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  Le Tourisme en Italie


 

« Et comment n’aurais-je pas aimé l’Italie ? (…) L’Italie pour moi ce n’est pas un pays, c’est un mirage ! » ( A. De Lamartine, Cours familier de littérature, 1810 )

 

Les motifs du voyage en Italie sont anciens. Au Moyen-âge c’est une terre de pèlerinage très fréquentée et des milliers de croyants affluent à Rome, capitale de la Chrétienté et ville du pape, surtout durant les années saintes, tous les 50 ans à partir de 1300.

Avec la Renaissance la Bella Italia devient la destination obligée des artistes ( peintres, sculpteurs, musiciens, …) et dès le XVIIe siècle le voyage en Italie fait partie de l’éducation des jeunes aristocrates  venus se former l’esprit à la source de la civilisation. Le Grand Tour qui comprend des étapes obligées à Rome, Naples, Venise, Florence, …est une façon de parfaire l’éducation de gentilhomme. Le voyage en Italie devient même un genre littéraire. Montaigne, Goethe, Stendhal, Châteaubriant s’y sont essayés.

Itinéraire initiatique le voyage en Italie ne laisse jamais indifférent comme l’exprime Stendhal (Rome, Naples et Florence en 1817 ) : « J’éprouve un charme, dans ce pays-ci, dont je ne puis me rendre compte ; c’est comme de l’amour, et cependant je ne suis amoureux de personne ».Les romantiques viennent y chercher l’inspiration: Richard Wagner sur la côte amalfitaine et en Sicile, les poètes Keats et Shelley à Rome et Lord Byron à Venise. L’Italie  inspira à Byron de nombreux poèmes dont le plus connu est « Le pèlerinage de Childe Harold ». Ses descriptions détaillées des sites les plus célèbres de la péninsule firent de cette épopée un guide de référence pour les visiteurs. De nombreuses autres œuvres signalaient au voyageur ce qu’il fallait voir  ou ce qu’il convenait d’en penser: « Corinne ou l’Italie » de Madame de Staël, « Le faune de marbre » de Nathaniel Hawthorne, «Rome, Naples et Florence » de Stendhal, … 

Les vestiges des monuments anciens fascinent et les eaux fortes de Piranèse, représentant des édifices en ruines et couverts de végétation, sont reproduits dans toute l’Europe. L’attirance pour les ruines connaît son apogée à l’époque romantique avec le culte des vieilles pierres, éloges funèbres d’une grandeur passée et porteuses d’une poésie mélancolique. Très tôt Pompéi est devenu une étape de choix du grand Tour. De Théophile Gautier à Gérard de Nerval nombre d’auteurs s’inspirent de ses vestiges.

Le nombre de touristes en Italie était de 600000 en 1910, 1340000 en 1925.

L’Italie, après la Seconde Guerre Mondiale, figurait au premier rang des grands pays touristiques européens. Elle s’est vue dépassée par l’Espagne, puis, en 1989, par la France. Dans les années 1990 l’Italie accueillait près de 20 millions de touristes internationaux, essentiellement des allemands de l’ouest (1/3 des arrivées et 45% des séjours) devant les français, les britanniques, les autrichiens et les suisses , à peu près à égalité avec 7% pour les différentes nationalités  et les américains ( 4%).

En 2009 l’Italie a reçu 38,9 millions de touristes internationaux ( 43,7 millions en 2007 et 41,1 millions en 2008 ) dont: 13 millions de touristes d’affaires, soit 32,5% (surtout dans le nord est de l'Italie) et 27 millions de touristes d’agrément , soit 67,5%. Les touristes étrangers qui choisissent en priorité l'Italie, sont surtout les Allemands, qui représentent encore près de 30% de la clientèle étrangère, lorsqu'on sait qu'ils se situaient à près de 40% il y aune dizaine d'années. Viennent ensuite les Anglais pour 8%, les Etats-Unis pour 7,8% et les Français pour 6,3%. Les croisiéristes en Italie sont estimés à 1,7 millions contre 1 million en Espagne. Concernant la répartition de la clientèle étrangère sur le territoire italien, à noter que seuls 15% font le choix des cotes balnéaires (les Pouilles et la Calabre) .

En 2008, l’industrie touristique employait directement 1.006.000 salariés (soit 4,4% des salariés italiens) et représentait 4% du PIB national. Avec un chiffre d’affaires direct et induit de 155,5 Milliards d’euros en 2008, soit 9,7% du PIB, plus de 33.000 hôtels et 400.000 opérateurs, le tourisme était encore un des moteurs de l’économie italienne.  Le marché italien a connu une baisse de fréquentation touristique de l'ordre de 3,8% en 2009, ce qui représente une perte d'environ 10 millions de nuitées, d'une valeur estimée à un milliard d'euros. Il a perdu environ 1,7 milliards d'euros en 2009 et quelque 75.000 emplois, entre les pertes directes et celles concernant les sous-traitants, selon le syndicat des hôteliers Federalberghi. La perte des 75.000 emplois est concentrée essentiellement dans le secteur touristique: 50.000 postes perdus, dont 12.000 seulement dans l'hôtellerie, et 25.000 chez les sous-traitants, dans l'agro-alimentaire et le commerce. 

Les principaux réceptifs, qui ont souffert de la crise, sont  principalement les structures hôtelières. La durée moyenne des séjours s'établit à 3,5 jours, les villes d'art et d'histoire ont été privilégiées aux autres destinations et les italiens ont fait le choix notamment des «Aparthotel» (locations avec services hôteliers). Cela s'explique par l'offre considérable sur internet aux mêmes prix que les chambres d'hôtel 2/3 étoiles. A noter un boom considérable des «Vacances Vertes», les gites et les chambres d'hôte ont une croissance exponentielle de 223,8% au cours des dernières années.

L'Italie est la quatrième destination touristique mondiale. La majorité des touristes en Italie se concentre à Rome qui est ainsi la deuxième ville la plus visitée au monde après Paris (avec laquelle elle est d'ailleurs jumelée) avec environ 15 millions de visiteurs annuels. Grâce à son riche passé historique et culturel, à ses nombreuses stations balnéaires ainsi qu’à la présence des Alpes, propices aux sports d’hiver, l’Italie demeure aux premières places des destinations touristiques mondiales.  

Mais, lentement et sûrement, le pays perd sa place de leader dans le classement touristique mondial : 1ere destination touristique mondiale en 1970, 5ème, derrière la France, l'Espagne, les Etats-Unis et la Chine en 2008 et très probablement 8ème, derrière la Grande-Bretagne et Hong-Kong en 2020.

« (…) Tra dieci anni l'Italia rischia di perdere un posto (dall'ottavo al nono) nella classifica mondiale del Pil del settore turistico, di perdere un altro posto (dal quinto al sesto) nella graduatoria dei soldi portati dai viaggiatori stranieri. E addirittura di uscire dalla top ten, oggi siamo ottavi, per gli investimenti nel settore turistico. Un disastro che non solo offuscherebbe l'immagine di quello che un tempo era chiamato il Belpaese. Ma che darebbe un colpo forse mortale ad un'economia già scricchiolante (…) » (Lorenzo Salvia, 8 février 2009)

Selon le Forum Economique Mondial, l'industrie touristique italienne demeure peu compétitive. L’offre hôtelière reste « artisanale ».2 % des hôtels sont affiliés à une grande chaîne internationale, contre 70 % aux Etats-Unis, 20 % en Grande-Bretagne, 18% en France et 12 % en Espagne. En période de crise, certains secteurs en croissance peuvent assurer la survie. C'est le cas, par exemple, des chaînes d'hôtels à bas prix, plus développées en France et en Espagne (Formule 1,...). C'est aussi le cas des auberges de jeunesse, ainsi que des low costs ou auberges de jeunesse. Dans tous ces domaines l'Italie enregistre du retard. En Europe, en moyenne, 34 % des réservations d'hôtels se font sur internet. En Italie, la moyenne est de 24 %.Il y a moins d'hôtels qui offrent cette possibilité : 60 % contre une moyenne européenne à 72 %.

Depuis juillet-août 2010 une campagne publicitaire télévisée incite les Italiens, et les étrangers, à découvrir -ou à redécouvrir- les beautés de leur pays. Rien de bien original, si ce n’est que la voix qui prononce l’éloge de l’Italie, ce pays "
de ciel, de soleil et de mer", un pays "extraordinaire", "magique", n’est autre que celle du président du Conseil Silvio Berlusconi.

 

 

   

   Le tourisme en Italie
 
  (documents en ligne)

   

  

  

  

     

 


 

  Unité 2004 2005 2006 2007 2008
Visiteurs million 58,4 59,2 66,3 70,2 70,7
touristes million 37 36,1 41 43,6 42,7
excursionnistes million 21,4 22,7 25,2 26,6 27,8
Arrivées d'Europe million 32,5 31,5 35,5 38,2 37,3
Arrivées des Amériques million 2,9 3,2 3,5 3,4 3,3
Arrivées d'Asie de l'est et du Pacifique million 1 1,11 1,18 1,32 1,25
Arrivées par air million 16,9 18,5 21,5 23,2 21,3
Arrivées par rail million 2,02 1,93 1,9 1,89 1,77
Arrivées par route million 37,5 36,5 41 43,4 45,4
Arrivées par mer million 2 2,1 1,9 1,6 2,1
Nuitées dans les hôtels et assimilés million 97,1 102,3 107,8 113 110
Longueur moyenne du séjour jour 3,84 3,89 3,81 3,81 3,87
Dépenses des touristes Milliard $US 37,8 38,3 41,6 46,1 48,7
Nombre de chambres million 1,01 1,02 1,03 1,05 1,07
Nombre de lits million 1,99 2,02 2,08 2,14 2,2

 

 

 
Le tourisme en Italie (2004-2008) (source: OMT)

 

 

 

 

 

 

 


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Cette page a été mise à jour le 04/08/11

 

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