« La
croisière, longtemps réservée à des élites oisives,
s’ouvre au tourisme de masse à travers des offres
commerciales ciblant les classes moyennes et supérieures
des pays riches et de quelques pays émergents. Cette
évolution s’accompagne d’un nouveau gigantisme des
bateaux, d’une rationalisation des circuits et du choix
des escales avec une optimisation des coûts dans le
cadre d’un marché de plus en plus globalisé et
capitalistique. Le produit «croisière» a
considérablement changé en l’espace de deux décennies;
désormais c’est le paquebot lui-même qui devient « la
destination » du croisiériste, l’objet premier du
produit touristique » (extr. de : « Le tourisme de
croisière: logiques spatiales et enjeux de
développement », Calenda, 2010 )
Les Français sont de plus en plus nombreux à faire du
tourisme de croisière: 212.000 en 2003, environ 400.000 en
2010. Une goutte d'eau par rapport aux cinq millions
d'Européens (+12% par rapport à 2009), notamment les
Britanniques (1,5 million). La fréquentation des ports
français représente 10% des visiteurs dans les ports
européens contre 40% pour l'Italie, principal bénéficiaire
en Europe du tourisme de croisière avec 4 milliards d'euros
de retombées économiques et 100.000 emplois contre 1
milliard d'euros et 15.000 emplois en France.
Le début de l'histoire des croisières modernes
débute au cours de la période 1966-1974 avec l'irruption du Norvegian Cruise Lines sur le marché en 1966 , suivi
par Royal Carribean en 1970 et Carnival en
1974. Le trait commun de ces trois pionniers du tourisme de
croisière résidait dans l'offre d'une semaine de croisière
dans les Caraïbes orientales à des prix relativement bas
ciblant une clientèle formée de classes moyennes.
Jusque dans les années 80 on pouvait constater une
distribution sensiblement équivalente de la flotte des
navires de croisière en deux catégories : de grandes unités
tournées vers le Tourisme de masse et une flotte formée
d'unités plus petites tournée vers une clientèle élitiste
.Les compagnies appartenait souvent à des familles ou
étaient parfois gérées par leur propre fondateur.
Les années 1986-1991 ont vu s'opérer une
restructuration de ces compagnies par le biais
d'acquisitions et d'alliances stratégiques destinées pour
l'essentiel à réduire les coûts .
Les caractéristiques de compagnies actuelles résident
dans leur nombre , le caractère innovant des navires
récemment mis en service, en particulier les dimensions
énormes de ces derniers . Le " Grand Princess " est
capable d'embarquer 2500 passagers, le " Carnival
Destinity " reçoit 3360 passagers et 1058 hommes
d'équipage . Des projets existent visant à construire des
navires de 6200 places .Le gigantisme croissant des unités
n'est pas sans poser de sérieux problèmes car peu de ports
sont capables d'accueillir ce type de navire .En France Nice
ne peut recevoir de paquebots de plus de 175 mètres ( qui
mouillent à Villefranche ), or certains navires dépassent
les 300 mètres de long !
Au lendemain des transformations qui les ont affecté
durant ces dix dernières années, les compagnies de
croisière peuvent désormais être regroupées en trois grandes
catégories : - les lignes de croisière majeures, - les
petites lignes spécialisées utilisant des navires d'une
capacité inférieure à 150 personnes et proposant des
croisières de luxe ou des itinéraires originaux ( exemple :
Le Levant de la Compagnie des Îles du Levant emporte
90 passagers pour remonter l'Amazone ou naviguer en Baie
d'Hudson ), - les lignes de taille moyenne offrant des
croisières traditionnelles.
Dans le domaine de la croisière la Floride reste le
premier opérateur avec plus de 50 % de l'activité mondiale
dans ce domaine L'importance de la Méditerranée comme région
de croisière est croît. Ce phénomène est dû pour l'essentiel
aux courtes distances séparant les différents pays
européens mais aussi à la variété des zones littorales .La
promotion du bassin oriental de la Méditerranée comme zone
de croisière s'est heurtée à quelques difficultés, en
particulier sur le marché américain, liées à l'instabilité
générale de la région et à la crainte suscitée par les
attaques terroristes. Les passagers des croisières
méditerranéennes apprécient surtout le potentiel culturel et
patrimonial de la zone ( la moitié du patrimoine
archéologique mondial se trouve dans le bassin méditerranéen
). Mais la Méditerranée est handicapée par l'existence d'une
morte saison qui dure de septembre à mars et par la
transhumance estivale d'une grande partie des navires vers
la Norvège ).Les croisiéristes se plaignent aussi de la
médiocrité des équipements dans beaucoup de ports
d'escales. Des mesures ont du être prises pour réduire les
difficultés pouvant survenir dans le sports et concernant
le débarquement des passagers, les déplacements locaux et
les visites et les retours des passagers au navire. Des
aménagements ont d'ores et déjà été entrepris dans
différentes ports : Gênes, Marseille, Malte, Le Pirée,
...
En 1998, 8 millions de passagers avaient effectué
un périple maritime d'au moins 48 heures ( 0,5 million en
1970, 1,4 en 1980 ) . On estime à 20 millions l'effectif de
croisiéristes dans le Monde en 2004. Ces dernières années
l'offre a cru de manière considérable ( la capacité
offerte a enregistré une progression de 25 % entre 1998 et
2001 ). Royal Carribean Cruise a transporté 1,9
millions de passagers en 1998 sur 16 paquebots ( et 9 sont
en construction ou en cours d'achèvement ); Carnival Corp.
qui fédère 7 compagnies ( Holland American Seabourn,
Windstar, Costa, Cunard , ...) possède une
flotte de 45 navires à laquelle il faudra rajouter 10 unités
actuellement en construction. Le premier groupe
spécifiquement méditerranéen est le grec Royal Olympic ( 6e rang mondial ).
Le
secteur de la croisière est condamnée à évoluer et à se
diversifier afin de fidéliser et capter de nouvelles
clientèles: - proposer des itinéraires courts , donc plus
abordables en termes de prix, - proposer des croisières de
3-4 jours, par exemple en Méditerranée, -développer des
voyages thématiques: opéra, théâtre, pèlerinages,
etc..., - combiner séjour et croisière, - proposer des
escales plus longues permettant de découvrir complètement
l'arrière-pays, ...
En 2008 l’industrie de la croisière
représente près de 180.000 emplois en Europe. L’Europe est
le leader mondial de la conception et de la construction de
paquebots de croisière : 10 grands navires sont construits
annuellement en Europe.
En revanche, l’Europe ne représente qu’un
quart du marché mondial en flux réceptifs, avec 3,3 millions
de passagers contre 14,4 millions dans le monde. Mais, sa
part relative croît car le marché européen est en train de
rattraper son retard: sur 140 millions de vacanciers
européens, seulement 2% ont choisi la croisière, contre 6%
aux Etats-Unis ! L’Europe constitue donc un énorme potentiel
de croissance : le nombre de passagers est estimé à près de
5 millions en 2014.
La France est un bon exemple de ce retard
: seulement 280.000 français ont choisi la croisière en
2008. La France n’est qu’en 5ème position, derrière
l’Allemagne, l’Italie ou même l’Espagne. 41% des français
qui sont partis en croisière l’ont fait pour la première
fois…
Les Caraïbes restent la première destination, suivie de la
Méditerranée, de l’Europe, de l’Alaska et du Mexique.
Aujourd’hui le paquebot de croisière est
un véritable « village resort flottant » entièrement conçu
et décoré pour le plaisir des passagers, avec de multiples
activités : piscine, spa, fitness, restaurants, spectacles,…
Le vacancier choisit le bateau autant qu’il choisit la
destination. La première destination de la croisière, c’est
le bateau lui-même !
Si le bateau a changé, les passagers aussi. La moyenne d’âge
a baissé : de 55 ans en 1990, elle est passée à 45 ans
aujourd’hui. La formule n’est donc pas réservée au marché
des seniors. L’image de luxe semble appartenir au passé : la
croisière devient relativement bon marché (entre 100 et 150€
par jour et par personne) et relativement jeune .Costa
Croisières est le leader en Europe et en France. Il
appartient depuis 1997 au leader mondial du secteur –
Carnival - possédant 12 paquebots, voguant tout au long de
l’année (près de 600 départs/an) en Méditerranée, Europe du
Nord, Caraïbes, Amérique du Sud, Golfe Persique, Asie et
Océan Indien. L’investissement de Costa dans le programme
d’expansion de sa flotte (5 paquebots seront livrés d’ici
2012) correspond à 5,5 milliards d’Euros. A ce jour, la
compagnie Costa présente donc la plus grande flotte destinée
à la clientèle européenne.

|
|
1- Chronologie brève du
tourisme de croisière
|
Fin XVIIIe siècle-
La révolution industrielle, en Angleterre, marque le
début de changements importants, notamment en
relation avec la production d’énergie (moteur à
vapeur), l’organisation du travail et la division du
temps (liées à l’organisation des transports).
1818
-Black Ball Line, de New York, est la première
compagnie de transport maritime à offrir un service
de transit régulier aux passagers entre les
États-Unis et l’Angleterre.
Années 1830-
Arrivée des navires à vapeur (transocéaniques) :
domination des mers par les compagnies
transocéaniques britanniques (dont la British and
North American Royal Mail Steam Packet, plus tard
Cunard Line).
4 juillet 1840-
Samuel Cunard inaugure le transport des passagers
entre l’Europe (Liverpool) et l’Amérique (New
York).
1843-
Le S.S. Great Britain est le premier navire
transocéanique construit en acier et propulsé par
une hélice. C’est alors aussi le plus grand navire,
capable de transporter 730 passagers et membres
d’équipage.
1844-
Le Britannia (premier navire à opérer pour Cunard)
transporte une vache à son bord afin de produire du
lait frais pour ses passagers. La traversée de
l’Atlantique Nord prend 14 jours.
Années 1850 et 1860 -
P&O (Peninsula and Oriental Steam Navigation Company)
organise des traversées entre l’Angleterre,
l’Espagne et le Portugal de même qu’en Asie. De plus
en plus de navires se consacrent entièrement au
transport des passagers, reléguant le cargo à des
navires spécialisés.
1867-
Mark Twain écrit le récit de son périple de six mois
comme passager à bord du Quaker City qui effectue la
première croisière organisée à partir des États-Unis
(vers l’Égypte et la Grèce). Son livre Innocents
Abroad contribue à faire connaître ce nouveau type
de voyage au public.
Années 1880-
Le British Medical Journal reconnaît la valeur
curative des voyages en mer et encourage le public à
participer à des traverses ludiques de
l’Atlantique.
1897-
Les Allemands se lancent dans la conquête des mers.
La Hamburg-America gère deux navires, le Deutchland
et le Kronprinz Wilhelm. De petite capacité (2000
passagers), ces navires manquent plutôt de confort.
Années 1900-
Les transatlantiques allemands dominent l’Atlantique
Nord : – plusieurs navires célèbres marquent
l’époque : l’Imperator (1913) et le Vaterland (1913)
(renommé ensuite Leviathan) de la German Hamburg-America
; – avec ses nouveaux navires, le Mauritania et le
Lusitania, la Cunard instaure le concept de dîner en
tenue.
1911 et 1912-
Entrée en service de l’Olympic (1911) et du
Titanic (1912), tous deux propriétés de la
White Star. L’Olympic atteint un niveau de
luxe alors inégalé avec une piscine et un court de
tennis.
14 avril 1912-
Le Titanic (2223 passagers) sombre après
avoir heurté un iceberg, faisant plus de 1500 morts.
Le naufrage pose pour la première fois ouvertement
la question de la sécurité des passagers.
1914-1918-
La Première Guerre mondiale interrompt le
développement de nouveaux navires dans les chantiers
navals. Les paquebots sont réquisitionnés pour le
transport des troupes : les transatlantiques
allemands seront donnés à l’Angleterre et aux
États-Unis en guise de réparation pour les dommages
causés pendant la guerre.
1920-1940-
L’âge d’or des transocéaniques : – le Normandie
(1932, France), le Rex (1931, Italie) et le Conte di
Savola (1931, Italie), l’Empress of Britain (1905)
et l’Empress of Australia (1919) (Canadien
Pacifique) et les Franconia (1923), Queen Mary
(1936) et Queen Elizabeth (1940) (Cunard) ; - les
touristes américains désireux de visiter l’Europe
remplacent les immigrants à bord des navires ; -les
gens riches et célèbres s’y donnent rendez-vous.
1934-
La Cunard fait l’acquisition de la White Star et
devient la Cunard White Star.
1938-1945-
Deuxième Guerre mondiale : les paquebots sont à
nouveaux réquisitionnés pour le transport des
troupes alliées.
1958-
L’arrivée du jet marque la fin des traversées
océaniques : une majorité de voyagistes se départit
de ses navires ou déclare faillite.
Années 1960-
Un entrepreneur américain, Ted Arison, lance, pour
la Norwegian Caribbean Lines (NCL), deux croisières
à partir de la Floride. Les deux navires, le
Sunward et le Starward, atteignent ainsi
plus rapidement les destinations soleil que s’ils
étaient partis de New York (port d’attache
traditionnel des paquebots). Le rôle du navire est
repensé : le transatlantique devient navire de
croisière et se concentre sur les destinations
chaudes (Caraïbe et Méditerranée). Le produit
rencontre un tel succès qu’en 1967 des investisseurs
norvégiens et américains s’unissent pour former la
Royal Caribbean Cruise Lines (RCCL). Miami devient
le centre d’opération des croisières à destination
de la Caraïbe.
1970-
Carnival, un nouveau voyagiste, connaît un grand
succès avec son concept de fun ship.
Rajeunissement des croisiéristes et boom du nombre
de ceux-ci.
1977-1986-
Consolidation et popularisation de l’image de la
croisière par le biais de la série télévisée The
Love Boat.
1991-
Première traversée touristique maritime du Passage
du Nord-Est (Russie). Première croisière touristique
à atteindre le pôle Nord.
1992-
Première croisière touristique du Grand Antarctique
(secteur australien) (Kapitan Khlebnikov).
1996-1997- Première circumnavigation
touristique de l’Antarctique (Kapitan Khlebnikov).
1999-
Première circumnavigation touristique de l’Océan
Arctique (Kapitan Dranitsyn).
23 novembre 2007-
L’Explorer (154 passagers), premier navire
entièrement voué au tourisme polaire, coule au large
des îles Shetland du Sud (Antarctique).
|
2-Le trafic des passagers
de croisières dans les grands ports de la
Méditerranéen (1995-1998 )
|
|
|
1995 |
1998 |
|
- |
Total dont |
en escale ( % ) |
Total dont |
en escale ( % ) |
|
Gênes |
326 770 |
16,8 |
364 647 |
41 |
|
Venise |
248 884 |
6,8 |
335 483 |
16,8 |
|
Naples |
176 000 |
85 |
334 685 |
80,7 |
|
Civita Vecchia |
165 961 |
70,4 |
225 953 |
71,7 |
|
Cannes - Nice |
180 788 |
42,4 |
274 664 |
72,7 |
|
Marseille |
19 000 |
- |
152 708 |
60,9 |
|
Corse sud |
75 620 |
100 |
102 896 |
100 |
|
Baléares |
294 179 |
63,8 |
499 755 |
60,2 |
|
Barcelone |
233 389 |
68,3 |
373 799 |
39,1 |
|
Malaga |
112 881 |
77,9 |
105 965 |
95,1 |
|
Gibraltar |
85 681 |
100 |
98 760 |
100 |
|
Tunis |
166 213 |
100 |
201 691 |
100 |
|
Le Pirée |
412 267 |
39,9 |
432 456 |
41,2 |
|
Chypre |
698 892 |
14,8 |
608 736 |
19,6 |
|
Haifa |
528 158 |
87 |
411 614 |
86,8 |
 |
| |
|
|
3-Structure de l'offre mondiale de croisière en 1999
selon la Cruise Lines International Association
( CLIA ) et ShipPax Information
|
|
|
|
CLIA |
ShipPax Info |
|
- |
Lits-jours ( en milliers) |
Parts ( % ) |
Lits-jours ( en milliers) |
Parts ( % ) |
|
Amérique du Nord et Centrale |
31723 |
69,2 |
36167 |
54,8 |
|
Caraïbes et Bahamas |
19729 |
43,0 |
25111 |
38,1 |
|
Riviera mexicaine et Panama |
5565 |
12,1 |
4333 |
6,6 |
|
Alaska |
4152 |
9,1 |
4702 |
7,2 |
|
Bermudes et nord-est atlantique |
2227 |
5,0 |
1921 |
2,9 |
|
Europe |
10336 |
22,6 |
15914 |
24,2 |
|
Méditerranée |
5899 |
12,9 |
11303 |
17,2 |
|
Europe du nord-ouest et transatlantique |
4437 |
9,7 |
4610 |
7,0 |
|
reste du Monde |
3757 |
8,2 |
13857 |
21,0 |
|
Extrême-orient et Asie du sud-est |
338 |
0,7 |
5228 |
7,9 |
|
Hawai et pacifique |
1918 |
4,2 |
3418 |
5,2 |
|
Amérique du sud et Antarctique |
711 |
1,6 |
1678 |
2,5 |
|
Afrique et Océan Indien |
225 |
0,5 |
2031 |
3,1 |
|
Croisières circumterrestres |
565 |
1,2 |
1502 |
2,3 |
|
Total général |
45814 |
100,0 |
65938 |
100,0 |
|

|
4- Croissance annuelle du nombre de passagers de
croisière ( 1980-2005 )
|
|
|
Amérique du nord |
Reste du Monde |
Total Monde |
|
1980 |
1431 |
_ |
_ |
|
1990 |
3496 |
278 |
3774 |
|
1991 |
3834 |
334 |
4168 |
|
1992 |
3834 |
362 |
4385 |
|
1993 |
4318 |
410 |
4728 |
|
1994 |
4314 |
486 |
4800 |
|
1995 |
4229 |
498 |
4721 |
|
1996 |
4477 |
493 |
4970 |
|
1997 |
4864 |
516 |
5380 |
|
1998 |
5249 |
625 |
5868 |
|
1999 |
6690 |
647 |
6337 |
|
2000 |
6646 |
668 |
7214 |
|
2001 |
6637 |
862 |
7400 |
|
2002 |
7472 |
1176 |
8648 |
|
2003 |
7990 |
1636 |
9226 |
|
2004 |
8870 |
1690 |
10460 |
|
2005 |
9671 |
1609 |
11180 |
|
... |
|
2008 |
_ |
_ |
13940 |
|
2009 |
_ |
_ |
12958 |
|
Croissance moyenne annuelle pour la période 1980/2005 |
7,60% |

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