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« Ce que les hommes appellent civilisation, c'est l'état
actuel des mœurs et ce qu'ils appellent barbarie, ce sont
les états antérieurs » ( Anatole FRANCE)
Acculturation :
L’acculturation peut se définir comme « l’interpénétration
des civilisations » (R. BASTIDE). Ce sont des phénomènes qui
résultent du contact direct et continu entre des groupes
d’individus appartenant à des cultures différentes et qui
suscitent des changements culturels d’importance variable
dans l’un des deux groupes en présence. Le terme désigne le
processus d’intégration d’un individu ou d’un groupe
d’individus à un milieu culturel étranger à la suite d’un
contact direct et prolongé avec ce dernier et l’assimilation
de ses manières et modèles de vivre, d’agir, de réagir, etc….Il
désigne moins la perte d’une culture que le processus
d’appropriation (ou de rejet) d’une nouvelle culture.
L’acculturation est un phénomène permanent et universel dans
la mesure où les cultures se constituent et évoluent au
contact permanent des unes avec les autres. Le phénomène
d’acculturation n’est jamais à sens unique dans la mesure où
les cultures sont des ensembles en construction permanente
soumises à des phénomènes constants de structuration et de
déstructuration. L’assimilation, que l’on confond souvent
avec l’acculturation, est le niveau extrême atteint par
cette dernière et qui se traduit par la disparition totale,
l’extinction définitive, de la culture d’un groupe qui
intériorise et s’approprie la culture du groupe avec lequel
il était en contact.
Caste :
Le terme est issu du portugais « casta » signifiant
«pur», «non mélangé». Les caste sont des couches sociales
hiérarchisées, endogames et héréditaire dont les membres
sont de même race ou de même ethnie, appartiennent à la même
religion, pratiquent le même métier et dans laquelle les
unions matrimoniales avec des membres d’autres castes sont
prohibées. En Inde le système de castes trouve son origine
dans le Rig Veda qui définit quatre castes (varna):
les brahmanes, les kshatriyas, les vaishyas,
les shudras. Les castes ne sont pas une simple
division de la société. Elles sont aussi associées à la
notion de pureté et de karma. En valorisant son karma,
un hindou renaîtra dans une caste plus élevée et atteindra
ainsi le nirvana. A côté du système du varna existe
aussi le système des Jâti qui correspond à un
découpage en professions. Les
intouchables ou parias, dont le contact est
considéré comme une souillure, se situent hors classe. Bien
qu'ayant été abolie par la Constitution de 1947, la
séparation des castes reste largement pratiquée dans l'Inde
rurale.

Civilisation :
Ensemble complexe s’inscrivant dans la longue durée et regroupant
les caractéristiques politiques, sociales, économiques,
culturelles, religieuses, artistiques, techniques,
scientifiques, … d’une société ou d’un groupe de sociétés.
On tend aujourd’hui à employer le mot « civilisation » au
pluriel, introduisant ainsi un principe relativiste
équivalent à signifier que toutes les civilisations se
valent.
Définir le terme « civilisation» se révèle une entreprise
difficile. C’est au XVIIIe siècle que le mot est entré dans
l’usage courant. Il est fréquemment utilisé par Voltaire : «Il
me semble qu’on n’a guère considéré l’histoire que comme des
compilations chronologiques : on ne l’a écrite ni e citoyen
ni en philosophe (…). Je me suis attaché à faire, autant
que j’ai pu, l’histoire des mœurs, des sciences, des lois,
des usages, des superstitions. Je ne vois presque que des
histoires de rois; je veux celle des hommes ». Selon
Voltaire l’histoire serait cantonnée à la chronologie et aux
biographies des personnages illustres. Quant à l’étude des
civilisations elle aborderait des sociétés, des mentalités,
voire de la vie quotidienne.
A partir du XIXe siècle terme de «civilisation» s’inscrit
dans la logique impérialistes des grands états européens. La
civilisation s’oppose alors à la barbarie. La civilisation
est d’abord et avant tout européenne, blanche, bourgeoise, …
Elle est le résultat des efforts de l’homme occidental pour
vaincre la nature de l’asservir à ses besoins. Les civilisés
forment une humanité supérieure, une élite. En 1835 le
« Dictionnaire de l’Académie» propose la définition
suivante : « Action de civiliser ou état de ce qui est
civilisé. Retarder la civilisation d’un pays . Les résultats
de la civilisation. Les progrès de la civilisation.
Civilisation avancée». Quant à Littré il définit la
civilisation «comme l’ensemble des caractères appartenant à
une certaine société groupée sur un certain territoire, à
un certain moment de son histoire ».
Au milieu du XXe siècle M. Crouzet publie aux P.U.F une
monumentale «Histoire générale des civilisations» en 7
volumes. Il définit la civilisation «comme un ensemble
d’idées et d’institutions politiques, de conditions de vie
matérielle et de la technique, de forces de production et de
rapports sociaux, de toutes les manifestations de l’activité
religieuse, intellectuelle et artistique ». Il précise: «L’Histoire
n’est pas choix, mais reconstitution de tous les aspects de
la vie. C’est donc à décrire ces multiples aspects qui
forment presque toujours un bloc cohérent et en même temps
à en reconstituer l’unité, c’est aussi à étudier les
contacts établis entre les diverses civilisations que
s’attache notre «Histoire générale».
Pour certains auteurs la civilisation est semblable à un
être biologique. Soumise à un processus évolutif, elle naît,
grandit et meurt. Paul Valéry a résumé cette conception dans
une formule célèbre : «Nous autres civilisations, nous
savons maintenant que nous sommes mortelles ». Arnold
Toynbee reprend et développe ce concept. Une civilisation
naît d’un défi et d’une réponse apporté à ce défi. Toynbee
dénombre 26 civilisations dans l’histoire du Monde.

Culture :
Sous l’influence de l’anthropologie anglo-saxonne le terme
est devenu synonyme de civilisation. Il désigne un ensemble
historique et géographiquement défini des institutions
caractéristiques d’une société donnée .Le terme désigne «non
seulement les traditions artistiques, scientifiques,
religieuses et philosophiques d’une société, mais encore ses
techniques propres, ses coutumes politiques et les mille
usages qui caractérisent sa vie quotidienne » (M.
Mead).

Ethnie
:
Petit groupe homogène du point de vue de la race et de la
civilisation (langue, religion, traditions communes). Il
désigne tout peuple, toute nation qui se définit comme
telle. La notion d’ethnie a été pendant longtemps le pendant
sociologique de la notion de race. De fait son utilisation
pose problème car toute classification d’une population
selon ce critère possède un côté inévitable arbitraire.
L’ethnicité (sentiment de partager une appartenance commune
par la langue, l’histoire, etc…) est au fondement de
l’identité.

Langue :
« Le premier instrument du génie d'un peuple, c'est sa
langue. » ( Stendhal,
Extrait de Des périls de la langue italienne)
C’est un
ensemble de signes verbaux propre à une communauté
d’individus qui l’utilisent pour s’exprimer et communiquer
entre eux. On distingue habituellement trois formes de
langue :- le «patois» parlé un groupe restreint, limité à
une aire géographique réduite et d’expression souvent
exclusivement orale, -le «dialecte» qui constitue une
variante à extension régionale ( province) du patois, -la
« langue » écrite et parlée et qui joue fréquemment le rôle
de ciment national.
On distingue généralement la langue (système de
signes) et le langage (faculté humaine mise en œuvre
au moyen d'un tel système). La langue articulée n'est qu'un
langage parmi d'autres: la faculté de langage est aussi mise
en œuvre par d'autres systèmes de signes, comme le geste, le
dessin, le vêtement, etc. Selon les estimations, il
existerait aujourd'hui entre 3 000 et 7 000 langues vivantes
et 50% des langues disparaîtront d'ici 2100.

Longévité (d’une civilisation) :
« Nous autres, civilisations, savons maintenant que nous
sommes mortelles. » ( Paul Valéry, 1919)
Les civilisations ne sont pas éternelles, elles peuvent
s’éteindre soit en se diluant dans un ensemble plus vaste ou
plus dynamique, soit sous l’effet d’invasions extérieures,
de bouleversements idéologiques, voire de catastrophes
naturelles. Les civilisations qui sont parvenues à se
maintenir sont généralement celles qui ont su conserver leur
identité culturelle, autrement dit le socle fondamental sur
lequel repose toute civilisation.

Mythe :
Le terme peut revêtir plusieurs significations. Le mythe est
d’abord un récit fabuleux, porté par la tradition orale,
narrant les exploits d’êtres merveilleux (dieux ou
demi-dieux, animaux chimériques, anges, démons, etc…)
personnalisant les forces de la Nature. Ces mythes semblent
avoir pour finalité de traduire les sentiments religieux
d’une société donnée en expliquant les causes d’un phénomène
naturel ou les origines d’une institution sociale. Ils
contribuent à assurer la cohésion d’une société en lui
fournissant des réponses sur sa genèse, son existence et sa
destinée. Ils donnent une cohérence au réel. Le mythe repose
sur une analogie poétique et non sur la logique et il
s’exprime sous une forme symbolique. Il existe des mythes
modernes (ou mythes urbains): épopées guerrières, grands
évènements sociaux, … Au cours du XXe siècle le mythe a été
largement utilisé par des les totalitarismes avant de
devenir un élément moteur de la publicité (mythes vendeurs).
Le mythe est aussi une représentation collective
caricaturée, outrée du comportement de certains groupes
sociaux.

Nation :
Groupe humain déterminé par certaines conditions naturelles
et objectives ( possession d’un territoire, unité
linguistique, unité de gouvernement, …) et spirituelles et
subjectives ( communauté d’histoire, de traditions, de
culture,…Le terme est assez proche de celui de peuple mais
il induit une dimension politique. Une nation implique une
organisation étatique mais tout état n’est pas une nation
car il est nécessaire qu’il y ait consensus de tous les
groupes présents à l’intérieur les frontières étatiques pour
former une entité unique.

Religion :
« La religion est le sens et le goût de l'infini. »(
Friedrich Schleiermacher, Extrait du
Discours sur la religion )
« On trouve des sociétés qui n'ont ni science, ni art, ni
philosophie. Mais il n'y a jamais eu de sociétés sans
religion. » ( H. Bergson,
Extrait de Les deux sources de la morale et de la
religion)
C’est un
ensemble de croyances et de rites organisant les rapports de
l’homme avec le Sacré. Les religions intègrent des dogmes,
des règles éthiques, des récits, des symboles,.. procurant
un sens à l’expérience et à l’existence de l’adepte. Le
terme revêt donc plusieurs significations. Le terme désigne
d’abord le rapport de l’esprit humain au divin qui implique,
pour le croyant, la foi en un être ou un principe, en un
Au-delà, en une transcendance. Mais la religion est aussi
une institution sociale ayant pour objet de rendre hommage
au divin par des liturgies et des rites. Cette institution
comporte une hiérarchie qui assure la pérennité d’un
ensemble de dogmes qui fixe des principes et des normes de
conduite. L’étymologie du terme a suscité de multiples
débats. «Religio » serait issu de «religare »
(rejoindre, relier) et indiquerait les relations existant
entre l’humain et le divin, mais aussi entre les humains
eux-mêmes. Le terme «religio» pourrait aussi provenir
du verbe «legere » («cueillir», «ramasser») qui
renvoi à «religere » signifiant «recueillir», «
collecter » et contiendrait l’idée du soin à apporter aux
rites.
Le respect et la crainte face aux forces surnaturelles et le
souci d’être scrupuleux dans l'observation des rites semble
constituer la double étymologie du terme.

Rite :
Règles établies pour la célébration d’un culte. Cet ensemble
strictement codifié, stéréotypé, de gestes, de paroles, de
manipulations d’objets, … constitue la condition d’entrée en
contact avec les puissances de l’Au-delà. Chaque religion a
codifié, au cours de son évolution, des gestes qui lui sont
spécifiques pour la célébration de son culte. Il existe
aussi des rites initiatiques qui accompagnent les
changements majeurs biologiques et/ou sociaux qui rythment
la vie d’un individu.

Sédentarisation :
La
sédentarisation se manifeste par l'établissement fixe d'un
regroupement humain initialement nomade sur un territoire.
La sédentarisation est le processus qui marque le passage de
l’état nomade à l’état sédentaire. C’est au Néolithique que
de nombreux groupes humains adopte une économie de
production basée sur l’agriculture et l’élevage. La
«révolution néolithique» implique une sédentarisation des
communautés humaines. Elle se développe en Europe de l’ouest
et sur les pourtours de la Méditerranée vers 6500 avant J.
C. La sédentarisation a été considérée pendant longtemps
comme un corollaire du développement de l’agriculture, il
est désormais admis qu’elle l’a au contraire précédée. Ce
sont des modifications environnementales d’ordre climatique
permettant une subsistance suffisante tout au long de
l’année qui sont à l’origine de la sédentarisation.
L’agriculture, en imposant de se fixer durant quelques
semaines pour procéder aux récoltes, a catalysé le processus
de sédentarisation.

Société :
C’est un ensemble d’individus unis par des rapports
déterminés et des services mutuels. Dans cette acceptation
première le terme peut aussi s’appliquer aux collectivités
animales régies par l’hérédité et l’instinct. Les
collectivités humaines se distinguent des précédentes par la
possession d’une culture c’est à dire par un mode de vie
suivie par l’ensemble d’individus formant la société. La
cohérence des sociétés humaines dans la durée est assurée
par des institutions.

Syncrétisme :
Système tendant à faire fusionner plusieurs doctrines.
Processus cherchant à constituer un système cohérent à
partir d’éléments divers empruntés à des doctrines
différentes. Le terme est surtout utilisé en histoire des
religions pour qualifier des systèmes de croyances dont de
nombreux composants d’origine sont encore identifiables. Les
religions de l’Humanité se réduisent suivent à des
associations plus ou moins discernables d’éléments pris à
d’autres croyances géographiquement ou culturellement
proches. Il en résulte un nouvel ensemble, une nouvelle
religion, issu de traditions culturelles différentes et qui
affirme, dans la durée, une cohérence certaine.

Système culturel :
C’est un ensemble de valeurs spirituelles, intellectuelles
et idéologiques sur lesquelles s’appuie une civilisation.

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