrées dans cette
région du Monde en 1997 et 1998 le Tourisme continua de
croître en 1998. Les données du WTO pour 1998 révélaient
que les recettes du Tourisme international avaient
atteintes US $ 445 billions et que les arrivées de
touristes internationaux étaient de 625 millions , révélant
par la même que l’activité touristique pouvait croître même
en période de fluctuation des indices économiques .La
décennie s’acheva sur un résultat positif en 1999 .Cette
année là les arrivées de touristes internationaux
atteignirent 657 millions , soit une augmentation de 3,2 %
par rapport aux données de 1998 et les recettes
augmentèrent de 3,2 % , soit US $ 455 billions pour la
même période .
Si le
Tourisme en Amérique du sud n’est pas un phénomène nouveau ,
son impact économique et son influence ne sont devenus
réellement perceptibles qu’au lendemain de la Seconde
Guerre Mondiale .L’évolution du développement touristique
est restée cependant largement conditionnée par les grandes
distances séparant les pays sud-américains des principaux
marchés émetteurs , ainsi que par les conditions économiques
, souvent difficiles , de la plupart des pays d’accueil.
Alors que
beaucoup de destinations , telle l’aire méditerranéenne , se
développaient et se consolidaient consécutivement au grand
« boom « touristique des années 60 , l’Amérique du sud
ne suscitait qu’un faible intérêt de la part du marché
international et restait très largement en marge de cet
essor. L’absence d’intérêt porté à l’Amérique du sud comme
destination de vacances était la conséquence directe de la
situation politique , économique et sociale du continent à
cette époque .Les années 70 furent une période sombre pour
la région confrontée à des conflits sociaux et politiques
majeurs. Les conflits armés , la guérilla , les coups d’état
militaires , les inégalités sociales , le terrorisme , les
calamités naturelles , etc… contribuaient à négativiser
l’image du sous-continent en le présentant , aux yeux du
grand public, comme une région politiquement et
économiquement instable .Les évènements de cette période
eurent une incidence catastrophique non seulement sur
l’image du continent mais aussi sur l’économie touristique
de chacun des pays de la zone .
Les
années 80 furent caractérisées par une hyper-inflation
affectant les grands pays sud-américains comme e Brésil et
l’Argentine .La fragilité économique et l’instabilité
sociale et politique qui en résultèrent, découragèrent les
investissements touristiques . En dépit du scepticisme de la
communauté internationale la fin des années 1980 et le
début des années 1990 virent la consolidation de la
démocratie et l’amorce de réformes économiques d’envergure
dans de nombreux pays . Après avoir survécu aux multiples
problèmes économiques et sociaux des années 70-80
l’industrie touristique amorça une mutation majeure dans
les années 90 à l’image des réformes structurelles
importantes survenues en Amérique latine à la même époque .
Dans
les années 1990 des changements fondamentaux survenus en
Amérique latine étaient perceptibles dans plusieurs
domaines : transition démocratique dans beaucoup de pays
assujettis auparavant à des dictatures , consolidation des
blocs économiques , consolidation des liens commerciaux
avec les grands marchés mondiaux et développement de
secteurs tels que l’Éducation et la santé .Bien que très
fragile la nouvelle stabilité économique et politique
favorisa le développement du Tourisme .

|
PAYS |
1992 |
1997 |
2000 |
|
ARGENTINE |
_ |
2 764 000 |
2 949 000 |
|
BOLIVIE |
245 000 |
355 000 |
306 000 |
|
BRÉSIL |
1 475 000 |
2 850 000 |
5 313 000 |
|
CHILI |
1 283 000 |
1 644 000 |
1 742 000 |
|
COLOMBIE |
_ |
639 000 |
557 000 |
|
EQUATEUR |
403 000 |
525 000 |
615 000 |
|
GUYANA |
93 000 |
76 000 |
105 000 |
|
PARAGUAY |
334 000 |
395 000 |
323 000 |
|
PEROU |
217 000 |
747 000 |
1 027 000 |
|
SURINAM |
30 000 |
61 000 |
56 000 |
|
URUGUAY |
1 802 000 |
2317 000 |
1 968 000 |
|
VENEZUELA |
434 000 |
814 000 |
469 000 |
|
AMÉRIQUE DU SUD |
1 0423 000 |
1 5868 000 |
_ |
LE
TOURISME INTERNATIONAL EN AMÉRIQUE DU SUD
(
1992- 2000 )

|
|
Flux |
Pays émetteurs |
Modes de transport |
|
|
Visiteurs* |
Touristes* |
Amériques* |
Europe* |
Air* |
Route* |
Mer* |
|
ARGENTINE |
_ |
2 949 |
2 520 |
354 |
1208 |
1 347 |
394 |
|
BOLIVIE |
_ |
306 |
177 |
107 |
231 |
64 |
4 |
|
BRÉSIL |
_ |
5 313 |
3 803 |
1320 |
2723 |
2 429 |
161 |
|
CHILI |
_ |
1 742 |
1 457 |
240 |
662 |
1 009 |
27 |
|
COLOMBIE |
749 |
457 |
486 |
70 |
456 |
50 |
51 |
|
EQUATEUR |
615 |
_ |
471 |
127 |
366 |
240 |
9 |
|
GUYANA |
_ |
105 |
_ |
_ |
_ |
_ |
_ |
|
PARAGUAY |
_ |
4131 |
265 |
37 |
67 |
256 |
_ |
|
PEROU ( * ) |
1107 |
944 |
483 |
199 |
517 |
202 |
5 |
|
SURINAM ( * ) |
69 |
54 |
6 |
46 |
54 |
_ |
15 |
|
URUGUAY |
2236 |
1968 |
1 758 |
85 |
377 |
841 |
1 018 |
|
VENEZUELA |
604 |
469 |
172 |
288 |
455 |
6 |
8 |
LE
TOURISME INTERNATIONAL EN AMÉRIQUE DU SUD EN 2000
( *:en milliers )
Depuis
cette époque le Tourisme en Amérique latine a changé
considérablement . Le WTO prévoit une croissance annuelle de
6,1% par an pour la décennie 2000-2010 , le double de la
moyenne mondiale .Le même rapport prédit des taux de
croissance de l’industrie touristique encore plus élevé pour
l’Argentine , le Chili et le Venezuela. On estime qu’en 2010
le Tourisme occasionnera des recettes évaluées à US $ 347,1
billions et sera à l’origine de 15,3 millions d’emplois.
Malgré la
concentration géographique des arrivées de touristes dans
quelques pays des Amériques en 1997 ( États-unis , Canada ,
Mexique recevant 72 % des arrivées totales ) , trois pays
sud-américains se rangeaient parmi les sept premiers dans le
classement des 20 premières destinations américaines .
L’Argentine occupait la 4ème place , le Brésil
passait de la 9éme à la 6ème position en 1997 et
l’Uruguay passait de la 6ème à la 7ème
place .D’autres pays sud-américains intégraient cette
liste : Chili, Colombie , Venezuela , Pérou , Équateur
.Ensemble ces pays sud-américains représentaient 12,2 % des
flux touristiques dans les Amériques en 1998. Comparées à
celles de 1996 les arrivées ont enregistré une progression
de 7,9 % et les bénéfices de 8,3 % .A l’exception de la
Guyane et du Paraguay tous les autres pays avaient
enregistré une croissance de leurs flux touristiques
internationaux .Cinq pays avaient enregistré des
augmentations supérieures à 12 % ( Bolivie , Chili, Colombie
, Pérou , Surinam ) .Le Brésil a enregistré une croissance
de 6,9 % dans le nombre des arrivées , ces dernières
atteignant presque 3 millions .
Les
données du WTO établies en 1998 révélaient que les
destinations sud-américaines surpassaient celles des
Caraïbes pour la première fois en termes d’arrivées de
touristes internationaux .Les meilleures performances étant
celles de l’Argentine , du Brésil , de la Bolivie et du
Pérou qui bénéficiaient d’une croissance substantielle des
arrivées touristiques par rapport aux chiffres de l’année
précédente .L’Argentine bénéficiait d’une augmentation de 7
% , le Brésil de 10 % , la Bolivie et le Pérou de 9 % .Par
dessus tout le Tourisme en Amérique du sud augmentait de 10
% en 1999.
Les
longues distances séparant l’Amérique du sud des principaux
marchés émetteurs ( 7 à 17 heures depuis l’Europe ou les
États-unis et jusqu’à 24 heures depuis l’Asie ) constituent
encore un facteur limitatif pour le développement
touristique de la zone .Les voyages intra régionaux
représentent le plus grand pourcentage d’arrivées de
touristes internationaux . En 1997 les ¾ des arrivées
touristiques dans les Amériques ( soit environ 87 millions
d’arrivées ) résultaient de déplacements intra régionaux
.Selon le WTO le tourisme intra régional a connu une
croissance de l’ordre de 4,1 % durant la période 1988-1997
et il est communément admis que cette croissance se
maintiendra à un taux voisin dans un futur proche .

|
PAYS |
1992 RECETTES |
Croissance % |
1997 RECETTES |
Croissance % |
|
ARGENTINE |
3 614 |
43 |
5 069 |
37,3 |
|
BOLIVIE |
124 |
1,5 |
170 |
1,3 |
|
BRÉSIL |
1 091 |
13 |
2 595 |
19,2 |
|
CHILI |
744 |
8,9 |
1 021 |
7,6 |
|
COLOMBIE |
755 |
9 |
955 |
7 |
|
ÉQUATEUR |
230 |
2,8 |
290 |
2,1 |
|
GUYANA |
45 |
0,5 |
39 |
0,3 |
|
PARAGUAY |
550 |
6,5 |
753 |
5,5 |
|
PÉROU |
215 |
2,6 |
805 |
6 |
|
SURINAM |
17 |
0,2 |
17 |
0,1 |
|
URUGUAY |
447 |
5,3 |
759 |
5,6 |
|
VENEZUELA |
554 |
6,7 |
1086 |
8 |
|
AMÉRIQUE DU SUD |
8 386 |
100 |
13 559 |
100 |
LES
RECETTES DU TOURISME INTERNATIONAL EN AMÉRIQUE DU SUD
( 1992-1997 )
Les données disponibles pour l’Amérique du sud révèlent que
76,48 % du total des arrivées dans la région proviennent
des Amériques et que l’Amérique du sud fournit 13,39 % de
ces arrivées et 11,42 % des recettes touristiques des
Amériques .A part le Surinam qui recevait 81,37 % de ces
touristes d’Europe en 1997 , tous les autres pays de la
région sont largement dépendants du Tourisme régional et
intra régional.
L’Amérique du sud était la principale destination des
voyageurs argentins en 1997 et la principale destination de
ces voyageurs était l’Uruguay .Dans les Amériques ,
l’Amérique du sud était la principale destination des
uruguayens avec 95 % des arrivées .Durant la période
1988-1996 le tourisme international brésilien a augmenté de
9,8 % par an et durant la même période le Tourisme à
destination des Amériques augmentait de 11,9 % .
Les pays qui forment l’Amérique du Sud sont loin d’être
uniformes. Il existe d’énormes disparités économiques ,
culturelles et sociales entre les pays .Le Brésil est un
des plus grands pays du Monde et la 8ème
puissance économique de la planète .Le Surinam , la Guyana ,
le Pérou et la Bolivie sont pari les plus petits et les
plus pauvres .Le Brésil , l’Argentine et le Chili ont
atteint un stade de développement industriel avancé par
rapport aux autres pays .Quelques pays ont atteint une
certaine maturité sociale et politique au point de
constituer un bloc économique , le MERCOSUL , tandis que
d’autres vient encore dans des systèmes agraires et
sous-développés. D’autres pays de la régions souffrent
depuis longtemps de guérillas , d’instabilité politique et
de violence. Quelques pays disposent d’importantes
ressources naturelles et d’une main d’œuvre qualifié , alors
que d’autre sont privés de ces éléments essentiels du
développement économique . De ce fait les infrastructures
touristiques varient considérablement d’un pays à un autre
.Malheureusement les données relatives aux infrastructures
touristiques sont rares dans la plupart des pays de la zone.
Le maque d’infrastructures touristique de base a handicapé
le développement touristique de la région. Les informations
dispensées par les gouvernements brésilien et argentin
montrent clairement une longue liste de carences
influençant de manière négative la fréquentation
touristique .Les plus visibles concernent le secteur des
télécommunications et les prix élevés de ces dernières , les
carences en matière de desserte aérienne,l’absence
d’information touristique , le mauvais état et l’insécurité
de l’infrastructure routière , les coûts élevés des
transports aériens intérieurs et l’absence d’un système
routier moderne alternatif , le bruite et la pollution ,
l’absence de toilettes publiques et les conditions d’hygiène
insatisfaisantes , etc…
La plupart des pays d’Amérique du sud sont classés comme
pays en voie de développement et bien que le Tourisme soit
unanimement reconnu comme un élément important du
développement économique ,il n’a souvent pas fait l’objet
d’un développement prioritaire car des investissements plus
urgents étaient nécessaires dans des secteurs comme la santé
, l’Education ou la sécurité .Bien que le Tourisme soit
appelé à bénéficier des investissements à venir dans ces
domaines , il n’en nécessite pas moins pour prospérer
durablement l’établissement de politiques de développement
touristique claires s’inscrivant dans le long terme …
Le Tourisme est par ailleurs extrêmement sensible aux
problèmes de sécurité . Or des villes comme Rio de Janeiro ,
Caracas , Buenos Aires , …ont toutes souffertes des
conséquences de crimes perpétrées contre des touristes et
ont acquis de ce fait l’image de destination non exempte de
risques. Les images de ces destinations ont été sérieusement
dégradées. Les conflits politiques armés quand ils
surviennent peuvent aussi avoir un impact désastreux sur le
Tourisme et renforcer l’idée que la destination n’est pas
sure . En Amérique du sud les actes violents perpétrés par
des groupuscules terroristes , tel le « Sendero Luminoso »
au Pérou ou ceux rattachés au trafic de drogue en Colombie
ont constitué de sérieux handicaps au développement
touristique de ces régions. D’autres facteurs , à part la
violence et le crime , ont contribué à négativiser l’image
de l’Amérique du sud comme destination touristique : les
maladies tropicales ( choléra , malaria , … ) , les
bouleversements politiques et sociaux et , à une plus large
échelle , les catastrophes naturelles sont aussi fortement
associées à la région. Par ailleurs l’histoire récente de la
région s’identifie à des régimes militaires brutaux , à des
exactions multiples dans le domaine du respect des droits de
l’Homme et à une multitude problèmes économiques ,
politiques et sociaux .Cependant personne ne nie que la
sécurité et la sureté ne soient des nécessités absolues.
Une enquête réalisée par l’EMBRATUR de 1994 à 1999 auprès de
touristes internationaux voyageant au Brésil révélait
qu’en dépit d’une perception négative , la sécurité n’était
pas le premier motif d’insatisfaction et de plainte des
touristes. La propreté des lieux publics , la pauvreté du
système des communications et l’absence d’informations
touristiques figuraient avant les préoccupations de sûreté
et de sécurité dans une longue liste des problèmes
rencontrés par les touristes .
Le Brésil est un exemple démonstratif des liens existant
entre le développement économique et social et l’évolution
du Tourisme. Une longue période d’un régime militaire
dictatorial ( 1964-1985 ) , plusieurs décennies de
politiques économiques déraisonnables et un haut degré de
corruption de l’appareil gouvernemental ont démontré
qu’aucune des conditions nécessaires au développement du
Tourisme n’était effectivement remplie. Les changements
structurels survenus dans les années 1990 ont renversé
cette tendance sur une période de temps très brève. Dans la
deuxième partie de la décennie 90 le Tourisme a été
formellement identifié comme un moteur de tout développement
économique et social et son existence s’est vue légitimée
avec la création d’un Ministère des Sports et du Tourisme.
Les réformes économiques drastiques et l’introduction du
Réal ( la monnaie brésilienne ) en 1994 couplés avec la
mise en œuvre de la Politica Nacional do Turismo (PNT ) –
Directions et Programmes – 1996 / 1999 sous la tutelle du
Ministère de l’Industrie , du Commerce et du Tourisme et de
l’EMBRATUR ( Instituto Brasileiro do Turismo ) ont été les
principaux catalyseurs d’une nouvelle phase de prospérité
et de développement du Tourisme au Brésil .Le nouvel ordre
économique est parvenu a stabiliser un taux d’inflation qui
avait atteint des niveaux records dans les décennies
précédentes ( jusqu’à 80 % par mois ).Le retour de la
confiance a relacé les investissements dans les
infrastructures et les produits touristiques en différentes
régions du pays .
Le Tourisme intérieur a atteint des niveaux de
développement exceptionnels . Le nombre de passagers
aériens a augmenté de 25 % en 1998 au lendemain de la
dérégulation des transports aériens .Parmi ceux-ci 17 %
n’avaient jamais voyagé en avion auparavant .Les formules
type « package tours » ont augmenté de 26 % et 38,2
millions de brésiliens ( soit ¼ de la population totale )
se sont déplacés à l’intérieur du pays soit une augmentation
de 43 % par rapport à 1997. Le Tourisme intérieur a
contribué pour US$ 6 billions aux recettes touristiques
totales en 1998. Le Tourisme représente environ 1,48 % du
PIB en 1998.Le tourisme intérieur est encore fortement
saisonnier (plus de 70 % des voyages s’effectuant durant la
haute saison ). Considérant que le Brésil est un pays
tropical et qu’il n’existe pas de conditions climatiques
extrêmes sur la majeure partie du territoire , cette
saisonnalité des déplacements des nationaux est imputable à
d’autres facteurs d’ordre culturel ou induits par le
calendrier scolaire . Les brésiliens demeurent , en moyenne
11,7 jours sur leur destination et dépensent en moyenne US$
290.OO par voyage en 1998. Durant leur séjour la plupart des
brésiliens séjournent chez des amis ou des parents ( environ
73 % ) et seulement 11,5 % ont recourt à l’hébergement
hôtelier , bien que la demande d’hébergement hôtelier soit
en hausse pour les catégories sociales les plus favorisées
ces dernières années .La plupart des voyages sont effectués
par routes , et 50 % s’effectuent en autocars , suivis par
le véhicule rivé ( 19 % ) .L’auto-stop constitue un mode de
déplacement dont l’importance est considérable ( 11,8 %
).La principale motivation du voyage demeure e loisir ( 77 %
) et le voyage organisé ne joue qu’un rôle médiocre sur le
marché touristique intérieur : 95 % de tous les voyages
effectués étaient individuels en 1998.
Plus de 4,8 millions de touristes ont visité le Brésil en
1998 générant plus de US$ 7 billions de recettes
touristiques .En termes d’exportations le Tourisme était le
second poste derrière le soja , surpassant les exportations
de produits traditionnels tels que le fer et autres
minerais , le café et le sucre. Sur le plan des motivations
l’immense majorité des visiteurs internationaux déclaraient
que le Tourisme était la principale motivation de leur
séjour ( 71,8 % en 1998 et 77,6 % en 1999 ) . La seconde
motivation par ordre d’importance était les affaires ( 22,7
% en 1998 et 18 % en 1999 ). Les visiteurs restent en
moyenne 14 jours et leurs dépenses quotidiennes s’élevaient
à US$ 80 en moyenne en 1999 . Seulement 37,6 % des touristes
visitaient le pays pour la première fois .91% des touristes
indiquaient leur intention de revenir .La principale
destination brésilienne pour les étrangers demeure Rio de
Janeiro ( 32, 5 % ) suivi de Florianopolis ( 17,7 % ) et
Sao Paulo ( 13, 7 % ).La grande majorité des touristes
séjournent en hôtels ( 80 % en 1998 et 73,5 % en 1999 ) .

|
Année |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
2001 |
|
TOURISTES |
|
Nombre de touristes* |
2 666 |
2 650 |
4 818 |
5 107 |
5 313 |
_ |
|
Régions d'origine des touristes |
|
Afrique* |
23 |
24 |
41 |
41 |
35 |
_ |
|
Amériques * |
1 830 |
1 999 |
3449 |
3643 |
3803 |
_ |
|
Europe* |
681 |
713 |
1 161 |
1 246 |
1 320 |
_ |
|
Asie de l'est* |
7 |
8 |
14 |
15 |
11 |
_ |
|
Modes de transport |
|
Air* |
1 894 |
2 00 5 |
2 421 |
2 534 |
2 723 |
_ |
|
Route* |
718 |
775 |
2 274 |
2 44 6 |
2 429 |
_ |
|
Mer* |
53 |
70 |
123 |
127 |
161 |
_ |
|
Motivations des touristes |
|
Loisirs et vacances* |
1791 |
1 861 |
3 459 |
3 963 |
3 768 |
_ |
|
Travail et affaires* |
765 |
929 000 |
1 286 |
1 084 |
1 480 |
_ |
|
Hôtellerie |
|
Nombre de chambres |
139 454 |
212 580 |
_ |
_ |
_ |
_ |
|
Nombre de lits |
278 908 |
425 160 |
_ |
_ |
_ |
_ |
|
Taux d'occupation |
_ |
62,4 |
61,7 |
59,3 |
60,8 |
_ |
LE
TOURISME AU BRÉSIL ( 1996 – 2000 )
( * : en milliers )
La
stabilité économique et la monnaie forte ont rendu le voyage
à l’étranger accessible aux brésiliens .En 1997 4 millions
de brésiliens se sont rendus à l’étranger ( contre 2,9
millions d’arrivées de touristes internationaux la même
année ) occasionnant un déficit de la balance touristique
sans précédent de l’ordre de US$ 3,9 billions .D’autres
variables ont aussi contribué à ce déséquilibre : les
brésiliens sont parmi les voyageurs les plus dépensiers du
monde .Le Brésil est devenu le 5ème plus grand
marché outre-mer des États-unis en 1997 . Durant cette année
941000 brésiliens ont visité ce pays .La même année les
brésiliens ont dépensé plus de US$ 3 billions aux États-unis
. Par ailleurs le Brésil possède pour la première fois une
politique claire de développement touristique basée sur
plusieurs objectifs : - planification , développement et
promotion du Tourisme à travers une collaboration du
Gouvernement et du secteur privé , - amélioration des
infrastructures touristiques , - décentralisation et
modernisation de l’administration touristique. Les résultats
de cette politique se sont révélés dès 1998 : - le nombre de
visiteurs internationaux a doublé durant la période
1994-1998 passant de 1,8 million à plus de 4, 8 millions de
touristes ( 5,313 millions en 2000 ! ). Les recettes
touristiques ont presque doublé durant la même période
passant de US$ 1,9 en 1994 à US$ 3,7 en 1998. EMBRATUR a
reçu de nouvelles missions dans le cadre du développement
de l’industrie touristique brésilienne. Parmi ceux-ci la
modernisation et l’adaptation des directives et objectifs
arrêtés par le PNT ; la création d’opportunités nouvelles
d’investissement dans le Tourisme , le suivi du processus de
décentralisation du développement touristique ,
l’introduction de nouvelles méthodologies dans le
développement de l’analyse du tourisme national ,
l’augmentation du budget consacré au marketing et à la
promotion , etc…Depuis 1994 le gouvernement n’a cessé
d’encourager et de faciliter les investissements dans le
secteur touristique .Les aides financières se sont
multipliées en provenance des instances fédérales ,
étatiques et locales .Dans le nord-est du pays le PRODETUR
( « Projeto para o desenvolvimento do Turismo » ) incluant
9 états a lancé un vaste programme de développement
touristique dans la région. L’investissement massif dans la
région , financé à la fois par des institutions
financières nationales et internationales , est destiné à
améliorer les équipements touristiques existants et à
développer des infrastructures dans des secteurs considérés
comme possédant un fort potentiel touristique .La banque
Interaméricain de développement ( IDB ) a fourni la plus
grande partie des US$670 millions d’investissement dans la
première phase du PRODETUR de 1995 à 1999 . Cependant pour
la modernisation des aéroports de la région la participation
de l’IDB s’est limité à 50 %, le gouvernement local et
d’autres parties ont fourni l’autre moitié. Les fonds du
PRODETUR Ont été aussi utilisés la viabilisation de milliers
de kilomètres d’autoroutes , la restauration de bâtiments
historiques et la protection de l’environnement .La seconde
phase de l’investissement initié par PRODETUR couvre la
période 1999-2004. Le Nord-est recevra des fonds d’un
montant de US$ 600 millions .D’autres régions du pays sont
aussi concernées : l’Amazone doit recevoir US$ 212 millions
pour le développement d’infrastructures touristiques de
base tandis que US$ 450 millions seront investis dans le
Pantanal. Pour la partie sud du pays US$ 464 millions ont
été attribués à PRODETUR SUL. Les principaux bénéficiaires
de ces investissement sont les secteurs des loisirs et de
l’hébergement .Au début 2000 plus de 300 hôtels et 10
nouveaux parcs à thème étaient en construction à travers le
pays . En 1998 le Brésil possédait 18000 hôtels avec une
moyenne de 59 chambres par hôtel . Les investissements
privés et institutionnels dans le secteur hôtelier ont
atteint des niveaux records et la capacité d’accueil s’est
accru dans des proportions considérables .Plus de 60 hôtels
étaient en construction en 1998 par le seul groupe ACCOR.
Plus de 200 hôtels ont été construits pour la seule année
1998. Les investissements dans ce secteur atteignait US $ 76
billion en 1998. C’est ainsi que pour la seule ville de Sao
Paulo le nombre de chambre d’hôtels s’est accru de 10 000
nouvelles unités pour la seule année 1998. Le taux
d’occupation hôtelier au brésil est passé de 47 % en 1993 à
61,7 % en 1998.Les nouvelles conditions économiques et
l’augmentation du tourisme national et international ont
attiré l’attention des chaînes hôtelières internationales
et aujourd’hui la plupart des grandes chaînes sont présentes
dans le pays .
CONCLUSION
Il est
clair que le Tourisme jour aujourd’hui un rôle majeur dans
les économies de la plupart des pays d’Amérique du sud et
qu’il constitue une alternative crédible au développement
régional. Il contribue de manière significative au PNB
régional et procure des emplois à des millions de personnes
.Cependant il a été largement sous-estimé durant des
décennies et il n’a réellement attiré l’attention des
politiciens et des investisseurs privés que depuis peu. Il
ne fait aucun doute que le tourisme continuera de croître
durant le 21ème siècle .Cette croissance sera
largement dominé par la croissance du tourisme intra
régional. Mais le développement du tourisme sud-américain
dans le long terme présuppose des changements structurels
majeurs en termes d’organisation et d’investissements. Les
gouvernements ont un rôle majeur à jouer dans ce contexte
.Ce rôle est difficile à assumer dans un contexte où les
problèmes posés par la pauvreté et le sous-développement
font souvent passer le secteur touristique au second plan.
L’Amérique du sud , comme destination émergente, exige une
diversification accrue des produits , un qualité accrue des
services, des infrastructures sans cesse plus performantes
et une innovation constante. Sans une aide publique ces
objectifs ont peu de chances d’être atteints. Le potentiel
touristique de l’Amérique du sud est considérable. Le climat
tropical et la diversité des paysages (forêt amazonienne ,
Andes , pampa , etc…) font de cette zone un lieu d’élection
pour l’écotourisme


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